La réalisatrice soudanaise Suzannah Mirghani fait de son film un cri de résistance face à un ordre du monde où la violence, moins visible qu’à l’époque coloniale, est tout aussi destructrice. (...) Sa mise en scène d’une grande douceur exacerbe la beauté solaire de ses personnages, sans jamais rien céder à la rage qui les anime.
Si Nawal fait face aux restrictions dont souffrent les femmes en Arabie saoudite, elle sait également retourner en sa faveur avec habileté les moyens de surveillance et de coercition bâtis pour contraindre son genre, retrouvant par là un sursaut de prise sur la réalité.
Le film est marqué par l’injonction intériorisée faite aux femmes de se tenir sages, ne pas se salir, ne pas traîner dehors. On pourrait s’attendre à ce que Girl s’inscrive dans une veine réaliste. Au contraire, Shu Qi s’autorise des échappées poétiques ou oniriques, des allers-retours faisant la jonction du passé et du présent.
Dans ce grand tableau qu’est le film, qui veut sans doute trop en dire, Eva Trobisch réussit à fabriquer un petit espace d’utopie, où s’articulent l’individu et le collectif.
C’est un des atouts de ce passionnant Triangle d’or, réussir à nous immerger dans un monde qui relève pour beaucoup du fantasme, afin de nous en révéler l’envers du décor.
Si "I Want Your Sex" échoue à exploiter à plein son suspense et sa veine comique, le film se révèle le plus intéressant dans ses questionnements sur la sexualité.
Outre l’infinie douceur du regard que porte Avril Besson sur ses personnages, la réalisatrice valorise dans son récit l’attention qu’eux-mêmes accordent à leur prochain.
"Spider-Man : Brand New Day" a tout du divertissement plaisant, mais il peine à approfondir ses thématiques. Moins drôle que les volets précédents, peut-être trop respectueux de son personnage et de son univers hybride, le film ne réussit pas tout à fait sa mue adulte, malgré une certaine noirceur.
La sophistication de la mise en scène met en valeur la noirceur d’une société gangrenée par la violence et l’enfermement des personnages dans une forme d’obscurité.
Tout le début d’Aprile faisait déjà penser à Huit et demi, autre film né de l’impuissance à faire un film, raconté à la première personne. (…) Il n’est pas seulement le meilleur cinéaste italien de son époque, il est aussi le meilleur acteur.
Du reste, Webley fait beaucoup de rétention pour ne dévoiler son vrai sujet qu’à la fin, et encore à la faveur d’un carton – l’éphémère « loi refuge » qui permit l’abandon d’enfants au Nebraska suite à la crise des subprimes en 2008. Trop tard, donc, pour nous en dire quoi que ce soit.
L’ épopée en animation 3D est sympathique, tout comme ses personnages et leurs dialogues. Leurs relations viennent enrichir une intrigue centrale trop vite ficelée et sa métaphore un peu appuyée de l’écologie. Reste pertinente la partition de l’enfance en deuil, à travers le chemin fantaisiste et tout personnel de Providence dans les pas de ses parents, activistes écologistes.
Akiko Ohku parvient à énoncer à travers une œuvre joliment sophistiquée combien le manque d’attention à l’autre peut mener à des douleurs irréparables.
Dans Gorgona, sans trop d’effets spéciaux, si ce n’est dans le regard, Maria foudroie ses adversaires, et Evi Kalogiropoulou invente la femme aux yeux revolver, au regard qui tue.
Comment aborder le vaste complexe postcolonial sans verser dans l’esprit de sérieux ou l’assénement péremptoire ? Ulrich Köhler a trouvé la solution : elle s’appelle Gavagai.