Hybride, bouleversant par intermittence, Butterfly Jam (caméra à l’épaule, gros plans fébriles) se pose au plus près d’un duo père-fils façonné par l’amour, les codes de la virilité et pas mal de malentendus.
Peu de mystère, peu de tension. Le final nous semble plus embarrassant que malaisant, et on se demande encore ce que l’actrice Caterina Murino, qui incarne l’épouse du faux fan, vient faire dans le montage. Dommage, nous attendions beaucoup de la confrontation, en total contre-emploi, de deux figures majeures du cinéma grand public.
Les références et clins d’œil sont légion. C’est souvent très drôle, même si, une fois le dispositif mis en place, on remarque une perte de vitesse dans une deuxième heure trop longue, privée d’un feu d‘artifice final. Mais l’ensemble se révèle séduisant et gentiment mordant. Imaginez un instant Sandrine Kiberlain découvrant le Vélib parisien : « J’adore ! J’ai l’impression d’être à l’île de Ré ! »
Étonnante mise en abyme, trop souvent noyée sous un déferlement d’images et de dialogues qui en laisseront certains au bord du chemin. Ceux qui comme nous iront au bout resteront néanmoins sur l’un des plus beaux plans de fin de l’année.
Dommage, parce que le film de David Ayer (Fury, Suicide Squad) se révèle d’une très bonne tenue, assumant ses clins d’œil à Jack London, jusqu’à apparaître comme un blockbuster un peu à part, à la marge des canons hollywoodiens actuels.
On ressent la boue, le froid et les coups fourrés. Pas de morceaux de bravoure, mais pas de gras non plus dans cette authentique et vaillante série B old school.
Le film, en compétition au dernier Festival de Cannes, n’en demeure pas moins un thriller rural captivant jalonné de plusieurs fulgurances dont vous vous souviendrez à coup sûr.
Rythmé, hilarant, psychanalytique et surtout porté par un quatuor de comédiens en totale alchimie : Olivia Wilde, Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton.
Véritable portrait d’une adolescence perdue, Adieu monde cruel se pose avec pudeur à hauteur de personnages auxquels les interprètes donnent une profondeur inattendue. Bravo à Milo Machado-Graner et Jane Beever, porteurs d’une note d’espoir bienvenue.
Pressure revient sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, mais réhabilite surtout la parole des scientifiques face aux décideurs, politiques ou militaires, particulièrement quand ils disent des choses qu’on ne souhaite pas entendre. Par les temps qui courent, l’exercice n’est pas inutile…
Au final, cette romance inattendue en compétition à Cannes en mai ne se distingue pas par son absolue originalité, mais plutôt par sa faculté à placer ses interprètes dans une position d’excellence.
Entre ses instants de grâce et ses moments plus convenus (« Je pense qu’on doit vivre les choses pleinement »), Trois adieux, mélodrame gracieux, propose en tout cas un portrait de femme moderne et émouvant.
Le réalisateur britannique se montre plus apaisé et écolo dans cette fable à grand spectacle où un pilote idéaliste s’efforce de trouver l’espoir dans un monde qui s’est effondré.
Si le film est porteur de questions sur l’identité, le genre, le sexe, la famille ou la solitude, le réalisateur n’en fait pas un propos et garde les yeux résolument fixés sur ses personnages, qui traversent une réalité tangible, concrète et immuable en état de détresse et de sidération. Eva-David et David-Malia, visages et corps d’acteurs connus mais ici presque méconnaissables, offrent au spectateur une expérience intense et oppressante. Vertigineuse.