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    Azur et Asmar sur France 4 : pourquoi Michel Ocelot a-t-il eu recours à la 3D ?
    Par CL — 28 oct. 2020 à 18:00
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    Animation en 3D, doublage... à l'occasion de la diffusion ce soir sur France 4 de Azur et Asmar, retour sur la conception de ce conte féérique signé Michel Ocelot.

    8 ans après le phénomène Kirikou et la sorcière et 6 ans après le diptyque Princes et Princesses / Les Contes de la nuitMichel Ocelot revenait avec une nouvelle production, Azur et Asmar. Un conte d'Orient féérique sur la tolérance et la différence qui marque un tournant dans la carrière du cinéaste et surtout dans l'animation française. Retour sur la conception du film.

    Azur et Asmar
    Azur et Asmar
    Sortie le 25 octobre 2006 | 1h 39min
    De Michel Ocelot
    Presse
    4,3
    Spectateurs
    3,9
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    Pour la première fois, le cinéaste a eu recours à la 3D. Pour cela, il a fait appel à la société Mac Guff, future productrice de Moi, moche et méchant. Le patron de l'entreprise, Jacques Bled, évoque sa collaboration avec Michel Ocelot : "Je me souviens que Michel m'avait parlé d'une des raisons qui l'a poussé à s'intéresser à cette technique. Il m'a dit : "Quand on dessine une animation et que l'on doit recommencer, il faut tout reprendre à zéro, alors qu'en 3D ont peut intervenir sur ce qui a été fait et corriger". Michel nous a transmis son goût de la précision et de la simplicité poétique, qui va à l'opposé de l'utilisation traditionnelle et historique de la 3D qui a été très démonstrative et spectaculaire." L'assistant réalisateur Eric Serre, collaborateur de longue date d'Ocelot, précise de son côté : "Nous fournissions (...) le même matériau de base aux infographistes que celui que l'on donne aux animateurs 2D : des dessins qui représentent les personnages sous tous les angles. C'est au moment de la transposition en 3D qu'il faut surveiller la manière dont le personnage va être adapté."

    Film d'animation oblige, la conception d'Azur et Asmar a demandé un travail de longue haleine. Si le long-métrage compte 1300 plans, pas moins de 13 000 dessins préparatoires ont été élaborés au départ. On dénombre dans le film une centaine de personnages et le double de figurants. Michel Ocelot a écrit le premier état du scénario en 2 semaines. Pendant 1 an, il a rédigé un storyboard, tout en travaillant sur la documentation. 2 ans ont été nécessaires à la préparation de l'animation, au cours de laquelle "les 1300 plans du film sont définis chacun dans un dossier où l'on trouve le cadrage de l'image, les principales positions des personnages dans l'image, l'esquisse des décors, l'indication des dialogues et les mouvements de caméra". Ce travail a été fait par une équipe réduite, composée de 6 à 8 dessinateurs confirmés. Il a fallu ensuite un an et demi pour "la création des décors et l'animation proprement dite".

    Côté doublage, le metteur en scène a fait un premier tri à l'aveugle. C'est ainsi qu'il a décidé, pour le rôle de Crapoux, de faire appel à Patrick Timsit sans connaître son nom. Le comédien n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai puisqu'on a pu entendre sa voix dans les versions françaises d'HerculeAtlantide, l'empire perdu et Gang de requins. Pour le personnage de Jénane, la mère d'Asmar, le processus était tout autre.

    Dans un premier temps, l'actrice Hiam Abbass avait été engagée uniquement comme coach pour la langue arabe, un travail qu'elle avait déjà effectué sur d'autres films, dont Munich et Babel. Elle devait par exemple conseiller le réalisateur au moment du casting, en évaluant les compétences linguistiques des prétendants. Mais après la lecture du scénario, elle lui a aussi fait part de son désir de prêter sa voix à Jénane. Pourtant, Michel Ocelot a préféré chercher une autre personne. "Ça a été difficile pour moi" se souvient-elle, "surtout quand nous avons organisé un casting à Tunis, puisque Michel ne trouvait pas son bonheur parmi les comédiennes que nous avions vues en France. Il a fallu faire passer des essais à des comédiennes de théâtre renommées, et quand j'en parlais au téléphone avec Michel, je lui disais "Tu vas voir, au final je vais quand même être la meilleure pour ce rôle !". On en riait ensemble, c'était une boutade. Parmi les seize comédiennes que j'ai rencontrées là-bas, il y en a une qui lui a vraiment plu. Et là, c'est vrai que ça a été dur pour moi (...) Je crois que ce qui a "bloqué" Michel en ce qui me concerne, c'est qu'il ne voulait absolument pas voir les gens avant d'entendre leurs voix (...) Un jour, à Paris, alors que je sortais d'un tournage de film, j'ai allumé mon portable et entendu un message qui disait "Hiam, bonjour, c'est Michel. Puis-je avoir l'honneur de vous proposer le rôle de Jénane ?"

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