A chaque acteur ses échecs au box-office, et Jean Gabin ne fait pas exception. Il arrive même que le film soit excellent mais bide quand même à sa sortie en salles. Dans une interview donnée sur le tournage du film La Horse de Pierre Granier-Deferre (1970), Gabin rappelait ainsi que l'un de ses meilleurs films avait connu un triste destin à sa sortie :
Un classique noté 4,1 sur 5 sur AlloCiné
Les Films Vog
"J'ai fait un film juste avant la guerre qui maintenant passe pour un grand classique du cinéma et qui à l'époque a été un bide noir : ça s'appelait Le Jour se lève. Le Jour se lève n'a pas marché. Parce qu'il y avait des retours en arrière, des flashbacks, les gens n'aimaient pas ça. Et maintenant, les gens disent que c'est un des classiques du cinéma. Alors on l'a fait trop tôt, c'est tout..."
Dans Le Jour se lève, Jean Gabin incarne François, un ouvrier sableur, qui assassine un certain Valentin et se retranche dans son appartement, cerné par la police. Commence alors effectivement un long flashback (nous sommes avant Citizen Kane, parfois considéré à tort comme l'inventeur de la technique) pour comprendre comment François en est arrivé là.
Un bide resté dans les annales
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Comme s'en rappelle très bien Gabin 31 ans après, les critiques de l'époque ne sont pas vraiment clémentes avec le film à sa sortie, et Le Jour se lève, d'une noirceur terrible, sera bel et bien "un bide". Sorti trois mois avant l'entrée en guerre de la France en juin 1939, il écope d'une interdiction aux moins de 16 ans en raison de son côté "démoralisant" et en décembre de la même année, il est carrément interdit.
Cité dans la biographie de Gabin par André Brunelin, le réalisateur Marcel Carné a la vista de déclarer que le film restera, et il ne s'était pas trompé.
le Jour se lève est bien considéré comme un classique du cinéma français des années 30, au même titre que d'autres films avec Jean Gabin tels que Pépé le moko, La Grande Illusion, Le Quai des brumes ou La Bête humaine.