Mais le résultat reste un peu sage dans sa structure et ses dialogues sont parfois explicatifs. Il nous surprend davantage dans sa crudité, sa manière explosive de traiter les relations entre les personnages, dont certains semblent à bout de nerfs.
Ce film aux « soixante décors », dixit le dossier de presse, mérite sans doute son label d’authenticité, mais à part ça, il n’offre pas grand-chose, si ce n’est une romance doublée d’une chronique familiale tire-larmes.
C’est la partie la plus prévisible du récit, jalonné de péripéties toujours plus dures et cruelles – sans compter cet ours furieux, visiblement créé par effet numérique, dont la fourrure incroyablement soyeuse semble sortie d’une pub pour shampoing. Ce que réussit le mieux Heart of the Beast, c’est nous transmettre cet incroyable attachement entre l’homme et l’animal.
C’est la grande force du film que d’avoir cette capacité à entrer par le biais de la littérature dans ce qu’il y a de plus intime chez ces adolescents. Une énergie, une sensibilité circulent jusqu’au joli témoignage qui clôt le long-métrage.
Mais alors que The Neon Demon (2016), satire de l’univers de la mode, jouait encore de l’imagerie pour en révéler la part dévorante, Her Private Hell ne repose plus que sur l’autoréférence au cinéma lui-même. L’ensemble baigne dans le pur fantasme et devient la muséographie des visions de l’auteur.
Ces écrits, devenus paroles par la grâce de l’acteur Eric Caravaca qui les lit en voix off, sont bouleversants pour nous qui savons, au moment où ils nous atteignent, le sort destiné à un auteur qui l’ignore encore.
A hauteur d’enfant, profond et ludique, Les Roches rouges témoigne de la capacité intacte du cinéaste à étonner et à donner à penser avec la plus grande des libertés.
Remontant aux sources de l’horreur classique (temporisation, jeux sur le hors-champ), Zach Cregger questionne en même temps l’intégration des imageries contemporaines. L’effroi ne viendrait-il pas désormais du cœur même des images, entité qui s’autogénère sans intervention humaine ? Où que l’on regarde, Resident Evil, agent pathogène à lui tout seul, grouille de motifs parasites et de significations dormantes.
Un pas de côté qu’on attendait du moins de sa vedette, Ethan Hawke, qui aurait pu rafraîchir cette partition monolithique de sa masculinité ébréchée. Au lieu de quoi, l’acteur semble trouver le temps long et dissimule son talent derrière des airs appuyés et une voix caverneuse – les symptômes d’un premier degré testostéroné qui vire à la parodie.
L’image en trois dimensions (lunettes sur le nez) semble bondir de l’écran, restituant l’insouciance d’une famille fortunée du début du XXe siècle, autrement dit à la Belle Epoque – laquelle prit fin avec la première guerre mondiale (1914-1918), avant les Années folles : une paire de jambes masculines achevant son plongeon dans la rivière ; une jeune femme dévalant l’escalier d’une riche demeure, comme attrapée en plein vol…
Sortes de vagabondages mélancoliques, les autre courts métrages s’aventurent sur des terrains plus oniriques mais toujours avec un dessin aux tons pales et délicats auquel Miyoung Baek donne beaucoup d’ampleur dans la mise en mouvements. A l’instar de la nuit d’insomnie du petit garçon dans le film final qui devient, sous le trait de l’artiste, un bien joli voyage à dos de poisson.
Sur le plan visuel, l’équipe d’animation ne cache pas s’inspirer des œuvres d’Oscar Oiwa, artiste plasticien brésilien d’origine nippone. Elle emprunte à ses productions les plus bigarrées un travail de lumière et un jeu d’orbes étincelant, qui confère au film l’éclat de l’optimisme.
Yabushita s’enfonce dès lors dans une spirale infernale dont il ne maîtrisera rien, passant pour un monstre aux yeux d’une opinion publique en quête de chair fraîche et de scandales. La mise en scène restitue cette descente aux enfers avec une apparence de sobriété remarquable, loin de l’image que l’on peut se faire de Miike, l’excentrique réalisateur.
Avec L’Invitation, Olivia Wilde livre une analyse cruelle d’un couple dont la passion s’est éteinte. La mise en scène souligne l’enfermement dans lequel sont pris les personnages.
La jalousie, la possession, la paranoïa sécuritaire, le lent et complet étouffement de l’autre définissent l’ethos conjugal de Jacques, martelé sur la douceur aveuglée et impuissante de Gil. Durant une heure et demie, l’administration d’un tel traitement produit une expérience de spectateur assez peu enviable.
La parole est, elle, incroyablement vivante. C’est ce qui saisit tout au long de La Ligne bleue. L’empreinte mémorielle et transgénérationnelle de l’événement est très forte parmi cette population elle-même soumise à la terreur nazie.
Sur un motif qui comporte de sérieux antécédents, le film tient crânement sa partition avant d'avouer ne pas savoir quoi faire exactement de la duplicité de son héroine (...).
Ecrit par Fanny Herrero et Lison Daniel, réalisé par Emilie Noblet, le long-métrage rassemble l’essentiel des personnages de la série pour célébrer une nouvelle fois le sens du collectif et la magie du cinéma.