Un phénomène animé made in France
Depuis le début des années 2000, les séries d’animation françaises ont le vent en poupe et parviennent à séduire, en France comme à l’étranger, un public éclectique composé de petits comme de plus grands. Succédant à des mastodontes tels que Code Lyoko ou Wakfu, une création franco-coréo-japonaise s’est notamment imposée sur tous les écrans : Miraculous.
Diffusée depuis 2015 sur TF1, Miraculous : Les Aventures de Ladybug et de Chat Noir est parvenu à toucher un large panel de spectateurs en ajoutant à une recette à succès des ingrédients modernes, particulièrement novateurs. En effet, c’est désormais en plein Paris que des adolescents aux adorables amourettes se changent en justiciers costumés pour combattre de terribles menaces. Exit les gratte-ciel, les affrontements ont désormais lieu à Notre-Dame, en plein cœur du Louvre ou encore sur les quais de Seine.
Miraculous Corp.
Sans renier ses influences, nippones notamment, Miraculous affirme fièrement son A.D.N français, jusque dans les méthodes de travail de ses studios, assez inédites. En effet, celles-ci se différencient dès l’écriture des épisodes, en ateliers, là où les scénaristes de série d’animation préfèrent généralement travailler reclus.
“J’écris avec mes auteurs chaque semaine, depuis maintenant quatorze ans, raconte le directeur d’écriture Sébastien Thibaudeau. C’est assez rare dans l’animation, car les auteurs sont souvent des moines, qui travaillent de manière individuelle. Là, c’est un atelier : cinq personnes sont rassemblées dans une pièce, cinq cerveaux fonctionnent au même moment, rebondissent sur leurs propres idées…” Et Thomas Astruc, le créateur de la série, de renchérir : “Ce qu’il oublie de vous dire, c’est que personne d’autre dans le monde n’est capable de faire ça ! (rires) Aux États-Unis comme au Japon, ils n’y arrivent pas.” Jérémy Zag, co-créateur et producteur de la série, et Nathanaël Bronn, directeur artistique, opinent du chef : tous travaillent sur le projet depuis ses prémices et connaissent la valeur de leurs équipes, rodées au travail.
Au terme de ces ateliers d’écriture, qui s’étendent généralement sur une durée de trois jours par épisode, les auteurs transmettent leurs scripts finalisés à leur équipe de storyboarders, dont le but est de proposer une première visualisation de l’épisode. Essentiellement réalisés en 2D, ces esquisses permettent de mettre en image les idées et émotions désirées par les scénaristes. Les storyboards sont ensuite visionnés par l’équipe et retravaillés jusqu’à obtenir l’intensité émotionnelle la plus précise et profonde possible. “Nous essayons d’organiser des projections aux équipes lorsqu’un storyboard est finalisé, explique la lead storyboard Manon Desveaux. Ça nous aide à prendre la température !”
Chaque scène est ensuite modélisée en 3D sous Unreal Engine, moteur de jeu vidéo développé par Epic Games, pour générer des environnements en temps réel. Luminosité, atmosphère, mouvements de personnages, détails du décor… Chaque élément de chaque scène est donc créé avec zèle pour permettre de se projeter dans un aperçu déjà “propre” de l’épisode final.
AlloCiné
Si à ces étapes fondamentales s’ajoutent naturellement montage et doublage, Miraculous Corp a su proposer à ses équipes un fonctionnement ambitieux mais collectif, basé sur les réflexions de groupe plutôt que sur la production isolée. Une démarche couronnée de succès, puisque les nouveaux épisodes de la série sont systématiquement accueillis par des records d’audience. De quoi encourager Thomas Astruc, le “papa” de la série, à poursuivre ses ambitions.
De nombreuses surprises attendent encore les fans de Miraculous
Storyboarder de formation, mais aussi réalisateur émérite, Thomas Astruc a apposé sa patte artistique à nombre de productions françaises à succès : Code Lyoko, W.I.T.C.H ou encore Totally Spies !... Autant de références d’animation qui lui ont permis de faire ses armes avant la création de Miraculous, en 2015. Alors que la série dérivée Miraculous Stellar Force devrait bientôt dévoiler son premier épisode (intitulé “Et maintenant, dis-lui, Miki !”) aux aficionados de l’univers, Thomas Astruc est revenu, au micro d’AlloCiné, sur le succès du projet et aux belles années que celui-ci a encore devant lui :
“Nous passons à une nouvelle étape de la série, avec un nouveau cycle, une saison 6 en chantier, le spin-off Stellar Force prêt à démarrer, plus un autre dernière, normalement… On arrive enfin à la concrétisation de ce que je voulais faire depuis le début : un vrai univers de super-héros connectés, à la Marvel. Dix ans plus tard, ça y est : les choses sérieuses ont enfin démarré !”
AlloCiné
Si sa position a évolué, laissant moins de place à la réalisation pour lui permettre de se concentrer sur la vision globale et à long-terme de la série, Thomas Astruc n’exclut cependant pas un retour à la caméra, notamment pour une adaptation en live-action. En effet, la rumeur court depuis plusieurs années qu’un tel projet serait envisagé, ce que le créateur de Miraculous confirme : “Le projet tient toujours ! Mais il faut du temps, les bons partenaires… Ce n’est pas le genre de chose que l’on fait sur un coin de table. On va déjà essayer de mener à bien Stellar Force, qui nous tient à cœur depuis très longtemps, et une fois que la série sera autonome, et aura le même succès que la série principale on l’espère, nous commencerons à nous consacrer pleinement à ces nouveaux supports !”
Que les fans de Miraculous soient donc rassurés : leur série favorite a encore de belles années devant elles, et de jolies surprises à leur réserver !