Le film a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 de la Mostra de Venise. Il a ensuite été sélectionné dans d’autres festivals comme ceux de Busan et San Sebastian.
Avec L’Étranger, François Ozon retrouve plusieurs comédiens avec lesquels il a déjà travaillé par le passé comme Benjamin Voisin (sur Été 85 – 2020), Rebecca Marder (Mon Crime – 2023), Swann Arlaud (Grâce à Dieu – 2018) ou encore Pierre Lottin (Grâce à Dieu – 2018 et Quand vient l’automne – 2024).
Jugé difficile à adapter, L’Étranger d’Albert Camus a très peu été porté à l’écran, contrairement à d’autres classiques littéraires. Luchino Visconti en a proposé une version en 1967 avec Marcello Mastroianni et Anna Karina mais le film a été fraîchement reçu et a été considéré comme relativement mineur dans l’œuvre du cinéaste italien.
Bien que le roman d’Albert Camus se passe en Algérie, François Ozon a quant à lui tourné son film au Maroc, plus précisément à Tanger, au printemps 2025.
L’Étranger est, avec Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, l’un des trois romans francophones parmi les plus lus au monde. En France, et seulement pour sa version poche, le livre s’est vendu à près de dix millions d’exemplaires. Par ailleurs, plus de 200 écoles, collèges et lycées, qu’ils soient publics ou privés, portent le nom d’Albert Camus.
Avant L’Étranger, François Ozon avait déjà adopté plusieurs romans pour le cinéma, à l’image d’Angel d’Elizabeth Taylor, Une amie qui vous veut du bien de Ruth Rendell (Une nouvelle amie – 2014) ou Tout s’est bien passé d’Emmanuèle Bernheim. 8 Femmes, quant à lui, est adapté d'une pièce de théâtre de Robert Thomas.
Au départ, François Ozon avait l’idée de réaliser un triptyque. Dans l’une des histoires, il était question d’un jeune homme contemporain qui était désabusé et qui ne voyait aucun sens à sa vie. Ce projet, avec Benjamin Voisin dans le rôle principal, n’a finalement pas pu se faire mais François Ozon a décidé de développer cette histoire dans un format plus long, sur les conseils de ses amis. Suite à la relecture de L’Étranger d’Albert Camus, il a alors décidé d’adapter le livre pour le cinéma, reprenant ainsi certains thèmes sur lesquels il avait commencé à travailler.
L’Algérie du récit n’est pas totalement inconnue pour François Ozon. En effet, ce dernier a renoué avec son histoire personnelle en travaillant sur ce film. Son grand-père maternel était juge d’instruction à Bône, aujourd’hui connue sous le nom d’Annaba. En 1956, il a échappé à un attentat, ce qui a ainsi conduit à un retour précipité des siens en France métropolitaine.
Parmi les libertés prises par François Ozon par rapport au livre d’Albert Camus, il y a notamment la mise en avant des deux personnages féminins du récit, Marie Cardona et Djemila (la sœur de l’Arabe), qui sont ici beaucoup plus développées. Il a d’ailleurs donné un prénom à la sœur de l’Arabe qui, dans le roman, n’en avait pas.
François Ozon a décidé de tourner L’Étranger en noir et blanc pour des raisons esthétiques et économiques puisque l’équipe technique n’avait pas les moyens, pour les décors et les costumes, de reconstituer Alger de manière réaliste. Il s’agit de son deuxième film tourné en noir et blanc après Frantz, sorti en 2016.
Pour le générique de fin, François Ozon a choisi le morceau Killing an arab de The Cure. Ce n’est pas la première fois que le réalisateur français utilise une chanson du groupe britannique dans un de ses films puisque l’on pouvait déjà entendre In between days dans Été 85 (2020)