Le parfum du bonheur sur France 2 : "Quand j'ai lu le scénario, j'ai pleuré", Virginie Grimaldi revient sur l’adaptation de son roman
Jennifer Radier
Jennifer Radier
-Journaliste séries
Adepte de la zapette depuis toute petite, elle a vécu mille et une vies devant sa télévision et décortique avec passion tout ce qui passe sur le petit écran.

Ce soir, France 2 diffuse les premiers épisodes du "Parfum du bonheur", une série poignante et bouleversante portée par Caroline Anglade. Rencontre avec Virginie Grimaldi, l’autrice du roman à succès d’après lequel la série a été adaptée.

Christophe Aubert via Bestimage

Virginie Grimaldi s’impose depuis plusieurs années comme l’une des autrices préférées du public. Chacun de ses romans, toujours empreint d’émotion et de sensibilité, touche des millions de lecteurs.

Publié en 2017 aux éditions Fayard, Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, son troisième roman, ne fait pas exception avec plus de 600 000 exemplaires vendus. Aujourd’hui, ce récit bouleversant connaît une nouvelle vie à l’écran à travers sa toute première adaptation télévisée sobrement intitulée Le parfum du bonheur.

La série suit Pauline, 38 ans, incapable de tourner la page après la fin brutale de son mariage avec Ben. Persuadée qu’il est l’homme de sa vie, elle va tout faire pour le reconquérir entre tentatives folles et absurdes, et évocation émouvante de leurs souvenirs. Sourde aux inquiétudes de sa famille et de ses amis, elle se fixe la fin de l’été pour y parvenir. Au fil de ses retours en arrière, elle revisite alors les moments fondateurs de leur histoire tout en mettant au jour les secrets enfouis de sa famille.

Un récit à la fois intime et universel où se mêlent douleur, tendresse et résilience.

Entre la nécessité de rester fidèle à son texte et la découverte d’un nouvel univers créatif, Virginie Grimaldi revient pour Allociné sur cette adaptation et ce qu’elle représente pour elle.

À travers cette conversation, elle évoque avec franchise ses doutes, la difficulté de livrer une histoire aussi personnelle et la confiance qu’elle a choisie d’accorder aux producteurs ainsi qu’aux acteurs. Une rencontre marquée par une réflexion lumineuse sur la résilience et la force des histoires qui nous relient.

Le Parfum du bonheur
Le Parfum du bonheur
Sortie : 2025-09-20
Série : Le Parfum du bonheur
Avec Caroline Anglade, Michèle Bernier, Michel Boujenah
Presse
3,6
Spectateurs
3,7
Voir sur france.tv

Allociné : Le roman Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie est sorti en 2017. Quelle histoire se cache derrière l’écriture de ce livre et quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Virginie Grimaldi : J’avais envie de parler du deuil périnatal et de l’impact qu’il peut avoir dans un couple. Dans la vie, on peut traverser le même événement de façons complètement différentes selon notre sensibilité et notre parcours.

En l'occurrence, c'est un événement qu'on a vécu avec mon mari. Nous avons perdu un bébé à la naissance. C’est ce qui m’a inspirée pour mon troisième roman. C’est la première fois que j’aborde un événement personnel dans l’un de mes livres. J'avais effleuré le sujet dans mon premier ouvrage mais ce n'était qu'un paragraphe. Tout part de là. Bien sûr, tout est romancé, fictionné, à l’exception de quelques petits détails comme toujours. Cependant, le thème central reste le même : comment on survit à une telle perte, comment, ou si, on peut la dépasser… et surtout, comment deux personnes peuvent vivre un même événement de manière totalement différente.

Qu’est-ce qui vous a amenée à adapter ou à accepter d’adapter ce roman pour la télévision ?

Paul Schmitt, l'un des producteurs de la série, a lu le livre et a eu un véritable coup de foudre. Carole, qui s’occupait des droits à l’époque chez Fayard, m’en avait parlé. Elle m’avait dit plusieurs fois : "ll y a quelqu’un qui aime beaucoup tes livres et qui réfléchit à la façon dont il pourrait l’adapter". Ce n'était pas simple à transposer à l'écran à cause des lettres et des retours dans le passé. Et puis un jour, elle m'a dit qu'ils avaient trouvé une idée.

