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    Bande-annonce Black Phone : des morts au téléphone et un tueur sadique pour le réalisateur de Sinister
    14 oct. 2021 à 14:45
    Maximilien Pierrette
    Maximilien Pierrette
    -Journaliste cinéma
    Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, il fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans l’émission FanZone.
    Co-écrit avec :
    Emmanuel Itier

    Cinq ans après un détour par le Marvel Cinematic Universe avec "Doctor Strange", Scott Derrickson revient à l'horreur avec "Black Phone". Alors que la bande-annonce vient d'être dévoilée, le réalisateur nous parle de son nouveau film.

    "Un enfant est kidnappé. Il est enfermé dans un sous-sol insonorisé, entouré des restes d'autres victimes. À la nuit tombée, le téléphone - pourtant non-branché - de la maison se met à sonner..." : tel est le synopsis de Black Phone, nouveau film de Scott Derrickson dont la bande-annonce vient d'être dévoilée.

    Cinq ans après la sortie de Doctor Strange, sa première (et jusqu'ici dernière) incursion dans le Marvel Cinematic Universe, le réalisateur revient à l'horreur, genre qui l'a révélé grâce à L'Exorcisme d'Emily Rose ou Sinister, dans lequel il dirigeait déjà Ethan Hawke. De retour devant sa caméra, l'acteur est cette fois-ci le méchant de ce long métrage dont la sortie est prévue chez nous le 26 janvier 2022.

    Adapté d'une nouvelle de Joe Hill, fils de Stephen King, le récit nous plonge dans les années 70 et l'histoire d'enlèvement d'enfants prend une tournure surnaturelle lorsque Finney Shaw (Mason Thames), dernière victime en date d'Albert (Ethan Hawke), est aidé par ses défunts prédécesseurs, qui communiquent avec lui via un téléphone noir pourtant débranché dans la pièce où il est retenu captif.

    Alors que les images d'un enfant vêtu d'un ciré jaune rappellent le Ça de Stephen King et qu'Ethan Hawke semble nous préparer une performance à la fois expansive et glaçante, le réalisateur a évoqué ce nouveau projet horrifique produit par Jason Blum à notre micro.

    Black Phone
    Black Phone
    De Scott Derrickson
    Avec Mason Thames, Madeleine McGraw, Ethan Hawke, Jeremy Davies, James Ransone

    AlloCiné : D'où est venue l'envie de faire ce film d'horreur, après votre passage chez Marvel avec "Doctor Strange" ?
    Scott Derrickson : J’aime le cinéma d’horreur, vu que j’avais réalisé Sinister en 2012 avant de faire Doctor Strange. Il est vrai que, depuis peu, j’avais élargi mon horizon comme réalisateur, mais je suis tombé sur la nouvelle de quelques pages de Joe Hill, qui est le fils de Stephen King, et j’ai craqué. J’avais lu son histoire il y a plus de seize ans en lisant son livre dans une librairie. Je ne savais pas que c’était le fils de Stephen King et j’ai juste pensé tout de suite que cela pourrait faire un film formidable.

    Il y a environ un an, j’ai eu la chance de pouvoir me lancer dans une nouvelle aventure cinématographique et je me suis plongé dans l’adaptation de cette nouvelle. Je voulais revenir à ma passion du cinéma d’horreur et Black Phone était une opportunité parfaite.

    Qu'est-ce qui vous a particulièrement motivé dans cette histoire ?
    Depuis quelques années, je suis une thérapie. Notamment parce que j’avais vécu quelques mauvaises expériences quand j’étais jeune, qui ont influencé mon passage à l’âge adulte. Je voulais vraiment faire un film qui reflète l’environnement, le quartier dans lequel j’ai grandi. Je vivais à Denver à la fin des années 70, dans un quartier difficile avec un maximum d’insécurité, de violence et d’abus en tous genres. J’étais, qui plus est, le garçon le plus jeune parmi tous ces jeunes à la dérive.

    C’était aussi l’époque où Ted Bundy était passé par chez nous en tuant plus d’une fois. Et Charles Manson faisait la Une avec le triste meurtre de Sharon Tate. J’ai même été confrontré au meurtre de la mère d’un ami qui vivait près de chez nous. Je vivais vraiment dans une ambiance ultra morbide, sans compter les abus de violences à l’encontre de nombreux jeunes par leurs parents. C’était vraiment une périodre noire de mon existence. La peur était en moi et dans ma famille.

    Avec ce film, j'ai voulu faire quelque chose qui émule Les 400 coups de François Truffaut. Donc Black Phone est le croisement parfait entre ce film et mes souvenirs d’une jeunesse mouvementée. De plus, cette histoire répond à l’une des angoisses supplémentaires de ma jeunesse, celle d’être enlevé par un taré, à mon insu. Sans compter que l’élément surnaturel de cette nouvelle a rajouté une touche d’angoisse supplémentaire.

    J’avais Ethan Hawke en tête pour jouer le méchant à cause de sa voix tellement flippante

    Est-ce un film qui a été compliqué à mettre en place et tourner ?
    Non, bien au contraire. On m’a donné une liberté totale, sans trop de notes [des producteurs] pour l’écriture, et encore moins quand j’étais en tournage et en montage. J’avais Ethan Hawke en tête [pour le méchant], à cause de sa voix tellement flippante, et ça fonctionne à la perfection. On m’a vraiment laissé tranquille pour composer le casting que je voulais. Y compris pour les deux jeunes, qui m’avaient ébloui lors de leur audition. Ce fut vraiment le film le plus simple à tourner de toute ma carrière. J’ai écrit le film en cinq semaines, je l’ai soumis à Jason Blum, et Universal a donné son accord en un instant. C’est fabuleux ! Nous avons tourné en tout juste trente-deux jours, c'est incroyable. On m’a laissé vraiment tranquille.

    Quels sont les principaux thèmes explorés par le film ?
    C’est le thème de la peur qui domine tout. Surtout quand je me réfère à ma jeunesse. Mais j’espère que chacun y trouvera son compte. Tout le monde traverse des périodes difficiles dans sa jeunesse, et j’espère que ce film en aidera plus d’un dans ce combat personnel. Personne n’a une jeunesse parfaite. J’espère que ce film peut aider à traverser cette période qui est souvent difficile. Dans tous les cas, réaliser ce film m’a aidé à tourner la page par rapport à ce que j’ai vécu. C’est de loin le film le plus personnel et émotionnel que j’ai mis en scène.

    Des choses bizarres se sont-elles développées pendant le tournage ?
    Pendant le tournage, absolument rien. Par contre, j’ai récemment acheté une maison, et Jason Blum et ma femme m’ont fait une mauvaise surprise en y installant un téléphone noir dans la cave. Depuis, le téléphone sonne et je refuse de descendre pour aller y répondre.

    Propos recueillis par Emmanuel Itier à Los Angeles le 13 octobre 2021

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