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    Debout les femmes : 3 choses à savoir sur le nouveau film de François Ruffin
    13 oct. 2021 à 09:15
    Brigitte Baronnet
    Brigitte Baronnet
    -Journaliste
    Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, Brigitte Baronnet est journaliste pour AlloCiné depuis 10 ans. Elle anime le podcast Spotlight.

    Après "Merci Patron !" et "J'veux du soleil", François Ruffin réalise "Debout les femmes", un "road-movie parlementaire" à la rencontre des femmes qui s’occupent de nos enfants, nos malades, nos personnes âgées. 3 choses à savoir sur le film.

    Qui sont les femmes au coeur du film ?

    Debout les femmes, nouveau documentaire coréalisé par François Ruffin et Gilles Perret, met en lumière ce qu'on regroupe sous la dénomination large "métiers du lien".

    Ces métiers sont occupés à plus de 90 % par des femmes, souvent précaires. Ces emplois sont fréquemment à temps partiel et les salaires sont souvent inférieurs au SMIC malgré des horaires importants.

    Parmi ces métiers du lien, on retrouve les agents d'entretien, le secteur de l'aide à domicile ou encore les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap).

    Petit à petit, le film donne une place de plus en plus importante à la parole de ces femmes. "Un mouvement du film, c’est leur accession à la parole. Au début, François la porte pour elles dans l’hémicycle, sans qu’on ne les voie, sans qu’on ne les entende. Lors de notre première rencontre, certaines cachent même leur visage.

    Mais au fil des séquences, elles s’imposent au premier plan, jusqu’à faire résonner leurs mots, leurs colères, leurs espoirs, dans l’Assemblée", indique Gilles Perret.

    Comment le contexte de pandémie s'est invité dans la production du film ?

    Le projet de documentaire de François Ruffin et Gilles Perret a vu sa production chamboulée par le confinement et l'irruption du Covid. Le tournage a d'abord dû être arrêté, avant d'être relancé avec une actualité encore plus brûlante.

    François Ruffin a reçu des appels d’auxiliaires de vie sociale, qui l'ont alerté : "On est obligées de travailler, mais on n’a pas de masque, pas de gel, pas de blouse…" Et là, avec Gilles Perret, le réalisateur s'est dit : "Si elles continuent, nous aussi !"

    Comme le rappelle le documentaire, Emmanuel Macron avait évoqué tous ces métiers, dont ceux du "lien" dans l'impossibilité de s'arrêter malgré les confinements et devant s'adapter à la situation inédite que traversait la France notamment.

    "Il faudra se rappeler que notre pays tient aujourd’hui tout entier sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal", avait affirmé le président de la République lors d'une de ses prises de parole au début de la pandémie.

    "Notre film poursuit cette bataille, indiquent les cinéastes. En les montrant, en les écoutant, avec on l’espère des projections-débats partout en France, on pose cette question : pourquoi ces métiers, essentiels, sont-ils sans statut, sans revenu ? Pourquoi, pour ces femmes, des salaires de misère et des vies de galère ? Franchement, qui pense un instant qu’elles sont moins utiles que les traders et les publicitaires ?" Debout les femmes a ainsi trouvé une urgence renouvelée.

    Debout les femmes !
    Debout les femmes !
    1h 25min
    De François Ruffin, Gilles Perret
    Presse
    3,3
    Spectateurs
    4,4
    Séances (135)
    Un tandem engagé

    Derrière Debout les femmes, on retrouve deux tandems : celui que l'on voit à l'écran, composé de deux hommes que tout oppose politiquement, en l'occurrence François Ruffin (député dans la première circonscription de la Somme, sous la bannière insoumise "Picardie debout") et Bruno Bonnell (député En Marche).

    Il y a un autre tandem à l'initiative du film, composé de Ruffin et Gilles Perret. Tous deux se retrouvent après J'veux du soleil (2019). A propos du point de départ de ce nouveau projet, ils expliquent : "Depuis trois ans, je me demande comment filmer l’Assemblée, Gilles voulait me filmer en député déjà avant J'veux du soleil ! mais je renâclais.

    D’un côté, c’est un décor fascinant, avec ses dorures, son protocole, ses gardes républicains, etc. Mais au fond, il ne s’y passe rien, rien derrière le décorum. Ce n’est pas un lieu de pouvoir, juste d’illusion du pouvoir. Alors, comme propos pour un film, montrer le vide, la vacuité, ce n’est guère palpitant…"

    "Quand j’ai arraché cette mission parlementaire sur les « métiers du lien », je me suis dit : c’est le moment, poursuit François Ruffin. Parce que cette mission, je ne la voyais pas comme un truc statique, enfermée dans un bureau, mais en mouvement, au grand air, à la rencontre des gens, des femmes… On aurait là le premier « road-movie parlementaire » !

    Surtout, leurs métiers, à ces femmes, touchent aux corps, qu’elles soignent, qu’elles lavent, qu’elles portent. Et elles mettent du cœur à l’ouvrage. Bref, l’esthétique de l’institution, figée, avec son langage creux, convenu, allait être contrebalancée par cette chair, par ces émotions."

    Notre rencontre avec François Ruffin et Gilles Perret pour la sortie de J'veux du soleil en 2019 

     

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    Commentaires
    • Le putain d'énergumène
      Il est meilleur réalisateur et protagoniste de ses films qu'il est politicien.
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