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    Validé sur Canal+ : la saison 2 est-elle à la hauteur de la première ?
    9 oct. 2021 à 09:00
    Jennifer Radier
    Jennifer Radier
    -Rédactrice séries
    Adepte de la zapette depuis toute petite, elle a vécu mille et une vies derrière son écran de télévision et décortique avec passion tout ce qui passe sur le petit écran.

    CANAL+ lance dès le 11 octobre la saison 2 de "Validé". Cette nouvelle salve d’épisodes est-elle à la hauteur de la première ?

    En mars 2020, Franck Gastambide avait créé l’évènement sur Canal+ avec la première saison de Validé. Véritable phénomène, la série nous avait plongés dans les arcanes d’une industrie musicale aussi complexe que méconnue : celle du rap français. 

    Alors que la saison 1 avait mis tout le monde d’accord en racontant l’ascension tragique du jeune rappeur Apash (Hatik), cette nouvelle salve d’épisodes suivra quant à elle le parcours de Sara, une prodige du rap, qui essaie de percer dans ce milieu sans concession. Une immersion toujours aussi réaliste et efficace qui devrait séduire une fois de plus le public.

    Il est vrai toutefois que Franck Gastambide et son équipe d’auteurs prennent un gros risque en mettant en scène le parcours d’une femme dans le milieu du rap. Et si succéder à Apash était de toute façon un pari ambitieux, pour ne pas dire audacieux, Lætitia Kerfa, la comédienne qui interprète Sara, réussit pourtant à relever le défi.

    LE PARCOURS ORDINAIRE D’UNE FEMME DANS LE MILIEU DU RAP

    Un an après la mort violente de Clément, William (Saïdou Camara) et Brahim (Brahim Bouhlel) lancent le label Apash Music pour honorer la mémoire de leur ami. Ils misent alors tout sur Sara, une jeune rappeuse qui va devoir lutter pour exister en tant que femme dans le rap game alors que son passé trouble ressurgit.

    Dès les premiers épisodes, le ton est donné, “Un rappeur moyen vendra toujours plus qu’une très bonne rappeuse”. Une punchline qui sonne comme un terrible constat et vient questionner la place des femmes dans l’industrie du rap.

    Même si son talent met tout le monde d’accord, Sara devra en faire beaucoup plus pour gagner sa légitimité. Pas une mince affaire dans ce milieu ô combien masculin. Dès lors, les scènes coups de poing et les rebondissements s’enchaînent et embarquent le spectateur au rythme des coups bas, des menaces et des critiques les plus viles.

    Si l’on peut reprocher aux premiers épisodes quelques longueurs, ils sont finalement nécessaires à la construction du personnage principal et pour nous permettre de nouer un lien avec cette nouvelle héroïne. Mais c’est bien sous le pseudo de l’Alpha, le nom de scène qu’elle s’est choisie, que Lætitia Kerfa est la plus impressionnante.

    Jusque-là, le rap n’avait finalement laissé que peu de place aux femmes. Il y a eu Diam’s bien sûr mais force est de constater que les rappeuses ont toujours autant de mal à occuper le devant de la scène française. C’est là l’un des tours de force de cette seconde saison que de mettre une femme à la tête d’une série sur le rap tout en mettant en lumière des questions féministes sans pour autant tomber dans un discours revendicateur malgré quelques facilités scénaristiques.

    Validé
    Validé
    Sortie le 20 mars 2020 | 30 min
    Série : Validé
    Avec Hatik, Saïdou Camara, Brahim Bouhlel, Franck Gastambide, Moussa Mansaly
    Presse
    3,3
    Spectateurs
    4,0
    Voir via MyCanal
    UNE SAISON TOUJOURS AUSSI EFFICACE

    Nouvelle saison, nouvelle thématique. Cependant, les ingrédients qui ont fait le succès de Validé sont toujours présents. Au menu battles, clashs, freestyles, luttes de pouvoir, violence, le tout servi par une réalisation survoltée et une bande son percutante. Dans l’ensemble, les épisodes sont rythmés et prenants avec leur lot de rebondissements, notamment les deux derniers épisodes qui servent admirablement le propos de la série.

    Aux manettes, Franck Gastambide n’a rien perdu de son talent, parvenant même à donner plus d’épaisseur et de complexité à ses personnages. A ce sujet, on peut évoquer William. Toujours à contre-courant, il incarne plus que jamais un contraste saisissant avec cet univers sans pitié.  

    Mais la véritable surprise vient de Mastar, bien servi au passage par la prestation de Moussa Mansaly, son interprète. Artiste au sommet, celui-ci va devoir affronter ses démons et s'interroger sur sa place dans le rap game. Karnage (Bosh), quant à lui, fait monter la pression encore d'un cran. 

    Heureusement, pour contrebalancer cet univers impitoyable, l’humour ne sera pas en reste. Alors que Brahim Bouhlel vous pliera encore de rire, Fatoumata Kaba, qui prête ses traits à la meilleure amie de Sara, aura plus d’une punchline dans son sac.

    VALIDÉE ?

    Cette nouvelle saison devrait mettre une fois de plus tout le monde d’accord en nous immergeant un peu plus encore dans l’univers du rap et en offrant par ailleurs aux puristes une myriade de guests.

    Bien qu’elle emprunte les codes qui ont déjà fait son succès, la série continue de nous surprendre. Toujours aussi moderne et audacieux, Franck Gastambide prouve qu’il maîtrise son sujet à travers des personnages aux parcours hors norme.

    Pour son tout premier rôle à la télévision, Lætitia Kerfa offre quant à elle une prestation à la hauteur de son personnage, aussi fragile que badass, qui trouvera son apogée dans les deux derniers épisodes de la saison.

    Si Validé a des qualités indéniables, on regrette néanmoins quelques passages rapides et clichés. La faute à un rythme parfois trop enlevé qui ne permet pas d’approfondir certains points qui en auraient mérité plus.

    Souhaitons à Lætitia Kerfa de connaître le même destin qu’Hatik. En tout cas, on parie déjà qu’elle devrait être validée par les téléspectateurs.

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    Commentaires
    • Barbo05
      Le lien qu'on peut faire entre le genre et le niveau et le même qu'on peut faire entre l'origine et le niveau. On est exactement dans le même cas de figure. Pour quoi il y a très peu de rappeurs blanc qui sortent du lot ? ça se joue au niveau de la densité. Si il y a 10 rappeurs blanc sur 100 forcément (sauf exception) ça sera plus compliqué d'en voir un qui se démarque par rapport aux autres et le niveau moyen sera inférieur.
    • matthieud
      une très bonne rappeuse a généralement tout juste le niveau d'un rappeur moyen, du coup, ce n'est pas une très bonne rappeuse ? Du coup les rappeuses sont, d'après votre raisonnement, qu'au mieux moyennes ? Je ne suis pas très connaisseur du rap, mais j'ai du mal à comprendre le lien que vous faites entre le genre et le niveau d'un rappeur.
    • Barbo05
      Un rappeur moyen vendra toujours plus qu’une très bonne rappeuse c'est surtout qu'une très bonne rappeuse a généralement tout juste le niveau d'un rappeur moyen (à 2-3 exceptions près) vu la densité du milieu du rap... et ce n'est pas les pseudo mises en avant qui va relever le niveau. Et au delà du rap en lui même il faut un certain charisme et s'imposer pour pouvoir exister dans ce milieu
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