C’est l’un des meilleurs films de survie : il y a 14 ans, il a retourné l’estomac de millions de gens
Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

Eprouvant et angoissant, ce long-métrage sorti en 2011 a mis une claque à des millions de spectateurs. Tiré d'une perturbante histoire vraie, ce film est l'un des meilleurs sur le thème de la survie en milieu hostile.

En 2011, Danny Boyle mettait nos nerfs à rude épreuve dans un long-métrage sous tension absolument éprouvant : 127 heures. Tiré d'une ahurissante histoire vraie, le récit nous emmène en avril 2003. Aron Ralston, jeune homme de 27 ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah.

127 heures
127 heures
Sortie : 23 février 2011 | 1h 34min
De Danny Boyle
Avec James Franco, Amber Tamblyn, Kate Mara
Presse
3,2
Spectateurs
3,8
Disponible sur HBO MAX

Survivre dans un trou

Il est seul et n’a prévenu personne de son excursion. Alpiniste expérimenté, il collectionne les plus beaux sommets de la région. Pourtant, au fin fond d’un canyon reculé, l’impensable survient : au-dessus de lui un rocher se détache et emprisonne son bras dans le mur de rocaille. Le voilà pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, en proie à des hallucinations.

Il parle à son ex petite amie, sa famille, et se demande si les deux filles qu’il a rencontrées dans le canyon juste avant son accident seront les dernières. 5 jours plus tard, comprenant que les secours n’arriveront pas, il va devoir prendre la plus grave décision de son existence : se couper lui-même son bras pour se délivrer de sa prison de roc.

Avec 127 heures, Danny Boyle réussit l'exploit de nous tisser un huis clos en pleine nature sauvage, avec un homme perdu luttant pour sa survie. Et quand on sait que cette histoire est basée sur des faits réels, on ne peut qu'être subjugué ! James Franco livre une performance exceptionnelle, récompensée par une nomination à l'Oscar du Meilleur acteur en 2011.

Cloud Eight Films
"Y'a quelqu'un ?!"

Une expérience intense

Frappé par le livre d'Aron Ralston "Plus fort qu'un roc", Danny Boyle a rapidement eu une idée très claire du film qu'il voulait faire. Le but du cinéaste était de faire vivre l'intensité de l'expérience au spectateur, utilisant pour cela une caméra subjective, au plus près du personnage.

Néanmoins, le metteur en scène souhaitait en même temps faire saisir au public la dimension intérieure de cette histoire. "Je voulais conduire les gens au fond du canyon avec Aron et ne plus les lâcher jusqu’à ce que lui-même s’en sorte", expliquait-il au pendant la promotion du film.

"Bien sûr, je voyais dans ce sujet une extraordinaire leçon de survie en pleine nature dans des circonstances extrêmes, mais je crois qu’il y a aussi une autre dimension à cette histoire qui surprendra les gens. (Ce qui m’intéressait, c’était aussi cette force vitale dans laquelle il a puisé", a poursuivi le réalisateur.

"Cette force impalpable qui nous réunit tous. Et quand Aron, qui semble seul et loin de tout dans son trou, est ramené vers l’idée de vivre parmi les hommes, de réintégrer la communauté, il se passe quelque chose de très fort", a indiqué Danny Boyle.

Authenticité saisissante

Au départ du projet, Aaron Ralston n'avait pas encore bien saisi les intentions du cinéaste, mais il a choisi de lui faire confiance. "Travailler avec Danny Boyle a été une expérience phénoménale. Il est extrêmement perspicace et d’une grande créativité et il a aussi été très sensible à ce que cette histoire a de personnel pour moi. Que ce soit dans les différentes réécritures ou à travers des rencontres et des entretiens avec les acteurs, il m’a impliqué plus que je ne l’aurais rêvé," a confié Ralston.

Pendant tout le film, le spectateur reste coincé dans ce gouffre avec le héros, souffrant avec lui, luttant de toutes ses forces pour parvenir à survivre. Cette approche hyper réaliste en fait l'une des oeuvres de survie les plus intenses et les plus passionnantes du cinéma.

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Afin de coller le plus possible à la réalité des faits, Danny Boyle a mis à contribution chaque détail qu'Aron Ralston pouvait lui fournir. L'équipe de 127 heures a ainsi eu le privilège de visionner les vidéos testaments faites par le sportif alors qu'il était pris au piège, grâce à une caméra qui a d'ailleurs été réutilisée pour reproduire ces mêmes vidéos dans le film.

"Nous voulions respecter fidèlement la réalité de ce qu’a vécu Aron quand il est resté prisonnier. Nous avons donc repris l’équipement exact qu’il avait dans son sac à dos, la quantité précise d’eau dont il disposait, la qualité de la lame de son couteau, le moindre élément de sa stratégie. Nous sentions que nous ne pouvions pas nous permettre d’être légers avec ces données", a indiqué le producteur Christian Colson.

Immense défi pour James Franco

Par ailleurs, malgré des conditions de tournage éprouvantes et le défi émotionnel que représentait un rôle sans véritable vis-à-vis, le personnage a immédiatement été perçu comme attirant par James Franco. L’acteur a expliqué que l’un des éléments qui l’avaient convaincu de participer au film résidait dans sa structure.

Le récit se développe grâce à une accumulation de petits moments intimes, semblables à ceux que chacun peut expérimenter lorsqu’il se retrouve totalement seul. Il avait senti en lui une capacité instinctive à comprendre cette solitude profonde, comme une source intérieure à laquelle il pourrait puiser.

Pour se préparer, le comédien s’est vu raconter l’histoire dans les moindres détails par Aron Ralston lui-même. Ce dernier lui a même montré comment certaines positions avaient été tenues durant les longues heures d’immobilité, allant jusqu’à lui faire reproduire la manière dont il avait saisi le couteau au moment de l’amputation.

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Une randonnée a également été effectuée ensemble afin de mieux s’imprégner de l’expérience vécue. Pour autant, Franco n’a jamais envisagé son interprétation comme une simple imitation. L’idée d’une reproduction physique fidèle de Ralston avait été écartée dès le départ.

Selon lui, le réalisateur Danny Boyle cherchait avant tout à atteindre une vérité émotionnelle, à retranscrire l’intensité de cette situation extraordinaire. Il ne s’agissait donc pas de copier une personne réelle, mais plutôt d’incarner une expérience profondément humaine et universelle.

Si vous avez envie de (re)voir 127 heures, bien au chaud sous votre plaid, le bras coincé sous un oreiller (et non d'un énorme caillou), le film est disponible sur les plateformes HBO Max et Paramount+.

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