En 1998, deux ans après Mission Impossible, Brian De Palma était de retour derrière la caméra avec Snake Eyes, thriller sous tension avec Nicolas Cage. Le récit nous emmène au coeur du palais des sports d'Atlantic City. Le bâtiment contient à peine la foule venue assister au match du siècle, où s'affrontent deux poids lourds de la boxe.
Un thriller percutant
Soudain, des coups de feu éclatent à proximité du ring et le secrétaire d'Etat à la Défense s'effondre, mortellement blessé. L'enquête commence sous la direction de l'inspecteur Rick Santoro, policier corrompu.
Ce dernier va s'efforcer de sauver sa réputation ainsi que celle de son ami Kevin Dunne, chargé de la sécurité du secrétaire d'Etat, et qui s'était malencontreusement absenté au moment du drame. En une heure et 38 minutes, De Palma tisse un polar au suspense haletant et parfaitement mené.
Malheureusement, cette oeuvre passe souvent sous les radars et reste injustement oubliée. En effet, quand on évoque le nom de Brian De Palma, on pense surtout à Scarface, L'Impasse, Mission Impossible, Les Incorruptibles ou encore Carrie.
Pourtant, Snake Eyes fait partie des pépites méconnues du réalisateur, le tout porté par un Nicolas Cage plus en forme que jamais. Et si le film a marqué les esprits des spectateurs, c'est notamment pour sa spectaculaire scène d'ouverture et ses 13 minutes de plan-séquence.
Nicolas Cage, alias Rick Santoro, nous emmène avec lui à travers les coulisses du palais des sports d'Atlantic City, arpentant les couloirs et discutant avec de nombreux protagonistes avec une verve pas piquée des hannetons.
Paramount
Un plan-séquence virtuose
Avec une précision d'orfèvre, la caméra de Brian De Palma suit le protagoniste et ne le lâche pas d'une semelle, dans un ballet orchestré de main de maître et parfaitement maîtrisé par Nicolas Cage, à l'aise comme jamais dans un rôle exubérant qu'il affectionne particulièrement.
Tout se goupille au millimètre près, du moindre passage d'un figurant à la plus petite des rotations de la caméra. Il s'agit sans aucun doute des 13 minutes les plus impressionnantes filmées par le maestro américain, tant sa virtuosité transpire à chaque seconde.
Pour Brian De Palma, l'idée de ce long plan en une seule prise (avec raccords cachés) a été mis en place pour immerger le spectateur dans l’univers de son personnage principal, Ricky Santoro. "Ce plan avait la même fonction et me permettait de montrer Rick Santoro dans son monde, dans son fief où tout lui réussit, ses relations avec les autres jusqu'à l'instant du meurtre", a indiqué le cinéaste lors d'un entretien avec Cédric Anger dans Les Cahiers du Cinéma.
"Les 15 premières minutes de Snake Eyes représentaient les 26 premières pages du scénario et nous les avons tournées en un seul plan à la steadicam. Je voulais montrer le monde du personnage", a poursuivi le metteur en scène.
Un monumental défi
Le tournage de cette séquence a été un véritable défi pour l'équipe du film. Le réalisateur a admis qu'elle avait été très difficile à faire techniquement car elle était tournée entièrement en intérieur, dans un endroit clos et non un décor construit pour les besoins du long-métrage.
En effet, l'intrigue se déroule principalement dans un grand casino (fictif), le Atlantic City Arena, qui abrite une arène de boxe où a lieu le combat central, un hôtel et casino labyrinthique, les coulisses, couloirs de sécurité et zones VIP.
Bien que l’histoire soit censée se dérouler à Atlantic City, une grande partie du tournage a été faite au Montréal Forum, au Québec, qui a été transformé pour représenter le complexe du casino.
"Tout le film se passe dans le casino parce que c'est la réalité d'un casino : tout est fait pour que vous restiez à l'intérieur, jour et nuit. Et plus vous restez, plus vous vous perdez. Il n'y a aucune trace de nature. Il n'y a que de l'artifice et de l'argent", a expliqué Brian De Palma.
Tout le film se passe dans le casino parce que c'est la réalité d'un casino : tout est fait pour que vous restiez à l'intérieur, jour et nuit. Et plus vous restez, plus vous vous perdez.
"Des scènes très découpées peuvent aussi être très dures à réaliser. La poursuite dans la station de métro Gare Centrale dans L'Impasse était difficile, quoique très découpée, car il fallait garder un même rythme dans chaque plan pour donner à la séquence les aspects d'un ballet", a conclu le cinéaste.
Si vous n'avez jamais vu Snake Eyes, on ne peut que vous conseiller de vous procurer cette fabuleuse pépite, disponible en VOD, DVD et Blu-ray !