Qui est Alex Garland, le réalisateur d’Ex Machina ?

De romancier à cinéaste, découvrez la longue transformation d’Alex Garland, qui signe son premier film avec Ex Machina. Toujours dans le giron de la science-fiction, en quinze ans de grand écran, cet auteur étonnant nous a déjà offert quelques films incontournables.

En 1996, Alex Garland sort son premier roman, inspiré de ses propres voyages. La Plage raconte l’histoire de vacanciers qui trouvent un lieu paradisiaque et tentent de le garder secret… mais à quel prix ? Le livre tape dans l’œil de Danny Boyle et de son scénariste John Hodge, qui l’adapte pour le grand écran. Mais la collaboration entre la Fox qui produit le film et le cinéaste anglais est houleuse. Hollywood change la fin du film et met des bâtons dans les roues de Boyle qui, tout au long du tournage, ne parvient pas à mettre en scène le long métrage qu’il avait imaginé. Malgré la présence de stars internationales au casting (Leonardo DiCaprio en tête) et la sublime photographie signée Darius Khondji, La Plage est un échec.

En 2002, Alex Garland continue sa collaboration avec le cinéaste Danny Boyle et devient son scénariste attitré, remplaçant John Hodge qui avait signé ses quatre précédents films. Boyle ne retravaillera avec lui que sur un téléfilm (Alien Love Triangle) et sur le récent Trance (2013). 28 Jours plus tard relance le film de zombie, même si les fans du genre préfèrent le terme de "film d’infectés", les morts-vivants n’étant pas vraiment "morts", mais atteints d’une rage extrême. Par son traitement radical, tourné à moitié en DV, 28 Jours plus tard est considéré comme une œuvre maîtresse d’une sous-catégorie cinématographique qu’on croyait moribonde. Le scénario démarre dans un hôpital où un jeune homme se réveille après 28 jours de coma. Entre temps, la planète a été décimée par un virus qui change les hommes en zombies. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui : le début de la série à succès The Walking Dead ressemble comme deux gouttes d'eau à ce film culte. Alex Garland aurait d’ailleurs dit qu’il soupçonnait les auteurs de la bande dessinée de s’être fortement inspirés de ses écrits, puisque le premier volume est sorti en 2003.

2003 est aussi l’année d’une nouvelle adaptation pour Alex Garland. Son deuxième roman, The Tesseract, est transposé à l’écran par le réalisateur de The Eye et de Bangkok Dangerous Oxide Pang, avec Jonathan Rhys Meyer dans le premier rôle. Le titre, emprunté à un cube en quatre dimensions inconcevable par l’homme, est une métaphore de la société philippine : le récit entremêle la vie de la pègre, des ménagères et des mendiants.  Même si cette adaptation est méconnue chez nous, Alex Garland peut se vanter d’avoir vendu les droits de ses deux premiers livres au Septième Art.

En 2007, Alex Garland collabore une troisième fois avec Danny Boyle en écrivant le scénario de son space-opéra Sunshine. Le récit du voyage de sept experts vers le soleil qui s’éteint compile les plus grands thèmes du genre, allant du huitième passager d’Alien à la rencontre métaphysique de 2001 : L’Odyssée de l’Espace. Un régal pour les mordus.

En adaptant le roman de Kazuo IshiguroAlex Garland choisit l’uchronie (un récit se déroulant dans une temporalité fictive) pour cette histoire de clones. Dans notre Top 5 consacré, Never Let Me Go est probablement le film le plus sombre sur la question, développant la psychologie de ses personnages pour aborder les dérives du clonage plus encore que The Island, réalisé par Michael Bay.

Même si aucune source n’a confirmé la rumeur, et qu’elle a été démentie par Garland en personne, beaucoup ont affirmé qu’après avoir bouclé le scénario de Dredd, Alex Garland avait mis les mains dans le montage pour finir le film. Info ou intox ? Allez savoir. Ce qui est certain, c’est que l’auteur devenu scénariste s’est peu après découvert une vocation de metteur en scène.

A partir de ce mercredi 3 juin 2015, vous pouvez découvrir dans les salles Ex Machina, premier film d’Alex Garland en tant que cinéaste, avec Oscar IsaacDomhnall Gleeson et Alicia Vikander. Science-fiction toujours, c’est évidemment lui qui écrit le scénario de son premier long métrage. Cette fois, c’est la question de l’intelligence artificielle qui est abordée. Une intelligence particulièrement dangereuse puisqu’elle prend corps sous les traits sublimes de la belle femme-robot Ava. Un thème que le cinéma explore depuis l’androïde Maria dans le Metropolis de Fritz Lang.

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