Si la saga cinématographique Transformers, tirée des célèbres jouets de Hasbro, s’est imposée comme une véritable machine à générer des milliards, tout n’a pas toujours aussi bien marché pour le géant du jouet. Il existe aussi des projets qui, malgré les meilleures intentions, sombrent dès leur sortie… et parfois avec fracas.
Aujourd’hui, la durée de vie d’un film en salles est plus incertaine que jamais. Là où un long-métrage restait autrefois projeté pendant plusieurs semaines, voire des mois, la réalité actuelle est bien plus brutale. Un film à succès peut effectivement rester longtemps à l’affiche, soutenu par un bouche-à-oreille positif et une distribution élargie. Mais à l’inverse, une sortie ratée peut être écourtée de façon radicale. En particulier aux États-Unis, où les studios n’hésitent plus à retirer rapidement les titres peu performants pour basculer vers le streaming.
L’un des exemples les plus frappants de ces dernières années est le film Jem et les Hologrammes, réalisé par Jon M. Chu (Wicked, Crazy Rich Asians), sorti en 2015 outre-Atlantique, puis en 2016 en France. Cette adaptation libre du dessin animé culte des années 1980 – à l’origine conçu pour vendre des poupées – n’a pas du tout trouvé son public. Au lieu de reprendre l’esthétique colorée et fantaisiste de la série d’origine, le réalisateur a choisi une approche plus ancrée dans le réel, modernisant l’univers pour en faire une version plus sobre.
Un fiasco presque historique
Le résultat ? Un échec retentissant. Exploité sur plus de 2 400 écrans aux États-Unis, le film n’a rapporté que 2,18 millions de dollars. À l’étranger, c’est encore plus désastreux : moins de 150 000 dollars récoltés. Avec de tels chiffres, Jem et les Hologrammes est devenu l’un des plus gros flops de l’année 2015, et figure parmi les pires démarrages de l’histoire pour un film distribué aussi massivement.
Face à cette débâcle, Universal Pictures a pris une décision rare : retirer le film des salles au bout de deux semaines seulement. Une manœuvre presque inédite, comme l’expliquait un analyste au site Business Insider : “Les chaînes de cinéma sont contractuellement tenues de conserver un film pendant deux semaines après sa réservation. Cependant, durant toute ma carrière d’analyste, je n’ai jamais vu un studio arrêter de produire des rapports après deux semaines. C’est sans précédent et cela montre à quel point ce film a échoué.”
Heureusement pour le studio, le budget était relativement modeste : 5 millions de dollars, auxquels s’ajoute une campagne marketing peu coûteuse. Si l’humiliation est réelle, l’impact financier reste limité.
Dans un contexte où les échecs ne pardonnent plus, cette mésaventure illustre bien la volatilité du marché du cinéma. Même avec une marque connue et une série animée bien aimée comme source d’inspiration, rien ne garantit le succès en salle. Et parfois, un film disparaît aussi vite qu’il est apparu…
Jem et les Hologrammes est disponible en VOD.