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    The Dark Knight Rises sur TMC : quel roman a inspiré Christopher Nolan pour la fin de sa trilogie Batman ?
    Par Maximilien Pierrette (@maxp26) — 22 févr. 2021 à 15:00
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    Après des films tels que "Blade Runner" ou" Heat" pour les opus précédents, c'est dans un roman de Charles Dickens que Christopher Nolan a puisé une bonne partie de son inspiration pour "The Dark Knight Rises". Savez-vous lequel ?

    Pour Batman Begins, il s'était inspiré de Blade Runner pour l'ambiance dans les rues de Gotham City, et de French Connection pour la séquence de poursuite en voiture. The Dark Knight était quant à lui influencé par Orange Mécanique, pour l'ultra-violence du Joker, ou Heat, pour son jeu du chat et de la chauve-souris avec le héros. Au moment de conclure sa trilogie DC, c'est vers un roman que Christopher Nolan s'est tourné avec ses co-scénaristes, David S. Goyer et Jonathan Nolan.

    The Dark Knight Rises
    The Dark Knight Rises
    Sortie le 20 juillet 2012 | 2h 44min
    De Christopher Nolan
    Avec Christian Bale, Gary Oldman, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt, Anne Hathaway
    Presse
    3,6
    Spectateurs
    4,3
    Voir sur Netflix

    Outre les comic books "The Dark Knight Returns", "No Man's Land" ou encore "Knightfall", dans lequel Bane brise le dos de Batman, le roman historique "Le Conte des deux cités" de Charles Dickens est décrit par Christopher Nolan comme l'une des principales sources d'inspiration de The Dark Knight Rises. Paru en 1859 en Grande-Bretagne, il se déroule à la fin du XVIIIe siècle, entre 1775 et 1793, et raconte le déclin des villes de Londres et Paris à travers plusieurs soulèvements sociaux, et notamment la célèbre Révolution Française.

    Des événements historiques auxquels le film fait écho à travers le personnage de Bane (Tom Hardy), révolutionnaire qui se présente comme "l'expiation de Gotham" et parvient à rallier les classes populaires à sa cause, pour s'en prendre aux autorités et aux élites, Bruce Wayne inclus, et les conduire devant un tribunal dirigé par l'Épouvantail Jonathan Crane (Cillian Murphy). "Une tempête menace", dit Selina Kyle (Anne Hathaway) au héros, en guise d'avertissement. "Fermez les écoutilles, vous et vos amis. Quand ça éclatera, vous vous demanderez comment vous avez cru pouvoir vivre la grande vie et faire vivoter le reste d'entre nous." Une thématique évoquée dès Batman Begins, dans les séquences au cœur des bas-fonds de la ville, poursuivie dans The Dark Knight avec l'anarchie incarnée par le Joker, et qui trouve son point culminant dans ce dernier volet de la trilogie.

    OCCUPY GOTHAM CITY

    Une notion de soulèvement populaire qui se retrouve jusque dans la tenue de Bane, envisagée par Lindy Hemming comme un croisement entre le look d'un dictateur et celui d'un révolutionnaire, et dont le manteau s'inspire aussi bien des vestes de l'armée suédoise que des redingotes de… la Révolution Française. Envisagé dès 2008 et la sortie de l'opus précédent, cet aspect de l'histoire s'est révélé être d'actualité. Plus encore que Christopher Nolan et ses scénaristes ne l'avaient sans doute imaginé. Car le mouvement Occupy Wall Street, qui vise à dénoncer les abus du capitalisme financier débute à New York le 17 septembre 2011, alors que le film est en tournage et qu'une partie des prises de vues doit se dérouler à Manhattan. Une rumeur annonce même que le réalisateur a profité de l'occasion pour filmer de vrais manifestants, ce qu'une scène d'attaque de la Bourse de Gotham tend à confirmer.

    Mais David S. Goyer dément ce bruit de couloir : "C'est vraiment le hasard qui a fait que les thèmes que nous abordons dans le film coïncident avec Occupy Wall Street et cette idée des 99% [qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1 % restant, ndlr]", expliquait le co-scénariste au micro de MTV. "Nous n'aurions pas pu le prévoir, ça s'est juste produit. Nous essayons de donner du sens [à nos films], et j'espère que ce sera comme la mythologie grecque, qui reflète encore ce qu'il se passe dans la politique aujourd'hui." Vu sous cet angle, la trilogie The Dark Knight est autant une relecture de l'histoire de Batman que le récit d'une "civilisation qui tombe en ruines", comme le précise Jonathan Nolan à ComingSoon en 2012. La situation ne s'étant pas améliorée dans le monde depuis, le propos reste donc plus que jamais d'actualité, sans qu'il ne s'agisse pour autant du brûlot politique dénoncé par Mitt Romney, qui y voyait un tract pro-Obama, son adversaire dans la course à la Maison Blanche cette année-là. Surtout que Bane n'est, finalement, que le bras armé d'une vengeance personnelle.

    Mais c'est aussi sur ce plan que le triptyque de Christopher Nolan se présente comme un portrait de l'Amérique post-11-Septembre, et deux clins-d'œil au roman de Charles Dickens qui l'a inspiré se sont glissés dans le film à travers les personnages qui s'appellent Stryver (Burn Gorman) et Barsad (Josh Stewart). Comme dans le livre.

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