Exploiter la peur des insectes a toujours été un classique du genre horrifique, mais peu de scènes d’insectes ont marqué autant l’imaginaire collectif que celle des abeilles sortant de la bouche de Tony Todd dans le film d’horreur de 1992, Candyman, signé Bernard Rose.
Ce film culte est rempli d’images marquantes mais la scène où Candyman s’approche pour embrasser Helen (Virginia Madsen), des abeilles grouillant autour de ses lèvres, est devenue l’une des plus emblématiques du cinéma d’horreur. Cette scène est déjà assez perturbante, mais le fait que les réalisateurs aient refusé d’utiliser des effets spéciaux est encore plus terrifiant : ils ont en effet rempli la bouche de Tony Todd d’abeilles vivantes...
Au cours du film, comme le rappelle Collider, lorsque Helen se soumet à Candyman, ce dernier révèle sa poitrine ensanglantée et ouverte, remplie d’abeilles, qui commencent à envahir Helen tandis que d’autres abeilles sortent de la bouche de Candyman.
Si des centaines d’abeilles grouillant autour des acteurs semblent être le moment idéal pour utiliser des effets spéciaux, les créateurs de Candyman ont préféré utiliser 200 000 abeilles vivantes pour cet effet légendaire. Dans une interview exclusive avec Entertainment Tonight en 2022, Tony Todd et Virginia Madsen ont révélé que si l’équipe était protégée par des filets de sécurité, les deux acteurs, eux, étaient totalement vulnérables aux insectes pendant le tournage.
Heureusement, les réalisateurs ont compris qu’avoir des abeilles dans la bouche était déjà désagréable, mais encore pire dans la gorge et ont donc pris les mesures nécessaires : “On avait un barrage buccal pour empêcher les abeilles d’aller plus loin dans ma bouche”, a expliqué Todd.
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Une allergie mortelle histoire de couronner le tout
Et pour rendre les choses encore plus dangereuses, Virginia Madsen est gravement allergique aux abeilles : heureusement, elle n’a pas été piquée pendant le tournage, mais des ambulanciers étaient en alerte au cas où elle aurait une réaction anaphylactique – ce qui n’a pas forcément rassuré la principale intéressée.
“C’est pourquoi il y avait des ambulanciers paramédicaux sur le plateau, ce qui ne me rassurait pas”, a-t-elle avoué.
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Bien que les insectes étaient principalement des jeunes abeilles, donc moins agressives, elles sont devenues apparemment très agiles lors de leur extraction à l’aide d’un aspirateur spécial, un processus pouvant durer jusqu’à une demi-heure.
“Mais les abeilles qui étaient sur moi étaient des jeunes abeilles, elles peuvent piquer, mais on m’a dit qu’elles étaient moins agressives”, a expliqué Madsen. “Les abeilles avaient leur propre caravane ! Ça ne rassure pas vraiment quand on installe une grande cage en filet autour de la scène pour protéger l’équipe et qu’une ambulance est en attente.”
“Ensuite, il fallait rester assis 20-25 minutes pendant que [le spécialiste des abeilles] les aspirait”, a ajouté l’actrice, tandis que Tony Todd a précisé : “C’est là qu’elles deviennent agressives.”
Si le tournage s’est finalement bien passé pour Virginia Madsen, son partenaire, lui, n’a pas été épargné et Todd a été piqué près de 30 fois.
Redécouvrez la scène en question ci-dessous :
Compensation financière par piqûre d’abeille
“Les abeilles étaient notre pire ennemi”, a souligné Todd, avant que Madsen ne demande : “Combien de piqûres as-tu reçues ?”
“J’avais un excellent avocat à l’époque et on nous a payé”, a-t-il expliqué.
En effet, l’acteur avait un bon représentant qui, avant le tournage de la célèbre scène, a négocié un paiement de 1 000 dollars par piqûre. L’acteur était donc prêt pour une journée douloureuse mais potentiellement très lucrative.
“Alors je n’étais pas inquiet”, a-t-il ajouté. “Je me disais : ‘Allons-y !’ Et au total, j’ai eu 27 piqûres.”
Qui dit 27 piqûres dit 27 000 dollars supplémentaires, en plus de son salaire pour le film. Finalement, le résultat en valait la peine pour lui : “Vous savez, les acteurs sont formés à être courageux, donc c’était un moment courageux et il a résisté à l’épreuve du temps”, a conclu Tony Todd.
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Un résultat mémorable
Ce tournage périlleux a donc été un succès, tant pour lui que pour la production, offrant au public l’un des moments les plus mémorables de l’histoire du cinéma d’horreur.
Autre chose qui a résisté à l’épreuve du temps : le message culturel et racial du film. “Cela en valait vraiment la peine, pas seulement pour l’argent, mais aussi pour être l’un des premiers acteurs afro-américains dans un film d’horreur qui ne nous déshumanise pas”, a déclaré Tony Todd, décédé en 2024. “Quand j’ai lu le scénario pour la première fois, j’ai cherché les éventuels pièges. Je voulais être certain que, si l’on allait me confier un rôle important dans un film d’horreur, le scénario soit complet, qu’il raconte une histoire du début à la fin, et c’est ce que j'ai trouvé dans ce scénario.”
Avec ses images inoubliables et son exploration de thèmes complexes, Candyman reste un classique du genre plus de 30 ans après sa sortie, inspirant de nombreuses suites et remakes. Si l’histoire évolue avec son temps, abordant des sujets comme la gentrification et la brutalité policière, les abeilles, elles, restent un élément central, rappelant le traumatisme subi par Daniel Robitaille, alias Candyman, qui a donné naissance à l’un des méchants les plus terrifiants et complexes du cinéma d’horreur.
Candyman est à revoir en VOD.