Cinéaste de légende, très respecté par ses pairs, notamment par François Truffaut qui le vénérait au point de le qualifier de "cinéaste le plus important du monde", Werner Herzog a connu une trajectoire artistique indissolublement liée à celle du très tourmenté Klaus Kinski, véritable némésis du cinéaste. Une relation d'amour et de haine qui fut d'ailleurs brillamment montrée dans l'extraordinaire documentaire Ennemis intimes, sorti en 1999.
Herzog a plus d'une fois vu sa vie gravement mise en péril, bien avant les tournages dantesques que furent Aguirre, la colère de Dieu et Fitzcarraldo. De 1968 à 1970, il tourna plusieurs films sur l'Afrique (Fata morgana). Une période qui le marque physiquement, puisqu'il sera notamment emprisonné et blessé à coups de baïonnettes.
En février 2006, Herzog fut victime d'un incident qui aurait bien pu se terminer de manière dramatique. Alors qu'il était en plein interview avec le critique de cinéma Mark Kermode pour évoquer avec lui son nouveau film, Grizzly Man -extraordinaire documentaire au passage-, Herzog est victime d'un tir à la carabine.
Kermode racontera d'ailleurs cet incident dans cet extrait de l'émission Culture Show : "je l'interviewais à Los Angeles, sur une route ouverte. Puis, en plein milieu de l'interview, il s'est fait tirer dessus".
L'échange et le tir sont visibles dans la vidéo ci-dessous, à partir de 00''46..
Interrompu dans l'interview par cet étrange claquement, Werner Herzog baisse les yeux pour constater qu'il a été transpercé par une balle tirée d'une carabine à air comprimé. Le tout avec son flegme légendaire. Quittant les lieux, Kermode et Herzog se retrouvent un peu plus tard dans un studio, évoquant l'incident. Herzog soulève sa chemise pour montrer l'ecchymose faite par le tir, avant de lâcher : "Ce n'est pas important". On n'a jamais su qui a tiré, ni pourquoi.