Parmi les films moins souvent cités de la carrière de Clint Eastwood, La Sanction – qui vient de fêter ses 50 ans le 21 mai dernier – mérite pourtant une mention spéciale, ne serait-ce que pour l’engagement physique exceptionnel de l’acteur-réalisateur. Dans ce thriller d’altitude sorti en 1975, Eastwood a choisi de tourner ses propres cascades en montagne, mettant ainsi sa vie en danger à plusieurs reprises. Et non, il n’y a pas que Tom Cruise qui l’a fait !
Ce long métrage marque la quatrième réalisation solo d’Eastwood, après Un frisson dans la nuit de 1971, et ses deux films de 1973 : L’Homme des hautes plaines et Breezy. Au départ, il ne se sentait pas prêt à diriger le projet et espérait confier la mise en scène à son ami et mentor Don Siegel. Mais après une longue discussion, et face au refus de ce dernier, il a fini par accepter de prendre les commandes du film.
Un tournage des plus dangereux
Dans La Sanction, Clint Eastwood incarne Jonathan Hemlock, un ancien agent secret devenu professeur d’histoire de l’art. Occasionnellement tueur à gages pour le compte d’une mystérieuse organisation, il se voit confier une mission périlleuse : identifier et éliminer un assassin qui s’apprête à escalader l’Eiger, un sommet redouté des Alpes suisses. D’abord peu enthousiaste, Hemlock accepte l’opération, attiré par la promesse d’un tableau de Pissarro en guise de paiement, et sous la menace d’un chantage fiscal.
Universal Pictures
Le scénario, pour le moins original, repose surtout sur l’intensité des scènes de montagne. Et c’est là que le film impressionne particulièrement : Clint Eastwood a insisté pour exécuter lui-même toutes les séquences d’escalade, malgré les risques et les avis contraires des professionnels présents sur le plateau. Le sommet de l’Eiger, où se déroule l’apogée du film, culmine à près de 4000 mètres et est tristement célèbre pour sa dangerosité.
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Incapable d’atteindre le sommet par ses propres moyens malgré un entraînement rigoureux, Eastwood et son équipe ont été déposés en hélicoptère à environ 3650 mètres, puis sont descendus en rappel pour accéder aux zones de tournage. En revanche, il a bel et bien escaladé le mythique “Totem Pole” de Monument Valley, une aiguille rocheuse de plus de 120 mètres. Fait notable : La Sanction est le dernier film autorisé à tourner sur ce site sacré et protégé.
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Et le drame survient...
Malheureusement, le tournage a été marqué par un drame. Dès le deuxième jour, David Knowles, un alpiniste écossais engagé sur le film, trouve la mort après une chute de pierres sur l’Eiger. Mike Hoover, un autre grimpeur chargé de filmer les ascensions, est, quant à lui, blessé dans l’incident et doit suspendre son travail pendant plusieurs jours.
Bouleversé, Eastwood envisage alors d’annuler le tournage. Ce sont finalement les autres membres de l’équipe d’alpinistes, profondément affectés mais déterminés, qui le persuadent de continuer. En hommage à Knowles et au travail déjà accompli, le réalisateur décide donc de mener le projet à terme.
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La Sanction reste ainsi un témoignage saisissant de la ténacité de Clint Eastwood, prêt à se confronter à la montagne elle-même pour renforcer le réalisme de son film. Un pari audacieux – et coûteux – à ne pas manquer.
La Sanction, et ses cascades bien réelles, sont à retrouver en VOD.