"Il a annoncé qu’il était mon proctologue" : il y a 30 ans, Robin Williams a réussi l'exploit de faire rire cet acteur qui nous manque énormément
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.

Quand Robin Williams fait éclater de rire Christopher Reeve au plus sombre de sa vie, une amitié hors du commun renaît : un vrai témoignage d’espoir et de fraternité. Retour sur une anecdote incroyablement touchante.

Il existe des amitiés qui vont bien au-delà des projecteurs et de la célébrité. Celle entre Robin Williams et Christopher Reeve en est un exemple bouleversant. Leur lien ne s’est jamais affaibli, même face aux épreuves les plus rudes de la vie.

Tout commence à la Juilliard School à New York, où les deux futurs icônes du cinéma se rencontrent et tissent une relation forte, presque fraternelle. Au fil des années, malgré leurs carrières respectives qui explosent – Reeve devenant le visage emblématique de Superman en 1978, Williams s’imposant comme un maître du rire – leur complicité ne s’éteint jamais.

Puis, en 1995, tout bascule pour Christopher Reeve. Victime d’un grave accident de cheval, il est laissé paralysé des quatre membres. Fracture de la moelle épinière, diagnostic sombre, moral au plus bas… Reeve traverse alors l’un des moments les plus sombres de son existence, sombrant même dans des pensées suicidaires.

Une lumière au bout du tunnel

Mais dans cette sombre période, une lumière inattendue surgit. Un jour, alors qu’il est toujours à l’hôpital, la porte de sa chambre s’ouvre brusquement. Entre un personnage improbable : blouse jaune, bonnet bleu, accent russe caricatural. C’est Robin Williams, déguisé en médecin fou, qui débarque en annonçant qu’il est là pour un examen très intime. Contre toute attente, Reeve éclate de rire : c’est la première fois depuis l’accident.

Dans son autobiographie Still Me (1996), l’interprète de Superman raconte cette scène inoubliable avec émotion.

À un moment particulièrement sombre, la porte s’est ouverte et s’est précipitée une personne accroupie avec un bonnet bleu, une blouse chirurgicale jaune et des lunettes parlant avec un accent russe. Il a annoncé qu’il était mon proctologue et qu’il devait m’examiner immédiatement. Pour la première fois depuis l’accident, j’ai ri. Mon vieil ami m’avait aidé à savoir que d’une manière ou d’une autre, j’allais bien.

Ce moment marque un tournant. Le rire, déclenché par son ami de toujours, agit comme une étincelle, rallumant une part d’espoir en lui. Robin Williams n’a pas seulement provoqué un sourire, il a ravivé la volonté de Christopher Reeve de se battre.

Un soutien infaillible... jusqu’à la fin

Mais le soutien de l’acteur ne s’est pas limité à cette visite mémorable. Il a également contribué financièrement aux soins médicaux de son ami, et est resté présent jusqu’au décès de ce dernier en 2004. Un engagement sincère salué par la famille Reeve lorsque ce fut le tour de Robin Williams de rejoindre les étoiles, succombant à ses propres démons.

Pour Robin, notre père était son frère. Robin a été une lumière dans notre famille du plus loin que l’on s’en souvienne. Lui et notre père se faisaient rire l’un et l’autre et se sont soutenus à la fin.” (Via Voici).

Ce récit émouvant nous rappelle à quel point Robin Williams, au-delà de son génie comique, était un homme profondément humain. Quant à Christopher Reeve, son courage et sa résilience inspirent encore aujourd’hui. Deux légendes, deux amis, deux cœurs immenses désormais réunis dans la mémoire collective.

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet