Ciné-club psynema - saison 2026
PSYNEMA (vecteur créé en 2008)
PSYCHANALYSE & CINEMA
Projections de films suivies d’un débat avec la salle
en partenariat avec le Vecteur Psynéma
de l’association L’Envers de Paris
Jusqu'au mercredi 25 novembre 2026
Vous souhaitez approfondir l’analyse de films sous l’angle de la psychanalyse et plus particulièrement d’orientation lacanienne ? Le Vecteur Psynéma de l’Envers de Paris, association de psychanalyse affiliée à l’E.C.F. (École de la Cause Freudienne), vous invite à découvrir cette année une sélection de cinq films remarquables.
Chaque projection sera suivie d’un débat avec le public animé par des membres du Vecteur Psynéma de l’Envers de Paris : Karim Bordeau, Anne Ganivet-Poumellec, Elisabeth Gurniki, Sophie Lac et Marie Majour.
Nous serons ravis de discuter avec vous autour de ces films, mêlant regard cinéphile et approche psychanalytique.
Sur la programmation 2026, voir les informations sur le site de L’Envers de Paris (entrée "Vecteur Psynéma") : https://enversdeparis.org (site en cours de mise à jour).
PROCHAINE SEANCE / Mercredi 23 septembre 2026 à 20h :
Une femme dans la tourmente (Midareru), film japonais de Mikio Naruse avec Hideko Takamine et Yūzō Kayama (1964).
« Une femme dans la tourmente » est l’un des films phares du cinéaste japonais Naruse, sorti en 1964, il fut longtemps inédit en France (sorti en salle en 2015). Son regard sur la société japonaise des années 60 ainsi que sur son personnage principal féminin nous permet de saisir les enjeux économiques, familiaux et sentimentaux d’une époque.
Le décor met l’accent sur l’effilochement des valeurs traditionnelles qui nécessitent d’entretenir les liens et le groupe, pour laisser la part belle à l’individualisme, encouragé notamment par la consommation dans les supermarchés en lieu et place des épiceries de quartier.
Reiko, personnage central de ce film vit de plein fouet les incidences de ces changements et donne à lire sur son visage et par ses gestes la manière dont vont se conjuguer de manière singulière les deux ères pour elle. Le sillon de Reiko ne cède pas sur son propre chemin tout en restant fidèle à son défunt mari et à sa belle-famille. Ni passéiste, ni égoïste, ni sacrifiée, ses pas intimes et discrets inscrivent des intervalles et des creux rendant palpable un désir au milieu des autres protagonistes. Les figures de son paysage sont notamment le petit frère de son mari disparu, Koji, qui éprouve des sentiments pour elle malgré les interdits, les habitants du village souhaitant acheter pour moins cher sans pour autant complètement abandonner leurs voisins, la belle-mère et les belles-sœurs prises dans des conflits de générations : la crise se faufile de toute part.
La vérité de Reiko qui résonne tout au long du film n’enjolive pas et n’est pas manichéenne, elle ne prend pas des airs univoques ou péremptoires, elle se dit à travers des équivoques, raison pour laquelle sa poésie pourrait nous inviter à discuter.
Sophie LAC
Nous aurons dans cet esprit poétique l’occasion de déchiffrer ce dit énigmatique du psychanalyste Jacques Lacan, dont Naruse dans ses films donne de subtiles variations, à lire entre les lignes : « A partir [d’une certaine] limite, l’amour s’obstine - parce qu’il y a du réel dans l’affaire - l’amour s’obstine à tout le contraire du bien-être de l’autre. Ce que j’ai appelé hainamoration avec le vocabulaire substantifié de l’écriture dont je le supporte. » (Leçon du 15 avril 1975, RSI).
Karim Bordeau
Mercredi 25 novembre 2026 à 20h :
Sailor et Lula (Wild at Heart), film américain de David Lynch avec Nicolas Cage et Laura Dern (1990).
Sailor et Lula, récompensé par la Palme d'or en 1990, est un film américain du genre southern gothic avec ces paysages du Sud profond et ces surgissements de violence qui mêlent terreur et fantastique. C'est l’histoire d’un couple (Sailor et Lula) se désirant passionnément, qui fuit vers l'Ouest, la « belle-mère » féroce ayant juré la mort de Sailor, non seulement parce qu’elle ne veut pas lui céder sa fille, mais aussi parce qu’il a été témoin d'un meurtre qu’elle avait commandité.
Nous sommes dans un road-movie, genre polar fondé sur une histoire de malédiction maternelle, ce qui confère également au film la dimension d’un conte moral, quand l'amour cherche à triompher de la sauvagerie du monde dans lequel il éclot. Un conte moral référé ici à l'imaginaire enfantin du Magicien d'Oz, avec sa bonne fée et sa sorcière, le tout dans une approche surréaliste, qui voit le cinéma explorer l'inconscient avec humour et ironie.
Venez nombreux (re)découvrir ce film culte de David Lynch et participer ensuite au débat qui promet d’être riche.
Elisabeth Gurniki