Quand l'auteur du Monde de Narnia rencontre Freud : un face-à-face intense avec Anthony Hopkins et Matthew Goode
Laëtitia Forhan
Laëtitia Forhan
-Chef de rubrique cinéma
Fan de cinéma fantastique, de thrillers, et d’animation, elle rejoint la rédaction d’AlloCiné en 2007. Elle navigue depuis entre écriture d'articles, rencontres passionnantes et couvertures de festivals.

Imaginez une conversation entre Sigmund Freud et C.S. Lewis, l'auteur du Monde de Narnia... C'est tout le sujet de "Freud, la dernière confession" de Matt Brown. A voir actuellement en salles.

Après Montgomery Clift dans Freud, passions secrètes (1962) de John Huston et Viggo Mortensen dans A Dangerous Method (2011) de David Cronenberg, c’est au tour d’Anthony Hopkins d’incarner le psychanalyste Sigmund Freud au cinéma dans Freud, la dernière confession de Matt Brown.

Dans ce film, le comédien incarne Freud dans les derniers jours de sa vie. Réfugié à Londres en compagnie de sa fille Anna, Freud est devenu – sous l'effet de l'âge et de la maladie – un vieillard aigri et capricieux. Mais la curiosité du professeur est piquée au vif lorsqu’un certain C.S. Lewis (Matthew Goode), romancier et chrétien revendiqué, le mentionne dans l'une de ses publications. Leur rencontre autour de la question de Dieu va tourner au duel…

Freud, la dernière confession
Freud, la dernière confession
Sortie : 4 juin 2025 | 1h 50min
De Matt Brown
Avec Anthony Hopkins, Matthew Goode, Liv Lisa Fries
Presse
2,5
Spectateurs
2,8
Streaming

Quatorze ans après A Dangerous Method, dans lequel Freud (Viggo Mortensen) faisait face à Carl Gustav Jung (Vincent Cassel), le père fondateur de la psychanalyse rencontre ici l’auteur du Monde de Narnia dans un face-à-face fictif.

Une rencontre fictive entre Freud et l'auteur de Narnia

Le film, qui se présente sous la forme d’une joute oratoire entre les deux hommes, entrecoupée de flashbacks, est adapté de la pièce de théâtre "Freud’s Last Session" de Mark St. Germain (également scénariste du film), elle-même inspirée du livre "The Question of God" du psychiatre et professeur à Harvard Armand Nicholi.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Freud, la dernière confession n’est pas un biopic. Il imagine une rencontre entre Sigmund Freud, penseur athée, père de la psychanalyse, et C.S. Lewis, écrivain chrétien converti, auteur du Monde de Narnia.

Cette confrontation fictive met en parallèle deux conceptions de l’existence : l’une fondée sur la science, l’analyse et le désenchantement, l’autre sur la foi, l’espérance et le mystère.

Condor Distribution

Une confrontation d'idées, pas un biopic

Le réalisateur Matthew Brown précise d'ailleurs dans le dossier de presse : "Ce qui m’a attiré dans ce projet, ce n’est pas tant Freud lui-même que la pertinence du film et les thèmes qu’il explore." Il ajoute : "L’idée que deux personnes choisissent de s’engager dans une discussion sur une question aussi controversée que l’existence de Dieu, et qu’elles le fassent avec la volonté sincère d’échanger, m’a semblé à la fois fascinante et opportune.

Je regrette que les gens ne puissent avoir aujourd’hui des conversations aussi essentielles, favorisant une plus grande tolérance et un respect mutuel. C’est ce qui m’a réellement attiré dans ce projet."

Matthew Brown voit en effet dans cette rencontre imaginaire une réflexion sur notre monde divisé : "Ce film traite, à bien des égards, de la tolérance. Du fait d’accepter que certains ne partagent pas les mêmes croyances que nous, et de considérer que c’est normal. [...] Peut-être devrions-nous adopter cette approche un peu plus souvent dans notre vie."

Tout au long du film, C.S. Lewis et Freud se remettent en question et s'écoutent malgré leurs divergences d'idées.

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Matthew Goode, connu pour ses rôles dans The Crown, Downton Abbey, The Offer ou Imitation Game, incarne un C.S. Lewis tout en subtilité. Le film souligne le passé tourmenté de Lewis : orphelin, vétéran traumatisé de la Première Guerre mondiale marqué par la mort de son ami, autant de blessures qui nourrissent sa foi retrouvée.

L'interprétation toute en finesse du comédien britannique permet d’humaniser Lewis, souvent cantonné à l’image de l’auteur du Monde de Narnia, et de faire de lui un véritable contrepoint philosophique au père de la psychanalyse.

Anthony Hopkins : de C.S. Lewis à Sigmund Freud

Fait notable, Anthony Hopkins, avait pour sa part déjà prêté ses traits à l'auteur C.S. Lewis dans la romance de Richard Attenborough Les Ombres du coeur. Il interprète cette fois-ci Sigmund Freud et donne au psychanalyste toute la grandeur tragique d’un homme qui n’a jamais cessé de penser.

Anthony Hopkins a longtemps travaillé pour se fondre dans le personnage de Freud, en modulant sa voix et en travaillant sa posture pendant des mois. Matthew Brown raconte : "Il a façonné cette voix rocailleuse, qui lui a demandé un énorme effort. Cela n’a pas été facile. [...] C’est un maître dans son art, et en même temps, il vous pousse, en tant que réalisateur, à réfléchir à votre approche."

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Ce n’est pas la première fois que Hopkins prête ses traits à une figure historique puisqu'il a déjà incarné Richard Nixon dans Nixon d’Oliver Stone (1995), Pablo Picasso dans Surviving Picasso de James Ivory (1996), Alfred Hitchcock dans Hitchcock de Sacha Gervasi (2012), Benoît XVI dans Les Deux Papes de Fernando Meirelles (2019) et plus récemment Nicolas Winton, dans Une Vie de James Hawes.

Au-delà de la fiction, Freud, la dernière confession nous invite à réapprendre l’art du dialogue. Un film aussi intime que profond, à découvrir en salles.

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