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    Shorta : c'est quoi ce thriller danois dans la veine des Misérables ?
    23 juin 2021 à 09:30
    Laëtitia Forhan
    Laëtitia Forhan
    -Chef de rubrique cinéma
    Fan de cinéma fantastique, de thrillers, et d’animation, Laëtitia Forhan a rejoint la rédaction d’AlloCiné en 2007. Elle navigue depuis entre écriture d'articles, rencontres passionnantes et couvertures de festivals,

    Shorta sort aujourd'hui dans nos salles. Mis en scène par Anders Ølholm et Frederik Louis Hviid, le film suit 2 policiers en patrouille dans une cité au bord de l'émeute après la mort d'un adolescent.

    DE QUOI ÇA PARLE ?

    Talib, 19 ans, adolescent noir, meurt des suites de blessures mortelles en garde à vue. Son décès provoque une révolte dans la banlieue de Copenhague au moment où deux policiers que tout oppose, Jens (Simon Sears) et Mike (Jacob Lohmann), s’y trouvent justement en patrouille. Pris en chasse, ils vont devoir se frayer un chemin pour échapper aux émeutes. S’engage alors un affrontement implacable.

    Shorta
    Shorta
    1h 48min
    De Anders Ølholm, Frederik Louis Hviid
    Avec Jacob Lohmann, Simon Sears, Michael Brostrup, Tarek Zayat, Dulfi Al-Jabouri
    Presse
    2,9
    Spectateurs
    3,3
    louer ou acheter

    Ecrit et mis en scène par les réalisateurs danois Anders Ølholm (scénariste des 3 films de la saga Antboy) et Frederik Louis Hviid (réalisateur de la saison 3 des Initiés / Dos au mur), Shorta (qui signifie "police" en arabe), est un thriller haletant dans la veine du film français de Ladj LyLes Misérables (comparable notamment sur la forme : 2 policiers et un jeune de la cité fuient une bande de voyous).

    Il aura fallu 6 années de travail aux deux jeunes metteurs en scène et à la société de production Toolbox pour réussir à monter ce film de genre pour lequel un quartier complet a été recréé afin de ne pas stigmatiser une cité précise aux yeux du public danois.

    Alba Films
    Jacob Lohmann, Simon Sears et Tarek Zayat

    Présenté en compétition lors de la 35ème Semaine Internationale de la Critique de la Mostra de Venise 2020 et lors du dernier Festival du Polar, Shorta est avant tout un film en résonance avec l'actualité. Le long-métrage s'ouvre en effet sur une scène où un jeune homme, maintenu au sol par un policier, répète à plusieurs reprises "Je ne peux plus respirer".

    Pourtant, si cette scène fait forcément penser aux images de la mort de George Floyd, il s'agit d'une simple coïncidence puisque l'ouverture du film avait été écrite avant les tragiques événements.

    Le duo de cinéastes s'est par ailleurs inspiré d'une affaire danoise datant de 1992. Le soir du réveillon du jour de l'An, un militant d’extrême gauche avait été brutalisé par des policiers et avait eu de lourdes séquelles.

    Comprendre la raison des actions de chacun

    Dans le dossier de presse du long-métrage, les réalisateurs précisent qu'en commençant à travailler sur Shorta, les thématiques pesaient déjà lourdement dans leurs esprits : "Nous n’aurions jamais imaginé que l’histoire que nous allions raconter deviendrait encore plus pertinente dans les années à venir.

    Nous croyons au pouvoir du cinéma comme un moyen de provoquer la réflexion et d’inspirer le changement. Notre but est de faire vibrer et de divertir, mais aussi de susciter des conversations sur un sujet difficile sans solution claire.

    Notre but n’est ni de défendre ni de critiquer, mais simplement d’essayer de comprendre le “pourquoi” des actions et des visions du monde de ces personnes. Les jeunes hommes en colère, privés de leurs droits dans les projets de logement, qui se sentent diabolisés et incompris, ainsi que les policiers surmenés et sous-payés pour qui il en va de même."

    Alba Films
    Jacob Lohmann et Tarek Zayat

    Car la force de ce film est de présenter chaque protagoniste sans le juger. Qu'il s'agisse des policiers, intègres ou corrompus, des voyous ou des jeunes qui veulent s'en sortir mais que la société ramène constamment à leur condition. Un des personnages du film dira d'ailleurs très justement : "A force d'être traité comme ce qu'on n'est pas, on finit par le devenir".

    Une citation qui pourrait être la tagline du film et s'appliquer à chaque protagoniste. Qu'il s'agisse des policiers Jens et Maik qui, malgré leurs différends, doivent s'allier et assumer les actions de l'autre, du jeune Amos (incarné par Tarek Zayat qui fait ses débuts à l'écran), de sa mère ou des divers habitants de la cité.

    Une histoire d'espoir


    L'histoire se déroule au Danemark de nos jours, où la discrimination raciale est source de tensions fréquentes, mais Shorta aurait pu être tourné dans n'importe quelle banlieue.

    Alba Films
    Simon Sears


    Ølholm et Hviid soulignent que leur film trouve ses racines chez William Friedkin, Sidney Lumet ou encore Walter Hill et "à leurs thrillers croustillants et antihéros complexes des années 70 et 80. Mais aussi à des cinéastes comme Spike Lee et Mathieu Kassovitz, dont les œuvres mijotent avec colère, indignation et défi pour enfin livrer un commentaire social fort avec un style visuel renforcé."

    Shorta plonge le spectateur en plein chaos. La tension est palpable dès les premières minutes du film. Les réalisateurs soulignent : "Nous voulions faire un film qui rend le spectateur actif dans un conflit qui s’intensifie sans cesse et qui l’oblige à ne pas détourner le regard.

    Nous vivons une époque sombre. L’humanité a besoin d’espoir. Et c’est finalement ce que Shorta est pour nous, une histoire d’espoir. Il faut être prêt à traverser beaucoup de ténèbres, mais il y a de la lumière de l’autre côté."

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    Commentaires
    • L'Indien zarbi a moitié a poil
      Tiens, ce matin j'ai vu une interview du policier qui a abattu la crevure qui a massacré Samuel Paty.En caméra cachée, de peur des représailles.Monde de merde.
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