En 1990, Paul Verhoeven, le hollandais furieux, nous offrait un monument de la science-fiction : Total Recall ! Tiré d'un roman du célèbre Philip K. Dick, le film avec Arnold Schwarzenegger a connu un joli succès, récoltant 261 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 65 millions.
Total Recall 2 en marche ?
Ce succès donne alors des idées de suite au studio Carolco, mais la fin de Total Recall n'ouvre pas vraiment de portes pour cela. Paul Verhoeven trouve alors l'illumination : pourquoi ne pas se servir d'une autre histoire de Philip K. Dick et mélanger les deux univers et pour construire un second opus ?
"Nous possédions déjà auparavant chez Carolco les droits d’un récit analogue de Philip K. Dick et pensions évidemment à Arnold Schwarzenegger. Les scénaristes devaient être Gary Goldman et Ron Shusett", a révélé le réalisateur dans sa biographie écrite par Rob Van Scheers, parue le 27 juin dernier (Paul Verhoeven Une vie de cinéaste, aux éditions Forges de Vulcain).
Ce récit dont parle le metteur en scène, c'est bien évidemment Minority Report, finalement adapté par Steven Spielberg en 2002.
"Total Recall 1 tourne autour de la question : est-ce un rêve ou la réalité ? Total Recall 2 se demanderait : votre vie future est-elle déjà définie, et, si vous connaissez cet avenir, pouvez-vous ou non le changer ? – la prédestination. On trouve évidemment des éléments de Terminator là-dedans. Un angle de vue philosophique, mais Spielberg trouvait probablement cela trop compliqué, car il a opté pour la formule du thriller.", a expliqué Paul Verhoeven.
Total Recall 1 tourne autour de la question : est-ce un rêve ou la réalité ? Total Recall 2 se demanderait : votre vie future est-elle déjà définie, et, si vous connaissez cet avenir, pouvez-vous ou non le changer ?
À l'époque, avant que le studio Carolco ne mette la clé sous la porte en 1995, Total Recall 2 devait être à la fois une suite et une adaptation de Minority Report. Douglais Quaid, campé par Arnold Schwarzenegger, devait en être le personnage principal, à la place de John Anderton. Le héros aurait donc été le chef de Précrime sur Mars. Quant aux précogs, capable de prédire l'avenir pour empêcher les crimes futurs, ils auraient été des martiens mutants.
Le K. Dick Cinematic Universe ?
"Entre-temps, nous avions perdu notre option à la suite de la faillite de Carolco fin 1995", a exposé Paul Verhoeven. "Gary Goldman et Jan de Bont [réalisateur de Speed] ont fait parvenir le projet à Spielberg et Jan a aussi été l’un des producteurs de Minority Report. Je crois que l’idée originale de Total Recall 2 était quand même plus excitante", a-t-il soutenu.
"Mais bon, ça n’a pas marché. C’est finalement devenu Minority Report de Spielberg, en 2002, avec un rôle principal pour Tom Cruise", a conclu le réalisateur hollandais, connu pour Basic Instinct, Starship Troopers, Elle ou Benedetta.
Toutefois, avant que Spielberg ne récupère le bébé, Jan de Bont souhaitait absolument mettre en scène Minority Report. Il a finalement été évincé du projet par le studio 20th Century Fox (qui avait racheté les droits du livre de Philip K. Dick) à cause des échecs successifs de Speed 2 et Hantise.
De son côté, Tom Cruise est tombé amoureux du roman pendant le tournage d'Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Ça tombe bien, lui et Spielberg cherchaient le projet idéal pour une première collaboration.
L'acteur envoie donc le livre au metteur en scène ; ce dernier, sous le charme, acceptera de se charger de la réalisation. Cette décision met un point final à l'idée d'un univers connecté Philip K. Dick dont rêvait Paul Verhoeven.