Un humour bienvenu ponctue une histoire où résonnent des influences aussi variées que "La Nuit du chasseur", les films d’Alice Rohrwacher et les romans de Tayeb Salih. On n’oubliera pas les visages d’interprètes remarquables et sublimés par la caméra de la directrice de la photo Frida Marzouk…
L’originalité du scénario vient de ce que « l’entité » avec laquelle le héros entre en contact n’est pas visuelle, mais sonore… Le rythme trépidant, le dynamisme des jeunes interprètes et l’inventivité du sound design aident à remplir le contrat de ce plaisant divertissement.
Si le film souffre un peu d’une durée exagérée, c’est que Yuiga Danzuka en avait certainement gros sur le cœur, et la mise en scène de ce procès fait à la figure paternelle n’est pas sans rappeler le cinéma d’Edward Yang, inspiration revendiquée de ce cinéaste prometteur.
"Blue Heron" dépeint une vie de famille troublée, sans recourir au moindre excès dans l’expression. Il appelle d’autant mieux une profonde sympathie avec ses personnages.
On l’avait compris dès la première partie : de de Gaulle, tout le monde croit tout savoir, mais la période anglaise restait la plus mal connue. Perdu entre le brouillard anglais et le soleil africain, le général est un personnage presque neuf dans le diptyque écrit par Antonin Baudry et Bérénice Vila, qui s’appuie sur l’enquête historique de Julian Jackson… Ce n’est pas de Gaulle seul qui domine, mais le réseau d’énergies qu’il agrège autour de lui, presque malgré lui, et qui rend peut-être "J’écris ton nom" plus proche de la vérité que bien des hommages solennels.
Un classique universel peut, aussi, être une œuvre personnelle. Christopher Nolan s’attaque à "L’Odyssée", entre le respect du mythe et la réinvention. Intime et grandiose, son nouveau film s’affirme comme la pierre angulaire d’une œuvre qui depuis trente ans questionne l’espace et le temps, le récit et le réel, le sacrifice et la guerre.
Le projet et le propos sont séduisants. Il manque cependant à Yeon une inspiration cinématographique assez forte pour porter à l'écran les cases de son propre roman graphique.
Moretti donne le ton d’un film qui, partant du réel, se permet toutes les fantaisies (…). Des séquences aussi réussies que la manifestation antifasciste réduite à l’image d’une place envahie par les parapluies, ou la leçon de philosophie administrée avec un mètre à ruban. Moretti a le sens de l’image qui fait mouche. (Numéro juin 1998)
[Les acteurs et actrices] parviennent à composer un portrait si ludique et joyeux de la Comdie-Française, à rebours de tout préjugé sur son image prétendue compassée, qu'il est difficile de résister, à la fin de la projection, au désir impérieux de les revoir dès que possible sur scène.
Panorama de la Bulgarie actuelle, "L'Aventure rêvée" est un "western" au sens que le titre du précédent film de Valeska Grisebach donnait à ce terme, tandis que l'adjectif "rêvée" rapproche ce récit de "Désir(s)", son second long métrage. Le regard posé sur ce pays fragile est celui d'une héroïne hors norme interprétée par Yana Radeva, bouleversante dans son premier rôle.
La réunion de la satire politique et de la comédie sentimentale ne convainc pas dans cette Ecologie des sentiments trop empêtrée dans la recherche des bons mots et d'un style décalé qui tombe à plat.
Dry Leaf fait partie de ces films qui donnent envie de suivre leur auteur dont le but est de regarder au mieux les gens et les bêtes, les ombres et les jours.
L'impression d'une narration qui progresse "au hasard" tient à l'incertitude de la vie qui se présente à la jeunesse. Cette note authentique, la caractérisation des personnages et la fin ouverte achèvent de nous convaincre.
De quoi faire passer un bon moment plein de malaise aux amateurs de genre, retenir l'attention des fans de création sonore et faire écho chez un peu tout le monde.