La Seconde Guerre mondiale a fourni la matière à une quantité industrielle de films se déroulant durant la période, de la petite histoire à la grande. Une production où le meilleur côtoie le pire. Il existe même des sous-genres, comme les films de sous-marins par exemple, ou, c'est le cas qui nous intéresse ici, des films d'évasion.
Dans cette pépinière, des classiques, évidemment : Stalag 17, Les indomptables de Colditz, L'express du colonel von Ryan, Le Pont de la rivière Kwai, ou le classique des classiques du genre, La Grande évasion de John Sturges.
Injustement oublié et / ou trop méconnu, L'Évasion du capitaine Schlütter, sorti en 1970, mérite à minima une sérieuse découverte. La bonne nouvelle, c'est qu'il est disponible sur Prime Vidéo, mais il va falloir vous hâter, puisqu'il sort très prochainement du catalogue de la plateforme !
L'histoire ? Dur à cuire, gros buveur et fort en gueule, le capitaine irlandais Jack Connor est chargé d’enquêter sur les menaces d’évasion d’un groupe de prisonniers allemands conduits par le charismatique capitaine Schlütter. Si le Commandant du camp n’a pu contenir les prisonniers, les méthodes peu conventionnelles de Connor permettent de résoudre le problème. Du moins, momentanément…
"Ca ne sera pas juste un nouveau film de guerre de plus. Il ne glamourisera pas la guerre comme un jeu". C'était les termes du réalisateur Lamont Johnson alors qu'il réalisait ce film. Dans l'écrasante majorité des films du genre, les films d'évasions mettent en scène des Alliés dans des camps de prisonniers -des stalag ou oflag, camps destinés aux officiers-. Dans L'Évasion du capitaine Schlütter, ce sont des officiers allemands de la Luftwaffee ou de la Kriegsmarine qui sont détenus entre les mains des Alliés, dans un camp situé en Ecosse.
Brighton Pictures
Le film repose beaucoup sur un formidable face à face psychologique entre le charismatique et impeccable Brian Keith, qui incarne le capitaine irlandais aux méthodes peu orthodoxes, face au capitaine Schlütter, incarné quant à lui par un non moins excellent Helmut Griem, que l'on avait pu voir dans Les Damnés de Luchino Visconti, et que l'on retrouvera deux ans plus tard dans le multi oscarisé Cabaret de Bob Fosse ainsi que Ludwig ou le crépuscule des dieux.
Intense et poignant, le film offre une approche très originale au genre; sans oublier une superbe photographie que l'on doit à Michael Reed, un chef opérateur réputé ayant à son actif plusieurs films de la Hammer, dont Dracula, prince des ténèbres. Et une bande originale composée par Riz Ortolani, qui fera beaucoup parler de lui quelques années plus tard en signant la très fameuse BO de... Cannibal Holocaust.