New York 1997, une oeuvre de la contre-culture, cynique, chère au coeur de John Carpenter : il avait écrit le premier script du film en 1976, dans la foulée des affres du scandale du Watergate. Comme il le disait lui-même : "A cette époque, le sentiment global de la nation envers le président était d'un cynisme absolu".
Sorti en 1981, le film met en vedette un personnage du nom de Snake Plissken. Une création devenue une icône, la matrice des anti-héros Badass par excellence, ayant toujours une punchline qui tue dans sa besace.
Une source d'inspiration pour toute une génération de cinéastes, et même de Game Designers dans l'industrie des jeux vidéo (Hideo Kojima, au hasard). Le croisement génial et absolu entre le flegmme d'un Clint Eastwood qui aurait rencontré un Hell's Angels. Une incarnation qui doit aussi évidemment beaucoup à son interprète, Kurt Russell.
"Je l'ai manipulé"
Quinze ans plus tard, le tandem redonnera vie à Snake Plissken pour Los Angeles 2013, qui n'est au final qu'un remake déguisé du premier opus. Le résultat sera hélas un douloureux échec artistique et financier, avec une sacrée gifle au box office international, puisqu'il ne rapportera à peine 25 millions de dollars.
En 2023, à la faveur de la parution en UHD 4K de Los Angeles 2013, Big John s'était entretenu avec l'équipe d'IGN, revenant sur l'échec du film à l'époque. Il expliquait ainsi être conscient de la faiblesse de Kurt Russell en matière d'écriture de scénario, puisqu'il est aussi crédité en tant que tel sur le film, et de l'avoir poussé à écrire le scénario avec lui afin qu'il puisse réaliser le film. "J'ai utilisé sa passion pour le film afin qu'il écrive davantage" confessait Carpenter, ajoutant : "Je l'ai manipulé".
United International Pictures (UIP)
Pendant un certain temps, il a été question d'un troisième film de Plissken qui devait commencer exactement là où Los Angeles 2013 s'arrêtait, avec le monde plongé dans un nouvel âge sombre lorsque Plissken utilise la super arme - connue sous le nom d'"épée de Damoclès"- pour couper l'énergie de toute la planète.
Le film se serait appelé Escape From Earth. Une rumeur a longtemps prétendue que le scénario a été réutilisé et est devenu le film d'horreur de science-fiction Ghosts of Mars, réalisé par Carpenter en 2001; mais le cinéaste a démenti. "Escape from Earth, c'était un peu Snake Plissken dans une capsule spatiale, volant dans l'espace. Il y aurait donc beaucoup d'effets spéciaux. Ce qui ne m'intéresse pas vraiment. Mais c'est à ça que ça ressemblerait" confiait Carpenter dans son entretien accordé à IGN.