Il y a 21 ans, le 14 juillet 2004, les cinémas français projetaient Spider-Man 2, signé Sam Raimi. Une suite qui, contre toute attente, parvenait à dépasser le premier opus, déjà très apprécié. Ce deuxième volet offrait une immersion encore plus intense dans les tourments de Peter Parker, interprété par Tobey Maguire, tout en repoussant les limites du spectacle. Parmi ses moments forts, une scène d’action s’est imposée comme un sommet du genre, une scène encore citée aujourd’hui parmi les meilleures du cinéma super-héroïque.
Sans le succès fulgurant du Spider-Man de 2002, qui a ouvert les portes d’une nouvelle ère pour le genre, les super-héros n’auraient peut-être jamais occupé une telle place dans la pop culture. Sam Raimi y avait insufflé une vraie passion. Mais avec Spider-Man 2 deux ans plus tard, il affine son art : le personnage de Peter Parker devient plus humain que jamais, tiraillé entre ses responsabilités et ses désirs personnels.
L’un des piliers de ce film reste le formidable antagoniste : le Dr Octopus, brillamment incarné par Alfred Molina. Doté de tentacules mécaniques effrayants, il devient bien plus qu’un simple méchant mais une figure tragique, presque touchante. Et c’est avec lui que se déroule l’une des séquences les plus spectaculaires jamais filmées dans un long-métrage de super-héros.
Un duel inoubliable au sommet d’un métro new-yorkais
Au cœur de cette scène mythique, Spider-Man affronte Dr Octopus sur le toit d’un métro aérien. Le combat est féroce sur les wagons lancés à pleine vitesse. Pour empêcher son adversaire de le ralentir, Octopus détruit les commandes du train, le transformant en projectile incontrôlable. Le danger est total, les passagers sont en péril, et Spider-Man n’a d’autre choix que de se sacrifier pour les sauver.
Ce moment de bravoure est sublimé par une réalisation millimétrée : chorégraphie des combats, tension croissante, effets visuels percutants. Mais ce qui touche vraiment, c’est ce qui suit : un Spider-Man épuisé, inconscient et sans masque, est rattrapé de justesse par les passagers qu’il vient de sauver. Ils découvrent alors son visage : “C’est juste... Un gamin ! Pas plus âgé que mon fils” murmure l’un d’eux, bouleversé. Tous lui promettent de garder son secret, dans un élan de solidarité aussi simple qu’émouvant.
Redécouvrez la scène mythique ci-dessous :
Une scène culte mais difficile
Cette séquence du train n’a pas été simple à réaliser. Bob Murawski, monteur du film, a raconté dans une interview accordée à SlashFilm en 2024 que c’était à la fois la première scène qu’ils avaient commencé à développer et la dernière à avoir été finalisée. Sam Raimi lui aurait demandé de s’y consacrer des mois avant même le tournage. Avec le storyboarder Jeff Lynch, ils ont minutieusement préparé chaque étape.
“Sam m’a fait venir quelques mois avant le début du tournage pour travailler sur la scène du train. Je pense que c’était la première grande pièce de décor qu’ils avaient commencé à développer. C’était ça, et la scène de la salle d’opération avec Doc Ock. [...] Jeff Lynch [le storyboard artist, NDLR] et Sam avaient travaillé dessus, ensemble, quelques mois auparavant, réfléchissant sur la manière de concevoir la scène.”
“Les storyboards sont également utilisés pour des choses comme la budgétisation, ils ont donc décomposé le budget de la scène au fur et à mesure de son tournage, et ils dépassaient largement le budget”, a-t-il continué.
En effet, un tel niveau de détail a un coût : le budget initial prévu pour cette seule scène était de 12 millions de dollars. En fin de compte, elle en coûta presque 19, soit plus de 50% au-dessus de l’estimation. Une folie ? Peut-être. Mais le résultat est là : une scène devenue légendaire qui a élevé le genre et marqué toute une génération de spectateurs.
Spider-Man 2 est à revoir en streaming sur HBO MAX, tout comme son prédécesseur (également disponible sur Netflix) ainsi que sa suite.