Depuis la Palme d’or décernée en 2007 à "4 mois, 3 semaines et 2 jours", le cinéma roumain est apparu comme l’un des plus dynamiques et originaux. Tour d'horizon, histoire de rappeler que la Roumanie, ce n'est pas seulement le Comte de Dracula.... Dossier réalisé par Edouard Brane
L’histoire du cinéma roumain ne commence pas en 1989 à la mort du dictateur Ceaucescu. Avant cette date, ce pays limitrophe à la Hongrie a connu une riche période cinématographique. Les premiers films sont projetés en 1896, un premier film est produit en 1912 - mais il ne reste aujourd'hui plus trace des longs-métrages d’avant-guerre. Le cinéma se développe après l’arrivée du communisme en 1947, laissant apparaître une nouvelle génération de cinéastes (Victor Iliu, Liviu Ciulei...). Mais l’absence de liberté, le manque crucial de moyens et la propagande empêchent ces artistes de s’exprimer véritablement. La chute du régime dictatorial va changer la donne, même s’il faudra attendre une quinzaine d’années pour voir émerger les nouveaux talents d’aujourd’hui.
Tous ont plusieurs points communs : nés à la même période, ils ont pratiquement fait les mêmes études et ont travaillé sur de grosses productions européennes. Car la Roumanie est aussi la terre des tournages, attirant les studios du monde entier, y compris Hollywood, grâce au faible coût de main d’œuvre. Ces nouveaux réalisateurs ont appris sur le tas, à l’image de
Cristian Mungiu, assistant réalisateur de
Radu Mihaileanu sur
Train de vie et
Radu Jude, assistant-réalisateur sur
Amen de
Costa-Gavras. Alors qu’ils auraient pu continuer leur carrière en Europe ou aux Etats-Unis, ces réalisateurs ont préféré rester sur leur terre natale pour évoquer leur jeunesse, cette période où il était interdit d’exprimer la moindre opinion. Résulat : l’apparition d’un cinéma « underground », au budget réduit et ayant un seul souci : l’authenticité.