Ce soir sur Amazon : oubliez les Expendables, Christopher Walken et ses mercenaires sont déjà passés par là !
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Porté par un impeccable Christopher Walken, "Les Chiens de guerre" est un petit classique du genre, très ancré dans son époque, les années 80. Une oeuvre bien plus noire et violente qu'un Expendables. A voir sur Prime Vidéo !

Cinéaste vénérable âgé de 85 ans mais largement oublié aujourd'hui, John Irvin a commencé sa carrière en Angleterre comme assistant monteur durant les années 60. Durant les années 70, il réalise des documentaires, et progresse doucement vers la mise en scène de long métrages. Réalisateur du très oubliable (et tout aussi violent) Contrat avec Arnold Schwarzenegger, il a signé en 1987 ce qu'on considère à juste titre comme son meilleur film et une des meilleures oeuvres réalisées sur la guerre du Viêtnam : Hamburger Hill. Mais c'est avec Les Chiens de guerre, en 1980, que John Irvin a l'opportunité de réaliser son premier long métrage.

Les Chiens de guerre
Les Chiens de guerre
Sortie : 1 août 2006 | 1h 58min
De John Irvin
Avec Christopher Walken, Tom Berenger, Colin Blakely
Spectateurs
2,5
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Déjà réputé pour avoir notamment écrit en 1971 Le Chacal, solidement adapté à l'écran par Fred Zinnemann en 1973, le romancier britannique Frederick Forsyth avait, pour écrire Les Chiens de Guerre qui servira de base au film, infiltré à Hambourg les milieux du trafic d'armes sous une fausse identité, avant que sa photo au dos de la version allemande de Chacal ne le trahisse et ne l'oblige à interrompre précipitamment son investigation.

Les Chiens de guerre, c'est l'histoire de Jamie Shannon (Christopher Walken), un mercenaire de renom. Son job : parcourir le monde et participer à toutes les guerres qui peuvent l’enrichir. Il vient d’accepter la mission la plus dangereuse de sa carrière : organiser un pustch au Zangaro, état africain gouverné par un dictateur sanguinaire; sorte de pendant cinématographique du cruel général Idi Amin Dada. Pour remplir son contrat, il recrute une équipe de dangereux mercenaires... De véritables chiens de guerre.

United Artists

Passé entre plusieurs mains, dont celles de Norman Jewison (le réalisateur de Rollerball) et même Michael Cimino qui fut intéressé pour le réaliser, Les Chiens de guerre a connu une gestation compliquée depuis les premiers bruits d'une adaptation du roman de Forsyth, en décembre 1975. John Irvin, qui a fini par être aux commandes du film, a travaillé dessus pendant un an avant même de tourner.

Le film, logiquement violent vu la nature même de son sujet, est tout à la fois très d'actualité, à l'heure où l'on parle beaucoup des sociétés militaires privées (Wagner, Blackwater...), mais aussi très symbolique de son époque.

Celle d'une Amérique reaganienne, multipliant sans états d'âme les soutiens aux dictatures aux quatre coins du globe, finançant en sous mains les opérations de déstabilisations, voire même carrément les interventions armées, comme l'invasion de l'île de Grenade, en 1983.

Epaulé par un légendaire directeur de la photographie, Jack Cardiff, à qui l'on doit la photo des Vikings ou des Chaussons rouges pour ne citer que ces deux oeuvres), peuplé d'un casting plutôt solide entourant Walken (dont Tom Berenger, futur sergent sadique Barns dans Platoon), John Irvin délivre avec Les Chiens de guerre une oeuvre solide dans le genre, bien plus noire et brutale qu'un Expendables. Ca n'en fait pas forcément un chef-d'oeuvre, ce qu'il n'est pas, mais ça reste un film à découvrir.

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