Noté 4 sur 5, c'est l'un des plus grands westerns de tous les temps ! 56 ans après, il reste indépassable
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Olivier Pallaruelo - Corentin Palanchini

C’est un monument du western : “La Horde sauvage” fait partie des 10 films du genre à voir dans sa vie. Retour sur un long métrage qui a choqué Hollywood il y a 56 ans.

Au début du siècle, dans une petite ville du Sud du Texas proche de la frontière mexicaine, une bande de pillards s’apprête à attaquer les bureaux de la Compagnie des Chemins de Fer. Mais des chasseurs de prime veillent… L’affrontement dégénère et seuls cinq survivants parviennent à atteindre le Mexique, alors dévasté par une guerre civile. Le règlement de comptes final n’en sera que plus brutal…

À sa sortie en 1969, La Horde sauvage est venu bouleverser le monde du cinéma. Le film, signé Sam Peckinpah, a été considéré comme la réponse définitive d’Hollywood à la vague du western spaghetti, marquant au passage la fin d’un genre qui était sur le point d’être surpassé par l’ère des blockbusters (Les Dents de la mer, Star Wars).

Et le film lui-même fait écho à cela, mettant en scène un Ouest agonisant corrompu par la modernité (l’apparition des premières automobiles…) au sein duquel le chef de cette bande, Pike Bishop (William Holden), se retrouve dans un monde qu’il ne comprend plus et dont il souhaite s’éloigner. Tout comme le réalisateur, il semblerait.

La Horde sauvage
La Horde sauvage
Sortie : 17 octobre 1969 | 2h 25min
De Sam Peckinpah
Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan
Presse
4,4
Spectateurs
4,0
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La Horde sauvage est finalement le véritable chant du cygne du genre western, mettant fin à l’époque des classiques hollywoodiens avec ses hors-la-loi de type Robin des bois : ici, on a affaire à de vrais tueurs sans scrupule. S’ensuit une violence sans nom rarissime que le public américain n’avait jamais vu à l’écran auparavant – et qu’il n’était pas prêt de voir du tout. Repoussant les limites de la violence au cinéma, le film suscite alors une immense controverse. Mais Sam Peckinpah, lui, assume totalement.

Je veux que le spectateur ressente de la manière la plus forte, la plus terrible possible, la violence cataclysmique, irresponsable qui peut s’emparer de l’homme”, déclarait le cinéaste. “J’ai fait ce film parce que j’étais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de présenter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence (...). C’est un film sur la mauvaise conscience de l’Amérique.

Pari réussi pour le réalisateur : les spectateurs sont scandalisés par ce déferlement de violence qui finit en apothéose avec une séquence finale d’anthologie.

Warner Bros.

Un réalisateur intransigeant

Avec un budget de 3,4 millions qui s’élèvera finalement à 5 ou 6 millions, La Horde sauvage n’a pas été une production de tout repos – que ce soit pour le réalisateur, les acteurs et l’équipe du tournage. Au cours de ses 75 jours de tournage, qui en deviendront 81, l’équipe aura à faire à un Sam Peckinpah prêt à livrer un chef-d’œuvre mais aussi à tout emporter sur son passage. S’il réalisera là son meilleur film, il le fera en étant implacable et féroce.

Il s’emportait facilement et si quelqu’un commettait une faute sur le plateau ou ailleurs, il était prêt à lui sauter dessus, et c’est bien dommage”, avait déclaré son producteur, Phil Feldman.

Le principal intéressé confirmera son tempérament face à Michael Bliss dans l’ouvrage Doing it Right: The Best Criticism on Sam Peckinpah’s The Wild Bunch, affirmant : “Je crois que monsieur Feldman et moi avons viré 22 personnes de La Horde sauvage. Ils n’étaient pas tous membres du studio, bien entendu, certains étaient des indépendants, d’autres des syndiqués de la ville de Mexico. Mais nous avons travaillé très dur, et plus que 8 heures par jour.

Aucune concession donc pour atteindre le sommet. Et le sommet, ça oui, il l’a atteint, le long métrage faisant notamment partie de la liste des 6 films parfaits de Quentin Tarantino aux côtés des Les Dents de la mer, de L’Exorciste ou encore de Annie Hall.

Je peux aussi dire que Frankenstein Junior entre dans cette catégorie. La Horde sauvage également ! Cependant, leurs imperfections en font aussi des films parfaits, ça fait partie de leur gloire. Pour moi, ces œuvres sont inattaquables ! Retour vers le futur est aussi un film parfait !”, a-t-il ajouté.

Warner Bros.

Un remake toujours d’actualité ?

Comme de nombreux classiques du cinéma, un remake de La Horde sauvage a été envisagé. En effet, plus de 4 décennies plus tard, en 2011, c’est Tony Scott qui a tenté de le réaliser. Cependant, le cinéaste s’est donné la mort l’année suivante. Deux ans plus tard, Will Smith est pressenti pour reprendre le flambeau en tant que producteur mais cela n’aboutit pas.

En septembre 2018, le remake revient d’actualité : cette fois, c’est Mel Gibson qui est annoncé aux commandes du projet. L’année qui suit, des noms comme Michael Fassbender et Peter Dinklage sont évoqués pour rejoindre le casting du film qui doit être produit par Warner Bros. Et puis, plus rien : plus aucune nouvelle du projet depuis. Il faut dire qu’après Tu ne tueras point, sorti en 2016, Mel Gibson n’est pas revenu derrière la caméra.

Mais Hollywood est bien connu pour ses remakes à n’en plus finir : tout est donc encore permis.

En attendant, l’œuvre originale – impossible à égaler – est à revoir sur Max ou en VOD.

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