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    CANNESERIES : Nikolaj Coster-Waldau salue le succès de Squid Game et raconte son expérience avec la France et ses futurs projets
    12 oct. 2021 à 17:30
    Mégane Choquet
    Mégane Choquet
    -Journaliste ciné et séries Streaming
    Journaliste spécialisée dans l'offre ciné et séries sur les plateformes quel que soit le genre. Ce qui ne l'empêche pas de rester fidèle à la petite lucarne et au grand écran.

    Président du Jury au festival CANNESERIES, Nikolaj Coster-Waldau a évoqué pour AlloCiné sa vision du monde des séries et ses futurs projets.

    Franz Chavaroche / Nice Matin / Bestimage

    Connu mondialement pour son incarnation de Jaime Lannister dans Game of Thrones, Nikolaj Coster-Waldau, acteur danois, a été choisi pour être le président du jury de la compétition officielle du festival CANNESERIES.

    Ce défenseur de l'art sériel très curieux du monde qui l'entoure avait déjà évoqué le pouvoir et l'impact des séries, qui méritent tout autant d'égard que le cinéma, et l'a réaffirmé dans ses différents discours lors du festival. AlloCiné a pu s'entretenir avec l'acteur, qui nous a fait quelques révélations sur son expérience avec la France et ses futurs projets.

    AlloCiné : Est-ce que vous pensez que les Européens sont plus enclins à découvrir des séries du monde entier que les Américains par exemple, qui ont tendance à produire des remakes ?

    Nikolaj Coster-Waldau : Oui, sûrement. Mais en ce moment, Squid Game est la série la plus suivie aux États-Unis, comme dans le reste du monde. Ça évolue tellement vite, et je pense que cette idée qu'une série doit être en langue anglaise pour fonctionner dans le monde n'est plus aussi vraie.

    Le problème n'était pas tant que les gens ne veulent pas découvrir des séries venues d'ailleurs, c'était plutôt une question d'accès. Je suis sûr que la pandémie a permis aux gens de s'intéresser à d'autres oeuvres, d'autres cultures.

    Évidemment, pour tout le monde, pour les Français aussi j'en suis sûr, les séries locales sont les plus populaires. Parce que regarder une série dans sa propre langue avec toutes ses subtilités est plus accessible. C'est aussi la même chose aux États-Unis.

    Mais au final, tout le monde veut qu'on lui raconte une bonne histoire. Je me suis fait cette réflexion pendant ce festival. J'ai regardé des séries venant de Russie, de Serbie, d'Israël et je me suis rendu compte que je n'avais jamais vu de séries venant de ces pays. Je pense que c'est très positif que ces séries puissent voyager à travers le monde.

    Même si la langue et les décors sont différents, les histoires sont les mêmes et le rapport à notre humanité est le même. Et c'est vraiment réconfortant de voir que nous partageons bien les mêmes expériences, les mêmes galères du quotidien, les mêmes questionnements.

    Je trouve ça intéressant et inspirant que ce soit des séries du genre de Squid Game qui attirent autant de gens en ce moment.

    Vous parliez de Squid Game, que vous aviez également mentionnée quand vous parliez de l'impact des séries sur le tapis rose mais aussi dans votre discours d'ouverture. Vous l'avez regardée ?

    Oui, je l'ai regardée. Il y a tellement de séries à concept maintenant et c'est délicat parce qu'il faut pouvoir développer l'idée jusqu'au bout. Un bon concept ne suffit pas toujours. Le combat pour la vie ou la mort, c'est toujours excitant à voir sur écran.

    Mais ce que j'ai vraiment trouvé intéressant dans Squid Game, comme dans Parasite à certains égards, c'est qu'elle questionne comment nous évoluons dans la vie, les inégalités extrêmes dans le monde et la perte de notre humanité lorsque nous sommes poussés dans nos retranchements, et dans ce cas présent de manière très extrême. Je trouve ça intéressant et inspirant que ce soit des séries du genre de Squid Game qui attirent autant de gens en ce moment.

    Bruno Bebert / Bestimage

    Concernant vos projets futurs, il avait été annoncé en 2019 que vous deviez jouer dans une série internationale avec l'actrice française Alexandra Lamy. Mais c'était avant la pandémie et le tournage devait débuter en 2020. Est-ce que c'est un projet qui est toujours d'actualité ?

