En plus d'avoir très bon goût en matière de films, Sharon Stone est connue pour ne pas avoir la langue dans sa poche, et lorsqu'il s'agit de parler de projets dans lesquels elle a été impliquée, on peut être sûrs qu'elle va l'évoquer avec franchise, peut-être même un peu trop pour les autres personnes concernées.
Il y a un exemple de ce franc-parler dans l'ouvrage Paul Verhoeven, une vie de cinéaste, lorsque l'auteur du livre mentionne à l'actrice que le film Showgirls, signé Paul Verhoeven, allait loin dans la transgression, la réponse de Sharon Stone est claire et nette :
"Ce film était une merde"
Carolco Pictures
"Oui, mais j’ai trouvé que ce film était une merde. J’ai supplié Paul de ne pas le faire. J’ai invité personnellement le directeur du studio Carolco, Mario Kassar, et lui ai servi du pain de viande fait maison pour lui parler et le dissuader de financer Showgirls, car je sentais bien que le film nuirait énormément et inutilement à la carrière de Paul."
Dans Showgirls, on suit Nomi Malone débarquant à Las Vegas afin de devenir showgirl. Mais de galère en galère, elle entrevoit la noirceur du monde la nuit dans la "ville du péché". Verhoeven et son scénariste de Basic Instinct Joe Eszterhas se lancent dans le projet avec l'idée d'un film interdit aux moins de 17 ans où toute liberté sera prise sur la nudité et le sexe.
"J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir"
Carolco Pictures
"J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour miner Showgirls, mais ça n’a servi à rien. Une grosse erreur. Mais c’est Paul aussi, n’est-ce pas. Dans la transgression, il a parfois tendance à vouloir en faire trop."
La star de Basic Instinct avait vu juste, car la critique américaine de l'époque assassine le film dès son avant-première en 1995, et son échec en salles est terrible. En fin d'exploitation, Showgirls totalise 20 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget de 45 millions. Un sacré bouillon pour le producteur de Carolco Pictures qui subira la même année le four L'Île aux pirates, qui lui fera mettre la clé sous la porte.
Sharon Stone (comme Madonna) avait été envisagées pour le rôle de Nomi Malone, mais refusera évidemment le rôle vu son avis sur le projet, et Elizabeth Berkley, de la série Sauvés par le gong sera finalement choisie. L'échec du film aura raison de sa carrière au cinéma en vedette, et atteindra celle de Verhoven, à qui on ne laissera plus jamais autant carte blanche que sur ce projet maudit.