Le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah livre un premier long-métrage impressionnant de maîtrise et de puissance. Une aventure fascinante entre village et forêt sauvage, échappant à la carte postale folklorique en mélangeant les genres de cinéma et d’identité.
Troublant, vrai, poignant, "Garance" ne s’attarde pas dans la noirceur. Jeanne Herry croit à la réparation, à la chaleur du collectif et à l’attention portée à l’autre, sans emprise.
Avec ce quatrième film en tant que réalisatrice, Géraldine Nakache parvient à mettre l’indicible en mots et en images. Elle filme avec une précision vertigineuse ce qui, sous couvert d’amour, devient une prise d’otage d’un être, d’une famille, d’un système tout entier où l’empathie est retournée contre soi et transformée en arme de destruction massive.
À travers cette trajectoire singulière, Denis Gaubert dresse le portrait d’un homme habité par le désir de fixer ce qui l’entoure et célèbre la liberté inventive des pratiques amateurs.
C’est un thriller psychologique sombre et dense, qui fait monter la tension peu à peu et vous flanque, sans effets de manche, une frousse bleue. Léa Mysius adapte brillamment le chef-d’œuvre de Laurent Mauvignier et s’adjoint un casting d’enfer.
De l'adolescence comme fugue hors du monde, qui achève sa course pour aller vers la vie, l'amour, les possibles. L'acteur Milo Machado-Graner dans le mouvement de la fin de sa propre adolescence, en compagnie d'une jeune fille douce, la révélation Jane Beever. Un essentiel récit d'apprentissage, beau à pleurer.
Avec une caméra vibrante de sensualité sans jamais céder à la complaisance, et en refusant avec assurance le récit trop souvent attendu d’une passion amoureuse forcément destructrice pour lui préférer le spectacle apaisant d’une balade côte à côte, Charline Bourgeois-Taquet ajoute un magnifique chapitre à son étude au long cours des sentiments.
C’est un documentaire sur les douleurs qui vous vrillent l’existence, un road movie à deux, joyeux et iconoclaste. Pas pour gratter là où ça fait mal, mais pour aller vers la vie.
En portant des situations inédites à l’écran et en déployant de vertigineux questionnements sur l’identité, Arthur Harari propose une véritable expérience, à la fois éprouvante, malaimable et fascinante pour le spectateur.
Il n’y a ni bons ni méchants dans cet étonnant grand film, questionnant, comme dans toute l’œuvre de Mungiu, l’ordre du Bien et du Mal et, au bout du compte, interrogeant l’acte de croire.
Émergent de ce film un élan vital communicatif, un amour du spectacle, de celles et de ceux qui en forment le cœur battant, et une foi dans le collectif capable de remuer des montagnes face aux contingences du réel. De la Comédie-Française est LA comédie de l’été, dont on ressort enchanté !
L’alchimie entre la création initiale – au dessin fixe et à la bichromie bleu sépia –, la portée intime et personnelle, et l’œuvre filmique – au mouvement ample et à la gamme multicolore – embarque totalement. On est saisi par l’aboutissement formel qui s’épanouit sur grand écran en format Scope. La délicatesse du trait épouse la pudeur du récit et des liens.
Empruntant au documentaire sa précision, Naomi Kawase propose une fiction sur des questions éthiques autour de la mort et de la disparition au Japon. On y retrouve ses sujets de prédilection et son rythme contemplatif caractéristique, non sans une propension au symbolisme parfois appuyé.
Lætitia Masson bouleverse en injectant dans son univers créatif un pan de son vécu personnel et familial. "Ulysse" s’affirme comme un trajet fictionnel plein de vitalité, comme une ode à la singularité, et comme un chant d’amour à son fils.
On en ressort relativement charmés, légèrement chargés. C’est que l’œuvre déborde d’idées, parfois jusqu’à l’excès, mais cela participe aussi à rappeler la générosité du cinéaste autant que sa façon de raconter.
Il est savoureux d’être encore agréablement surpris par l’œuvre d’un cinéaste aussi établi que Steven Spielberg quand il s’empare d’une thématique aussi souvent déclinée sur grand écran.
Diablement bien orchestrée, interprétée par des actrices et acteurs pétillants, rusée, circonspecte et si drôle, cette symphonie de l’air du temps nous ravit.