La même année que Le Parrain, un autre film de mafia sort aux Etats-Unis, porté par Charles Bronson et Lino Ventura. Il s'agit du troisième et dernier long métrage réunissant Bronson avec le réalisateur Terence Young, avec qui il avait fait le polar De la part des copains (1970) et le western Soleil rouge (1971).
"Nous avons reçu des menaces"
Columbia Pictures
Intitulé Cosa Nostra (L'affaire Valachi), il raconte le destin de Joseph Valachi, le premier à avoir dénoncé officiellement l'existence de la mafia aux Etats-Unis en 1963. On lui doit la popularisation du terme "Cosa Nostra". Il est incarné par Bronson qui, invité du Dick Cavett Show en octobre 1972, expliquait que le film avait eu des difficultés à se faire :
"Les gens sont vraiment mécontents. Nous avons dû changer des noms, et même des noms de certains lieux, car nous avons reçu des menaces, des menaces de procès aussi (...)."
"Le producteur Dino De Laurentiis m'a dit qu'il avait reçu une lettre de la part d'un haut responsable de la mafia de [New York]. (...) Et Dino De Laurentiis a obtenu la permission de faire un film sur les Valachi Papers dans cette ville. Quand vous traitez de quelque chose en lien avec la mafia, vous devez avoir leur permission. Pas une permission formelle, mais c'est plus sûr d'en avoir une."
Si Cosa Nostra commence son tournage en mars 1972, le mois au cours duquel sort aux Etats-Unis Le Parrain de Francis Ford Coppola, le producteur Dino De Laurentiis en avait acheté les droits dès 1969. Pour la petite histoire, l'acteur Angelo Infanti joue dans les deux films.
Lorsque le film de Laurentiis sort sur les écrans américains en novembre 1972, la critique souligne qu'il surfe sur la vague lancée par le film de Coppola, mais cela ne l'empêche pas de devenir un grand succès avec 17 millions rapportés sur le sol américain pour un budget estimé à 4,2 millions.
"Parfois, il n'y a pas de complicité entre les gens", la rencontre Ventura et Bronson
Cité dans Lino Ventura par Philippe Durant, Bronson dira de sa rencontre avec Ventura :
Columbia Pictures
"M. Ventura m'a fait forte impression. À Cinecitta, il était plus connu que moi et tout le monde voulait le rencontrer ! Mais c'est sa force dramatique qui m'a surtout impressionné (...). J'ai toujours espéré le revoir à Hollywood, mais je crois qu'il n'aime pas trop y aller." Et en effet, Ventura, malgré le succès de Cosa Nostra aux Etats-Unis, n'y fera pas carrière.
De son côté, