Tout le monde se souvient de cette réplique de western : depuis 59 ans, elle résonne comme l'une des meilleures prononcées par un méchant
Corentin Palanchini
Il aime les superbes paysages (Ford), les sales gueules et les BO de Morricone (Leone), les héros indomptables (Hawks), les rebelles (Sollima), les solitaires (Eastwood), les délires (Les Mystères de l’ouest), la guerre de Sécession (The Good Lord Bird, Glory) et l'héritage de tout ça (Yellowstone).

Retour sur cette phrase mythique prononcée dans l'un des meilleurs westerns de tous les temps : "Le Bon, la Brute et le Truand".

"Le monde se divise en deux catégories", "Quand on tire, on raconte pas sa vie", "Celui qui me fait une entourloupette et me laisse la vie sauve, c’est qu’il a rien compris au señor Tuco" ! Les répliques culte fusent dans Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, mais celle qui suit mérite vraiment que l'on s'y attarde.

Prononcée deux fois par l'acteur Lee Van Cleef lors de la présentation de son personnage de "Brute", elle en dit long à plus d'un titre et elle est devenue aussi mythique que le film.

Lee Van Cleef (la Brute) MGM
Lee Van Cleef (la Brute)

Au début du film, un pistolero (Van Cleef) se rend chez un certain Stevens et lui fait avouer qu'il a reçu la visite d'un nommé Jackson, qui se fait désormais Bill Carson. Ensemble, ils ont discuté d'une caisse de dollars qui fait de l'œil à la fois à ce pistolero et à son employeur, Baxter. Stevens décide de payer le pistolero pour qu'il abatte Baxter. Le tueur accepte l'argent mais abat tout de même Stevens et sa famille. Pourquoi ? Parce qu'il a pour devise cette réplique devenue célèbre :

“Je finis toujours le travail pour lequel on me paye”

Une réplique assassine à plus d'un titre, et qu'il prononce à nouveau, cette fois en se rendant chez son employeur, le dénommé Baxter. Ce dernier remercie le tueur - dont on apprend qu'il s'appelle Sentenza - de l'avoir débarrassé de Stevens et de revenir avec l'information qu'il convoitait. Sauf que Sentenza, en bon professionnel, finit toujours le travail pour lequel on le paye. Ayant reçu l'argent de Stevens pour abattre Baxter, il le descend en lui mettant son oreiller sur la tête.

Cette réplique pose à la fois ce personnage qui est le mal incarné - on le verra assister sans sourciller au passage à tabac de Tuco (Eli Wallach) et prêt à tout pour atteindre ses objectifs de mettre la main sur le trésor confédéré - et décrit parfaitement sa fourberie. Car de là à penser que cet adage permet à Sentenza de s'acheter une bonne conscience pour abattre quiconque se trouve sur son passage tout en mangeant à tous les râteliers, il n'y a qu'un pas.

Le Bon, la brute et le truand
Le Bon, la brute et le truand
Sortie : 8 mars 1968 | 3h 00min
De Sergio Leone
Avec Clint Eastwood, Eli Wallach, Lee Van Cleef
Presse
4,1
Spectateurs
4,5
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Cette simple phrase bien sentie révèle que Sentenza n'est pas qu'une fine gâchette, il est sans scrupule et machiavélique, capable de manipuler les uns contre les autres pour se faire payer des meurtres qui arrangent bien ses affaires et finalement arriver à ses fins en touchant le gros lot. Le tout avec un sourire carnassier aux lèvres alternant avec un regard noir comme la mort... Une ordure de cinéma, une vraie !

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