En 2000, alors que le succès de Matrix battait encore son plein, Carrie-Anne Moss se lançait dans une nouvelle aventure interstellaire. Mais contrairement au chef-d’œuvre des Wachowski, ce projet au budget colossal n’a laissé aucune trace durable dans l’imaginaire collectif. Le film en question ? Planète rouge, un échec cuisant malgré un casting prometteur et une ambition affichée.
L’année précédente, Matrix avait bouleversé le paysage du cinéma : un scénario novateur, une esthétique iconique et des personnages marquants, incarnés par Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne ou encore Hugo Weaving, avaient propulsé la science-fiction au sommet. Le public en redemandait.
Dans ce contexte, Planète rouge semblait avoir toutes les cartes en main : une star montante de la SF, un cadre spatial fascinant, un budget confortable de 80 millions de dollars – soit 17 millions de plus que Matrix. Pourtant, le résultat a été tout autre. Le film n’a récolté que 33 millions au box-office mondial, s’enfonçant rapidement dans l’oubli.
Des faiblesses criantes
Réalisé par Antony Hoffman – dont ce fut d’ailleurs la seule incursion derrière la caméra pour le cinéma – Planète rouge n’a jamais trouvé son public. Malgré la présence de Val Kilmer aux côtés de Carrie-Anne Moss, le film n’a ni séduit les spectateurs, ni convaincu les critiques. Les notes ont été sans appel : 14% de critiques positives sur Rotten Tomatoes, 34/100 sur Metacritic et une moyenne spectateur qui dépasse à peine la moyenne sur diverses plateformes (1,9 sur 5 chez nous…).
Et pourtant, le pitch avait de quoi intriguer : en 2057, alors que la Terre devient de plus en plus inhospitalière, une équipe scientifique est envoyée sur Mars pour évaluer la viabilité d’un projet de colonisation. Mais ce qui aurait pu devenir un thriller futuriste haletant s’enlise rapidement dans des rebondissements peu inspirés, des effets numériques datés et un scénario qui manque de profondeur.
The Canton Company
Carrie-Anne Moss, dans le rôle d’une commandante de vaisseau déterminée et charismatique, livre une performance solide, mais elle ne peut à elle seule porter un film aussi déséquilibré.
L’ombre de Matrix et la saturation martienne
Le problème de Planète rouge ne résidait pas uniquement dans ses défauts internes. Il a aussi souffert d’un contexte défavorable. Quelques mois plus tôt, Mission to Mars mettait déjà en avant la planète rouge sur grand écran – sans rencontrer un immense succès non plus. Résultat : le public, peut-être lassé ou peu convaincu par ces missions martiennes, tournait plutôt son regard vers des univers plus conceptuels comme celui de Matrix, qui explorait les limites de la réalité avec brio.
Des films comme Passé virtuel ou Planète rouge, nés du mouvement lancé par Matrix, n’ont pas su capter cette même magie. À l’époque, les spectateurs semblaient davantage attirés par les mondes numériques que par les paysages désertiques de Mars.
The Canton Company
Un échec retentissant, tombé dans l’oubli
Aujourd’hui, plus de 2 décennies plus tard, Planète rouge fait partie de ces films que même les amateurs de science-fiction ont du mal à se remémorer. Malgré son ambition et son casting, il reste comme un rappel que le succès dans le genre ne s’achète pas avec des millions : il se construit avec une vision forte, une exécution soignée et surtout, une vraie originalité.
Si vous souhaitez malgré tout vous forger votre propre opinion et surtout retrouver Carrie-Anne Moss, Planète rouge est disponible en VOD.
Sinon la saga Matrix, elle est à revoir dans son intégralité sur HBO Max.