De quoi ça parle ?
Retour sur l'affaire non résolue du tueur en série le "Monstre de Florence", auteur de neuf doubles meurtres entre 1968 et 1985. Malgré les enquêtes, l'arme utilisée pour chaque meurtre - un Beretta de calibre 22 - n'a jamais été retrouvée et le tueur n'a jamais été arrêté.
Ça mérite le coup d’oeil ?
On le présente, à tort, comme le premier tueur en série italien. Si dans les faits, ce n’est pas vrai, le Monstre de Florence est peut-être le plus terrifiant. Insaisissable, brutal, imprévisible. Ce dernier a terrorisé le pays pendant 17 ans. Et il a toujours échappé à la police et à la justice.
Quelques semaines à peine après la mise en ligne de la saison 3 de Ed Gein centrée sur l’un des criminels américains les plus étudiés du 20ème siècle, Netflix sort une nouvelle carte de son jeu, ou plutôt de son bestiaire. Comme pour nourrir notre curiosité presque morbide pour ces tueurs qui nous terrorisent et dont on essaie de comprendre la psyché.
Le Monstre de Florence remplit totalement ce rôle-là. Les 4 épisodes de la série réalisée par Stefano Sollima (Suburra, Sicario 2) nous plongent la tête la première dans cette affaire irrésolue, en tentant de comprendre comment elle a pu commencer. Le scénario refait l’histoire du point de vue de 4 protagonistes, tous soupçonnés par la police à un moment donné, émet des hypothèses, dessine des premières pistes.
Portée par une réalisation soignée et des acteurs très convaincants, la série navigue entre les périodes, fait des digressions et des sauts dans le temps, sans jamais nous perdre. Ne comptez pas sur elle pour vous dire qui est le vrai coupable mais elle vous donnera une assez bonne idée de cette affaire complexe qui est toujours en cours d’instruction.
Le Monstre de Florence est un instantané de l’époque : elle pointe du doigt une société patriarcale et misogyne qui rabaisse les femmes, nous parle de voyeurisme, de mœurs et de famille. De ce que l’on est prêt à faire pour son clan et l’image que l’on renvoie.
Netflix
Si la série n’omet aucun détail des crimes perpétrés par le ou les coupables, la violence est seulement suggérée. On est bien loin des séries de Ryan Murphy où l’on voit un Ed Gein porter un masque fait de peau humaine ou essayer une vulve.
Si le Monstre de Florence était connu pour exciser ses victimes féminines et découper leurs parties intimes, rien n’est réellement montré à l’écran. Sollima et son équipe ont un traitement moins problématique et beaucoup plus acceptable de l’affaire, ce qu’on apprécie grandement.
Vous resterez peut-être sur votre faim, à l’issue des 4 épisodes - surtout que les dernières minutes peuvent annoncer une suite - mais on ne regarde pas Le Monstre de Florence pour découvrir qui a commis ces 18 meurtres mais pourquoi. Et cette approche presque sociologique est passionnante à voir.
À ne pas rater sur Netflix.