Après l'échec de La Piste des géants qui devait le lancer en tant que star et tête d'affiche, John Wayne se retrouve un peu désemparé. Seuls les petits studios commencent à voir dans ce grand acteur d'1,93 m ce que Raoul Walsh avait perçu en le mettant à la tête de son western.
Twentieth Century Fox
Résultat : John Wayne se retrouve sous contrat avec des studios qu'on appelle les "Powerty Raw" (indiquant qu'ils sont très pauvres). Et en 1933, l'un d'entre eux, Paul Malvern Productions, décide de se lancer dans le "western chantant", genre qui commence à peine à émerger.
Le premier d'entre eux sera Les Cavaliers du destin, dans lequel il interprète "Singin' Sandy", puis viendront L'Homme de l'Utah (1934), Westward Ho et Lawless Range (1935), tous mis en scène par Robert N. Bradbury.
"Quand je faisais des apparitions publiques..."
John Wayne ne chante pas très bien, mais accepte de mimer les paroles et se faire doubler pour le chant comme pour la guitare dont il ne sait absolument pas jouer. Mais un problème va se poser qui va le faire changer d'avis, comme il le racontait des années plus tard au micro de la BBC en 1969 :
"Je me suis lassé de [chanter] dans les films. En pleine poursuite, je devais m'arrêter au creux d'un arbre et jouer de la guitare ! Et quand je faisais des apparitions publiques au studio ou aux cinémas, les enfants me demandaient de chanter. Je suis donc allé voir le patron et je lui ai dit : 'Je pense que j'ai assez chanté'. Il est donc allé voir le chanteur hillbilly le plus populaire de l'époque pour continuer ce genre-là avec lui, et c'était Gene Autry. Il a débuté comme ça."
En arrêtant de chanter, il a lancé une star
CBS / Capture d'écran
Et voilà comment Wayne a non seulement arrêté de chanter, et lancé indirectement la carrière de l'un des plus célèbres cowboys chantants du cinéma. Gene Autry, homme d'affaires avisé, fera fortune. Après avoir tourné près de 100 films en neuf ans de cinéma, il deviendra patron de chaîne de télé et de plusieurs radios, d'une équipe de baseball.
Quant à Wayne, il tournera des petits rôles jusqu'à ce qu'un autre réalisateur de renom ne vienne le tirer de ses westerns de série B. Ce sera John Ford et La Chevauchée fantastique, qui l'iconisera et relancera sa carrière.