Drôle et sexy, sans cesse sur le fil, au bord de la pose et du ridicule, du fétichisme camp de Yann Gonzalez (« Un couteau dans le cœur ») et d’un Gregg Araki pour plateforme de streaming, « Teenage Sex and Death at Camp Miasma », avec son tueur en série au masque en bouche d’aération, déconstruit malicieusement le genre et, de ruptures lynchiennes en orgasmes capturés en gros plan, examine avec une émouvante acuité l’impact du cinoche sur nos libidos de spectateurs.
Si lui manque un chouia de métier et surtout d’ampleur (le mythique « Sorcerer », de William Friedkin, cité abondamment, ne boxe clairement pas dans la même catégorie), « les Contrebandiers » tire néanmoins le meilleur du charisme funambule d’Ethan Hawke, ses yeux de husky dépressifs et ses rides de baroudeur, bon acteur à sa place.
Dix ans après le lancement de la série sur la plateforme américaine, ses sympathiques personnages reviennent dans un film poussif. N’ayant malheureusement rien d’intéressant à dire, ils crient de plus en plus fort.
Le documentaire ne se lasse pas de filmer ces larmes jeunes ou vieilles. C’est un ruissellement universel, fédérateur, continu. Une oasis de larmes. Pour un peu, on se croirait à l’enterrement de Lady Diana.
Pas de quoi nourrir un grand film malgré les efforts du réalisateur pour faire un mini-suspense de tout (y compris autour de l’épouse de Stagg enceinte) et reconstituer des bribes de l’offensive du D-Day.
De beaux débuts derrière la caméra (16 mm) pour Félix de Givry, ex-acteur devenu producteur avec le magnifique « Arco », autre histoire de déracinement d’un garçon rêveur sauvé de ses désillusions par le regard amoureux d’une fille.
Les deux auteurs revisitent le mythe d’Orphée dans un délire visuel en costumes haute couture, où ils embarquent stars internationales, morceaux d’opéra et tubes pop pour un voyage musical laissant un peu à quai. L’emphase est-elle synonyme de style ? Pas sûr.
Le film, ours d’argent au Festival de Berlin cette année, charrie son lot d’échos actuels et sa mécanique, consistant à rendre de plus en plus poreuse la frontière entre le réel et les fantasmes du chef de clan, interpelle. Elle est malheureusement grippée par une mise en scène en surplomb, redondante, à la fois elliptique et appuyée, qui crée moins de trouble que de confusion.