    Ça ne me dit rien pour être honnête. Peut-être que je ne me rappelle pas des noms, si je connaissais le titre de la série..

    Le titre n'avait pas été dévoilé mais il avait juste été annoncé que vous deviez jouer un couple avec Alexandra Lamy..

    Ah d'accord. Mais en tout cas, je n'ai rien tourné de tel, je m'en serais souvenu tout de même ! Vous savez, il y a toujours des tas de projets annoncés qui ne se font pas. C'est embarrassant mais ça ne me dit rien. (rires)

    Non, non, vous avez raison. C'est dommage, ça aurait été intéressant puisque vous avez déjà tourné avec des actrices françaises, notamment Agnès Jaoui et Bérénice Bejo dans le film Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Laurent Bouhnik au début des années 2000.

    Oui, avec Michel Serrault aussi. Nous avons tourné à Nice. C'était un film français et j'avais rencontré le réalisateur à Londres. J'ai lu le script en anglais et je pensais que c'était très bien. Et quand j'ai lu une scène, le réalisateur m'avait dit "Non, non, non, en français !" et j'ai répondu "Je suis désolé, on s'est mal compris" (rires). Mais on a fini par le faire.

    Je me souviens qu'il y avait de nombreux problèmes de sons sur ce film donc j'ai dû reposer ma voix sur des scènes et faire de la postsynchronisation, neuf mois après le tournage. Je me souviens juste que c'était dur.

    Mais si je m'en souviens autant c'est parce que le lendemain de la postsynchronisation, j'ai pris l'avion pour Copenhague. Et quand j'ai atterri, j'ai pris un taxi et à la radio passait ce que je pensais être une fiction assez folle. Et c'était le 11 septembre 2001, donc je me suis pris de plein fouet cette tragédie en sortant de l'avion. C'était un souvenir marquant et c'est pour ça que je me souviendrai toujours de ce retour de Paris.

    C'est marrant parce que j'ai écrit un film en 1998, intitulé Vildspor en danois, qu'on avait projeté en avant-première ici à Cannes. Et puis j'ai eu un long break, j'ai pris mes distances avec l'écriture. Et maintenant, ça revient dans ma vie, c'est vraiment agréable.

    Parmi les projets terminés qui arrivent bientôt, il y a Against The Ice, premier film original Netflix d'Islande que vous avez co-écrit et dans lequel vous jouez. Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?

    C'est vraiment un projet passion pour moi. C'est basé sur une histoire vraie. On a eu un tournage fantastique en Islande et au Groenland même si très prenant et ambitieux. Le film parle d'explorateurs au début du XXème siècle. Trois hommes font face aux obstacles les plus extrêmes. Nous voulions tourner dans des décors réels et nous sommes très chanceux et très reconnaissants envers Netflix d'avoir voulu du film mais aussi envers le fantastique producteur Baltasar Kormákur et le génial réalisateur Peter Flinth.

    Against The Ice
    Against The Ice
    De Peter Flinth
    Avec Nikolaj Coster-Waldau, Joe Cole, Charles Dance, Heida Reed

    Mes partenaires aussi sont géniaux, comme Joe Cole, mais aussi Charles Dance [Tywin Lannister dans Game of Thrones, ndlr] que j'ai réussi à embarquer dans cette aventure pour jouer un personnage important. Je suis très fier de ce film. Je vois la version finale vendredi d'ailleurs. J'ai hâte que le film sorte.

    Est-ce que le fait d'avoir coécrit Against The Ice vous a donné envie d'écrire d'autres projets ? Une série peut-être ?

    Oui, je pense. Joe Derrick [coscénariste sur le film, ndlr] et moi avons monté une société de production, Ill Kippers, et nous avons pas mal de projets en développement. C'est marrant parce que j'ai écrit un film en 1998, intitulé Vild spor en danois, avec le réalisateur Simon Staho, qu'on avait projeté en avant-première ici à Cannes. Et puis j'ai eu un long break, j'ai pris mes distances avec l'écriture. Et maintenant, ça revient dans ma vie, c'est vraiment agréable.

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