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    Serpico, Bonnie & Clyde, E.T... Des monteuses de génie se cachent derrière ces chefs-d'oeuvre !
    31 oct. 2020 à 05:00
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, Olivier Pallaruelo délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Parce qu'il a été durant longtemps un des très rares postes ouvert aux femmes, le montage des films a accueilli avec bonheur au fil des décennies de très grandes dames du cinéma, oeuvrant dans l'ombre aux côtés des réalisateurs. Hommage.

    Dede Allen
    6. Dede Allen +
    En avril 2010 s'éteignait, à l'âge de 86 ans, l'immense Dede Allen, des suites d'une attaque cardiaque. Monteuse novatrice, elle débuta sa carrière comme coursière au sein de la Columbia, avant de passer à la section montage du studio. Débutant sa carrière en 1948 avec le film Because of Eve de Howard Bretherton, elle imprima sa marque dès 1959 sur le montage du film de Robert Wise, Le Coup de l'escalier, dans lequel elle avait calé son montage sur la musique. Travaillant au sein de l'un des rares départements comptant à peu près autant d'hommes que de femmes, Dede Allen acquit très vite une réelle notoriété. En 1961, elle signe le montage d'un autre chef-d'oeuvre, L' Arnaqueur de Robert Rossen, puis suivra America, America d'Elia Kazan. En 1967, elle entre dans la légende du 7e art pour la scène finale de Bonnie and Clyde, qui voit Warren Beatty et Faye Dunaway criblés de balles dans un guet-apens. 50 plans se téléscopent en 1 min, livrant un maelström foudroyant et bouleversant du chef-d'oeuvre d'Arthur Penn.

    Parmi ses nombreux films, on lui doit aussi les montages de Little Big Man (1970); de Abattoir 5, le brillant film de science-fiction de George Roy Hill; ainsi que trois collaborations avec Sidney Lumet dont les immenses Serpico et Un après-midi de chien. Nommée à la tête du département de post-production chez Warner en 1992, elle ne retourna sur la table de montage que huit ans plus tard avec Wonder Boys. A l'âge de 84 ans, elle fit son ultime montage sur Fireflies in the Garden.
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    "Le monteur est l'auteur final du film" disait le grand David Lean. A l'heure où les logiciels de montage comme Final Cut Pro, Adobe Premiere ou Avid permettent de faire à peu près tout et n'importe quoi, il fut un temps -jusqu'au milieu des années 1990 en fait- où tous les films étaient montés à la main. Dans cet exercice délicat, des femmes de légendes ont occupé ou occupent cette place de choix. La raison ? Pendant longtemps, dans l'industrie du cinéma, le poste de monteur fut en effet un des rares ouverts aux femmes. Hommage en images à ces très grandes dames du cinéma et de l'ombre, grâce à qui les cinéphiles du monde entier ont pu s'émerveiller dans les salles obscures.
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    Commentaires
    • brunodinah
      Mise à part Booth et Liddleton, je connaissais au moins de nom les autres chefs monteuses.Hommage pastiche au cinéma hollywoodien d'hier à travers ce très bel article riche et documenté pour un très beau métier, fastudieux et difficile.En ayant découvert que Madame de Havilland s'est éteinte cet été, c'est en effet, parfois, grâce à la magnificence d'un montage qu'un 'cut' (et qu'un film !) devient chef d'oeuvre, film culte, film mythique.Bravo à toutes. Action !
    • Lccf
      Bel hommage à un métier souvent négligé, mais essentiel.
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