Quentin Tarantino, souvent critique sur le genre des films de zombies, a retrouvé un nouvel enthousiasme grâce à un long-métrage venu de Corée du Sud : Dernier train pour Busan.
L’horreur au cinéma recouvre une multitude de styles : des slashers sanglants aux histoires de fantômes, en passant par les démons, vampires et bien sûr, les zombies. Pourtant, quand un sous-genre devient trop dominant, il peut vite lasser le public, et même les plus grands cinéastes. On se souvient notamment des vagues successives de remakes japonais, puis des explosions de films de vampires ou de morts-vivants.
Le phénomène zombie, en particulier, a connu un regain massif depuis 2010, porté par le succès de la série The Walking Dead. Cependant, cette surabondance a également engendré une certaine fatigue. Quentin Tarantino, célèbre réalisateur passionné de cinéma, faisait partie de ceux qui commençaient à se désintéresser du genre… jusqu’à ce qu’il découvre Dernier train pour Busan (2016).
Pour ceux qui ne connaissent pas encore, ce film raconte l’histoire d’un père divorcé, interprété par Gong Yoo, et de sa fille, jouée par la jeune prodige Kim Su-an, dont la relation est tendue. Ils se retrouvent piégés dans un train à grande vitesse alors qu’un virus contagieux transforme la population en zombies affamés, semant le chaos dans le pays.
Réalisé par Yeon Sang-ho, ce long-métrage se distingue par son intensité émotionnelle et son approche renouvelée du genre. Le réalisateur reprend les codes habituels des films de zombies mais les transcende grâce à une mise en scène brillante et une narration poignante. Le résultat est aussi spectaculaire que touchant, ce qui n’est pas évident dans un film où la menace principale est une horde de morts-vivants.
Avec une note de 4,1 sur 5 attribuée par les spectateurs d’AlloCiné, Dernier train pour Busan est souvent cité comme l’un des meilleurs films de zombies jamais réalisés. En plus de Gong Yoo et de la jeune Kim Su-an, le casting inclut aussi Jung Yu-mi, Ma Dong-seok et Choi Woo-sik, tous salués pour leurs performances.
Lors d’un épisode du podcast “History of Horror”, Quentin Tarantino n’a pas caché son admiration pour le film. Malgré son scepticisme envers le genre, il a confié avoir été complètement captivé : “J’adore Dernier train pour Busan, je l’ai d’ailleurs montré à quelques amis à Tel-Aviv qui ne l’avaient jamais vu auparavant. Et l’un d’eux m’a dit : ‘Je ne sais pas si j’ai déjà vu un film d’horreur aussi intense.’”
Et pour l’anecdote, un autre maître, en la personne de Guillermo del Toro, a également adoré le film, comme il l’a dévoilé sur son compte X (anciennement Twitter) : “Dernier train pour Busan est un exercice de virtuosité, d’humanisme et de méditation, de pure terreur, à vous couper le souffle. À voir !”
“J’avais tort”
Pour en revenir à Quentin Tarantino, ce dernier a décrit le virus du film non pas comme une simple maladie, mais comme une sorte d’arme neurotoxique, qui tue puis ressuscite, et a évoqué la scène emblématique où le père court en portant sa fille, poursuivi par une foule de zombies, accompagnée d’une musique battante qui crée une montée d’adrénaline pure. Ce moment a changé sa perception du genre à jamais.
“Ce n’est pas une maladie, c’est comme un gaz neurotoxique. C’est une arme. Une arme qui vous tue puis vous réanime. Rien que cette image du père qui court, portant la petite fille, avec, semble-t-il, un millier de personnes infectées qui le poursuivent, presque sur ses arrières, avec cette musique ‘boum boum boum boum boum’, c’est juste de l’adrénaline totale. Quand Dernier train pour Busan est sorti, je me suis dit : ‘Je ne peux pas regarder un autre film de zombies ou de personnes infectées, je ne peux plus le faire’. Et j’avais tort.”
Toutefois, il tempère son enthousiasme en critiquant la suite autonome du film, Peninsula (2020), qu’il considère comme une déception, un mélange raté de Dernier train pour Busan et de Mad Max : Fury Road. Mais pour lui, le film original reste un chef-d’œuvre incontestable – et on ne peut qu’approuver.
Écoutez les éloges de Quentin Tarantino à propos du film dans la vidéo ci-dessous :
Dernier train pour Busan est à absolument (re)découvrir en VOD.