Noté 4 sur 5, c'est l'un des meilleurs westerns de John Wayne... 69 ans après, cette réplique à la fin du film n'a rien perdu de sa puissance
Corentin Palanchini
Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

Parmi les répliques incontournables du western, il y a cette phrase prononcée par John Wayne à la fin de "La Prisonnière du désert", qui en dit beaucoup plus que ce que l'on imagine.

Si le western possède une galerie de répliques culte, du steak de Liberty Valance à la phrase finale des Sept mercenaires, il y a en peu qui peuvent rivaliser avec celle prononcée par un John Wayne ému à la fin de La Prisonnière du désert.

Onzième collaboration entre l'acteur et John Ford, The Searchers de son titre VO est l'un des classiques du western, voire LE classique parmi les classiques.

Une réplique puissante à la fin du film

La Prisonnière du désert
La Prisonnière du désert
Sortie : 8 août 1956 | 2h 00min
De John Ford
Avec John Wayne, Natalie Wood, Jeffrey Hunter
Presse
4,6
Spectateurs
4,0
louer ou acheter

On y suit entre autres la quête de Ethan Edwards (John Wayne) et de sa petite troupe à la recherche de sa nièce disparue, enlevée par un groupe de Comanches. Edwards est un personnage sombre, sans doute le plus sombre de la carrière de Wayne, un antihéros raciste détestant les Natives.

Après des années de recherches infructueuses, Ethan retrouve la trace de sa nièce Debbie (Natalie Wood), qui a été enlevée depuis si longtemps qu'elle a adopté les coutumes comanches et n'est plus intéressée par retourner auprès de sa famille d'origine. Dès lors, il y a une scène glaçante où Ethan, réalisant que Debbie est devenue une Indienne à part entière, sort son arme pour la tuer ! Martin, qui fait partie de l'expédition (joué par Jeffrey Hunter) s'interpose, et les tensions montent. L'oncle a failli assassiner sa nièce !

A la fin du film, après moult péripéties, lorsque Ethan rattrape Debbie, qui tente par tous les moyens de lui échapper, il l'attrape sans ménagement, on imagine qu'il va enfin pouvoir la tuer comme il s'est visiblement promis de le faire, on retient son souffle et, la voyant dans ses bras, Ethan lâche simplement :

“Partons, je te ramène à la maison”

Warner Bros.

Cette réplique relâche une pression quasi constante depuis tout le film, et rassure le public sur le destin réservé au personnage de Debbie. Surtout, elle montre en une phrase qu'Ethan vit une prise de conscience. En un instant, il réalise qu'il ne tient plus dans ses bras une Indienne qu'il voulait tuer mais sa nièce, qu'il a toujours connu et qu'il aime, peu importe ses choix de vie. En la ramenant aux siens vivante, il fait œuvre de rédemption.

Cela ne rachètera toutefois pas l'horrible personne qu'il a été, cela aurait été trop facile. En assistant aux retrouvailles de la famille, et sa mission terminée, Ethan repart seul vers le désert. La porte de la maison familiale se referme sur lui. Il est dehors, et extérieur à la notion de famille. Son coeur est-il trop noir ? Fin du film, l'un des plus brillants de John Ford et de John Wayne.

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet