C’était il y a 30 ans jour pour jour, le 31 mai 1995, quatre jours après sa première diffusion au Festival de Cannes, le film La Haine de Mathieu Kassovitz sortait sur tout le territoire national, s’apprêtant à provoquer une véritable onde de choc dans la société, avant de s’imposer au fil des années comme l’une des œuvres majeures du cinéma français de ces dernières décennies.
Un film dont les thèmes résonnent encore aujourd’hui avec autant d’acuité, ce qui a donné l’envie à Matthieu Kassovitz d’en proposer au public une nouvelle version, scénique cette fois-ci, à travers un spectacle immersif mêlant danse, musique et cinéma, intitulé La Haine – Jusqu’ici rien a changé, en tournée dans toute la France jusqu’à la fin de l’année.
Vous souvenez-vous encore bien du film original sorti sur nos écrans en 1995 ? Vérifions cela avec dix questions sur le film, et avant de vous lancer, quelques secrets de tournage.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Bavure policière et haine réciproque
La Haine s’inspire d’un drame survenu deux ans avant le tournage, en avril 1993, lors d’une garde à vue dans un commissariat du XVIIIème arrondissement de Paris. Le jeune Makomé M’Bowolé, âgé de 17 ans, y avait laissé la vie. "Je me suis demandé comment le flic a pu en arriver à une telle haine, pour lui tirer une balle dans la tête alors qu’il ne pouvait rien faire, c’est évident", explique Mathieu Kassovitz, avant de poursuivre : "Le policier n’a certainement pas voulu tirer, mais il lui a fait peur, il a mis le flingue, il a armé le chien, et [je me suis demandé] comment le môme a réussi à le mettre dans une telle situation de haine."
Avant la parité
La Haine laisse assez peu de place aux personnages féminins. Comme l’expliquait sur le vif le réalisateur, dans le making-of du film : "Il n’y a pas de filles dans le film, non. On ne va pas partir dans une love story. Si tu te balades dans une cité, il y a les filles d’un côté et les mecs de l’autre, ils ne traînent pas ensemble. Tu ne peux pas traîner avec une fille de la cité parce qu’elle a forcément un frère. Et si elle a un frère, t’es dans la merde, donc c’est pas possible."
Tournage à la cité
Une bonne partie du film a été tournée à Chanteloup-les-Vignes, en banlieue parisienne. Le réalisateur et ses acteurs principaux ont choisi d’y emménager pendant 2 mois avant le tournage afin de se faire connaître des habitants et s'imprégner des lieux.