Il a été Fougasse des Gendarmes, Pithiviers de la 7e Compagnie ou encore le frère de "Raoul" dans Les Tontons flingueurs, Jean Lefebvre était l'un des visages importants du cinéma français des années 60 à 90 et du théâtre, le plus souvent dans le registre comique. Mais parfois, ses choix ont pu un peu dérouter, et l'acteur s'en était expliqué pour les besoins d'un documentaire :
"Il faut que le public soit vraiment gentil..."
Gaumont
"J'ai tourné des bons films. Mais j'ai tourné énormément de navets, je pourrais avoir un potager immense de navets." Il poursuit :
"J'ai tourné des navets parce qu'il fallait gagner sa croûte. Je crois que j'ai tourné - j'en parlais à Verneuil l'autre jour - j'ai eu la chance extraordinaire de tourner avec les plus ringards du cinéma français ! Je ne donne pas de noms. J'ai tourné des bons films, avec Lautner, avec Lamoureux, mais j'en ai tourné des navets. C'est un miracle... Il faut que le public soit vraiment gentil pour que je puisse avoir la place que j'ai encore maintenant."
Jean Lefebvre n'a jamais caché avoir à payer plusieurs pensions alimentaires, devoir nourrir sa famille et combler son addiction au jeu. Du reste, de son propre aveu, il avait un physique à faire rire et pas celui d'un jeune premier, et on ne lui proposait souvent que des comédies, parfois ratées.
Des noms ? On en a peut-être...
Promo Cinema
On peut se risquer à tenter de trouver certains des "noms" que Lefebvre désigne comme des metteurs en scène de navets avec lesquels il a travaillé.
On peut penser à Richard Balducci, qui a eu l'idée originale du Gendarme de St Tropez et a tourné avec Lefebvre Prends ta Rolls et va pointer (1981) et N'oublie pas ton père au vestiaire (1982). On pense aussi à Daniel Daërt et à son Plein les poches pour pas un rond (1978), aux Borsalini de Michel Nerval (1980) ou au Chasseur de chez Maxim's et au Maestro signés Claude Vital.
Lefebvre a aussi raison de dire qu'il a tourné de bons films et, même dans ses navets, il y a souvent un petit quelque à prendre chez cet acteur qui savait parfaitement faire le regard tombant et user du rythme qu'il avait dans l'oreille (il a failli devenir chanteur) pour lancer ses répliques avec la meilleure drôlerie.