Vous ne connaissez peut-être pas encore Indy, mais ce chien devenu star est l'acteur principal d'un film d'horreur pas comme les autres : Good Boy. Le réalisateur Ben Leonberg a choisi son propre animal de compagnie pour fabriquer ce film de maison hantée raconté à travers le point de vue d'un chien.
Repéré pour son concept original, Good Boy n'est pas passé inaperçu sur la Toile où la bande-annonce a été visionnée des millions de fois. Suscitant la même inquiétude de la part des internautes : le chien va-t-il survivre ? Le cinéaste répond à toutes nos questions sur ce projet ovni.
AlloCiné : Good Boy fait énormément parler de lui sur la Toile. La bande-annonce a été vue des millions de fois en quelques jours seulement. Comment vivez-vous cet intérêt pour le film, produit avec si peu de budget et de façon quasi artisanale ?
Ben Leonberg, coscénariste et réalisateur : C’est grandiose. Ce film a été fait avec amour. Cela a pris énormément de temps mais depuis le début je croyais à cette histoire de maison hantée racontée à travers le point de vue d’un chien. J’étais persuadé que c’était une bonne idée. Donc c’est une belle récompense de lire de telles réactions sur le film et, évidemment, sur mon chien.
Vous n’avez pas choisi la facilité en le choisissant comme acteur car il n’a jamais été entraîné pour ça.
Lorsque j’écrivais Good Boy, j'ai commencé à faire des scènes tests avec Indy où je recréais des scènes de films d'horreur, remplaçant Indy par un personnage humain juste pour apprendre à faire une progression de plan, un champ contrechamp…
Un des courts métrages que j'ai réalisés a fait un carton sur Internet. Indy a été nommé pour un prix d'interprétation. Les gens l'ont beaucoup apprécié et à ce moment-là, j'avais trouvé une façon très originale de travailler avec lui.
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Je savais comment créer une performance très différente de ce que je voyais chez d'autres chiens acteurs entraînés. En partie parce que c'est mon chien donc nous pouvons avoir des moments d’affection, de complicité. Dans Good Boy, je prête mon corps au personnage de Todd et ma voix est remplacée par un acteur professionnel, Shane Jensen.
Quelle a été la scène la plus compliquée à tourner pour Indy ?
J’ai constaté que les scènes qui semblaient difficiles étaient les plus faciles et celles qui semblaient faciles étaient difficiles. Rien ne se passe exactement comme prévu lorsqu'on travaille avec un chien qui ne sait pas qu'il joue dans un film. C'est un facteur important.
Donc pour les mouvements complexes, comme le faire se déplacer d'un point A à un point B, et les allers-retours, nous créions de petits chemins avec des miettes de pain qu'il suivait. On a dispersé sa nourriture partout. Dans certains cas, c’est très facile de contrôler ses mouvements. Mais pour les gros plans précis, près de son visage, c'était vraiment un défi. Il faut employer beaucoup d'astuces et trouver des moyens ingénieux.
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Souvent, nous installions la caméra face à son visage et je tenais un bout de friandise hors du cadre pour qu’il regarde la caméra ou alors je lui disais quelque chose pour susciter sa réaction. La magie cinématographique opère surtout grâce au son, c’est en partie grâce à ça que Good Boy peut devenir un film d’horreur car le tournage n’avait rien d’effrayant.
Quant à la scène la plus compliquée, vers la fin du film, il y a presque une sorte d’affrontement final qui se déroule dans une nuit vraiment sombre et orageuse. La séquence ne dure que cinq minutes et demie à l'écran et le tournage a duré neuf mois.
Combien de personnes étaient présentes sur le tournage ?
Seulement ma femme, Kari Fischer, qui est productrice du film, et moi-même. On avait plusieurs casquettes. J'étais donc réalisateur, directeur de la photographie, charpentier, ouvrier d'atelier, machiniste, tout.
Ma femme a aussi appris à se servir de la caméra. On jouait tous les deux les personnages humains, on se relayait pour faire tourner la caméra. L'autre pouvait donc être avec Indy dans la scène.
C'était une production pour le moins inhabituelle, mais le temps était notre ressource la plus précieuse. On a travaillé tous les trois sur ce projet pendant trois ans.
Quel âge avait Indy quand vous avez commencé à tourner ? Et quel âge a-t-il désormais ?
Il avait quatre ans quand on a commencé le tournage et il en a huit aujourd’hui. Ce qui est amusant avec Indy, c'est qu'il ne vieillit pas comme nous. Il n'a pas besoin de coiffure ni de maquillage donc travailler avec un animal présente beaucoup d'inconvénients et de défis, mais celui-ci est un avantage.
J'ai toujours su comment finir le film.
Indy affronte des esprits dans ce film. Ils apparaissent sous une certaine forme. Comment a-t-il réagi sur le tournage ?
C'était moi, recouvert de boue de la tête aux pieds, donc il n'avait pas peur. Surtout, on sait à quel point les chiens aiment la terre donc les premières scènes étaient difficiles à tourner, il en mettait partout. Par la suite, nous avons tourné ces séquences séparément, les montres d'un côté et Indy de l'autre.
L’une des grandes questions que tout le monde se pose est : Indy meurt-il dans Good Boy ? La réponse est… non. Mais était-ce une réelle question pour vous ?
Pour moi, non. J'ai toujours su comment finir le film. Je pense que la raison pour laquelle les gens sont méfiants, en tout cas inquiets, de savoir si un chien survit dans un film d’horreur, c’est que très souvent, il ne survit pas. Généralement, dans le film d’horreur, le chien refuse d’aller au sous-sol, il aboie ou il fixe des recoins vides et il meurt avant la fin du premier acte.
Donc je pense qu'il y a une sorte de précédent qui inquiète les gens. Et vous savez qu’il existe un site internet pour savoir si un chien meurt dans un film ? C’est doesthedogdie.com et ce site a connu une augmentation du trafic depuis la sortie de notre bande-annonce.
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Paris, le 3 octobre 2025.
Good Boy, actuellement au cinéma et dès le 31 octobre sur Shadowz