En 2004, après Mission Impossible 2 et Windtalkers, John Woo continuait son aventure hollywoodienne avec un thriller de science-fiction, Paycheck. Porté par Ben Affleck, Uma Thurman et Aaron Eckhart, le film nous présente l'ingénieur Michael Jennings (Ben Affleck).
Entre SF et thriller hitchcockien
Ce dernier travaille sur des projets top-secrets, commandités par des sociétés de haute technologie. À l'issue de chaque mission, sa mémoire est "effacée" par contrat pour l'empêcher de divulguer la moindre information confidentielle. Puis un chèque substantiel lui est remis.
Mais cette fois, l'enveloppe ne contient aucun argent, que des objets hétéroclites : à en croire l'employeur, Jennings aurai renoncé par avance à ses honoraires habituels. Celui-ci découvre que ces objets sont autant d'indices relatifs à son passé - un passé "remis à zéro" dont sa mémoire n'a gardé que d'infimes traces.
Un seul espoir pour percer ce mystère : la femme avec qui il travaille et qu'il aime depuis trois ans : Rachel (Uma Thurman). Une course contre la montre s'engage. Jennings n'a que quelques heures pour recomposer le puzzle de sa vie et échapper à la vengeance de son implacable employeur.
Fort d'un budget de 60 millions de dollars, Paycheck a eu un succès commercial correct avec 117 millions de billets verts récoltés dans le monde. L'oeuvre est adaptée du roman du même nom de Philip K. Dick. Cet auteur de science-fiction acclamé a captivé et inspiré plusieurs grands réalisateurs comme Ridley Scott (Blade Runner), Paul Verhoeven (Total Recall) ou Steven Spielberg (Minority Report).
Une oeuvre spectaculaire
Relativement mal reçu par la critique lors de sa sortie en salles le 25 février 2004, Paycheck vaut pourtant le coup d'oeil, notamment pour son casting d'excellente facture et ses scènes d'action dantesques. John Woo, maître en la matière, ne déçoit jamais à ce niveau-là.
Paramount
Par exemple, la scène spectaculaire de la fuite à moto dans les rues de Vancouver a été minutieusement préparée sur story-board par le réalisateur de seconde équipe Brian Smrz. Ce dernier a utilisé plusieurs dispositifs télécommandés dernier cri, dont le "descendeur" qui, d'un simple geste, permet de jeter dans le vide une caméra arrimée à un filin.
Des câbles ont également été fixés sur toute la longueur d'un pâté de maisons afin de réaliser des travellings latéraux au-dessus des toits. Si John Woo a pu mettre en place de spectaculaires séquences d'action, il a tout de même avoué n'avoir pas pu faire le film qu'il souhaitait vraiment.
"J'étais favorable aux éléments de science-fiction dans Paycheck parce qu'il n'y en avait pas trop. J'avais l'intention d'en faire un film à la Alfred Hitchcock, quelque chose de plus centré sur le suspense et les sensations fortes que sur les armes à feu et les fusillades, mais malheureusement le scénario n'a pas été écrit de cette façon. Cela n'a pas bien fonctionné pour le suspense, et cela ne s'est pas déroulé comme je le voulais, pas aussi hitchcockien. Mais au moins, c'était agréable de travailler avec Ben Affleck", a confié le réalisateur, cité sur IMDb.
Malgré ce mea culpa de John Woo, Paycheck reste une oeuvre efficace et spectaculaire, qui devrait permettre de passer une bonne soirée sur Netflix, avec du pop corn et un plaid sur les genoux.