Un amant, une femme adultère, un grand patron assassiné, un jeune couple avec peu de scrupules, tels sont les ingrédients d'Ascenseur pour l'échafaud, premier long métrage réalisé par Louis Malle, qui fera ensuite Au revoir les enfants, Zazie dans le métro ou Lacombe Lucien.
Janus
Julien Tavernier escalade un étage pour atteindre le bureau de son patron Simon Carala, et l'assassine froidement. Camouflant le crime en un suicide, il s'éclipse discrètement en effaçant toute trace de son passage... sauf la corde d'escalade, qu'il a oublié le long de la façade ! Tavernier retourne à l'intérieur, mais se retrouve bloqué dans la cabine d'ascenseur. Dans la précipitation, il a laissé ses clés sur le contact de sa voiture, et un jeune couple en profite pour se payer une petite escapade. Florence, l'épouse de Carala et amante de Julien, qui devait le retrouver après l'assassinat, part à sa recherche.
Pourquoi le regarder ?
Vous l'aurez compris, Ascenseur pour l'échafaud n'est pas un film conventionnel car il suit quatre histoires en parallèle qui vont parfois se croiser : d'un côté Julien (Maurice Ronet) coincé dans son ascenseur, Florence (Jeanne Moreau) qui le cherche dans Paris, le couple (Georges Poujouly et Yori Bertin) qui va vivre des événements assez intenses et l'enquête policière sur le meurtre de Carala (Lino Ventura et Charles Denner).
Le réalisateur Louis Malle a l'originalité de tenter un film noir dans la plus pure tradition du genre, tout en chamboulant ces codes par les marques de la Nouvelle vague, alors balbutiante : musique jazz (signée Miles Davis), cinéma vérité (tournage dans les rues du vrai Paris), dialogues très littéraires dans la bouche des personnages principaux... Tout est réuni pour faire une œuvre unique, et c'est le cas, et elle attirera tout de même un peu moins de 2 millions de personnes dans les salles à sa sortie.
Ce soir sur France 5 à 21h
La bande-annonce d'"Ascenseur pour l'échafaud" :