J’ai alors rencontré Sandra Karim, une des productrices, qui m’a expliqué sa vision. J'ai tout de suite été séduite. Il faut savoir que j'ai refusé beaucoup de propositions. Ce n’est pas une fin en soi pour moi d’être adaptée. Je trouve ça génial mais je n’écris pas pour ça. Je préfère que ça ne se fasse pas plutôt que ça se fasse mal. Là, j’ai senti qu’on partageait la même vision, la même sensibilité, les mêmes attentes.

Il a fallu trois ans avant que le projet devienne vraiment concret. Et tout au long de ce processus, j’ai pu constater que j'avais eu raison de leur faire confiance. Ma vision et le texte ont été respectés. C'était très important pour moi que ce sujet soit bien traité. Et je peux dire qu'il l'est.

C'est difficile en tant qu'auteur de donner une histoire aussi personnelle ?

Évidemment. C’est pour ça que je dis non la plupart du temps. On me propose de changer des choses qui sont essentielles pour moi.

Mais là, ça a été différent. Ça n’a pas été difficile de donner mon histoire parce que j’ai senti dès le départ qu’ils avaient vraiment envie de parler de ce sujet-là. Pas d’en faire juste un détail de l’histoire. Plutôt d’en parler en profondeur, de la bonne manière et en montrant que ça touche autant la mère que le père. Et puis, il y a aussi toute l’histoire familiale autour, avec une famille un peu dysfonctionnelle. Ça, c’était important pour moi dans le livre et c’est resté important dans l’adaptation.

J’avais quand même cette peur d’être déçue mais en arrivant sur le tournage, en voyant les scènes, l’investissement des comédiens et de toute l’équipe, je me suis tout de suite dit que j’avais eu raison de leur faire confiance.

Le deuil périnatal est l'un des thèmes forts du roman. Comment l’adaptation a-t-elle abordé ce sujet sensible ?

Pour moi la vision était la bonne. En tout cas, elle allait dans la même direction que la mienne. Quand j'ai lu le scénario, j'ai pleuré. J'ai redécouvert l'histoire et je l'ai ressentie comme si je n'avais jamais écrit le livre.

Pensez-vous que ce thème reste un tabou dans notre société ?

Oui, c’est encore très tabou. Je suis vraiment contente qu’on en parle sur une grande chaîne, en prime time, et de cette manière-là. Et puis, pour ma première adaptation, je trouve très fort que ce soit justement sur ce thème-là. Je suis heureuse de la façon dont ça a été fait.

Comme nous l’avons évoqué, votre livre aborde le deuil sous diverses formes ainsi que le processus de reconstruction. Quel message souhaitez-vous que la série transmette à ce sujet ?

Je trouve fascinant qu’on puisse se relever de tout. Ça ne cesse de m’étonner. Il y a des moments où la vie nous met vraiment à terre et où on se dit qu'on ne se relèvera jamais. Et pourtant, on se relève. Bien sûr, on n’a pas tous cette capacité et je n’aime pas les phrases du type : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort". Je n’y crois pas du tout. Ces épreuves nous abîment quand même. Malgré tout, beaucoup d’entre nous sont capables de se relever de choses assez affreuses et je trouve ça magnifique. C’est pour moi l’une des plus belles qualités de la nature humaine : cette résilience dont nous sommes capables. C’est donc l’un des grands messages du livre et de la série que de montrer cette capacité à se relever. Après, il ne faut pas que ce soit pris comme une injonction parce que on n'est pas tous armés pareil.

Votre roman a été lu par des centaines de milliers de personnes Est-ce que vous avez la pression au moment de leur montrer la série ?

Ce sont des lecteurs passionnés donc j'ai un peu la pression. J’espère vraiment que ça va leur plaire mais honnêtement, je n'ai aucun doute. Avant de commencer, je craignais que la série ne soit pas à la hauteur de mes espérances mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Et pour ceux qui ne vous connaissent pas, qu'est-ce que vous espérez que la série leur apporte ?

J’espère qu’ils vont se retrouver un peu dans l’histoire. J’espère qu’ils vont rire, qu’ils vont pleurer, qu’ils vont ressentir des émotions et qu’en éteignant la télé, ils auront juste envie de profiter de la vie à fond.

Finalement, c’est quoi le parfum du bonheur ?

Le cou de mes enfants, les parfums d'enfance.

Propos recueillis à Arcachon en octobre 2024.

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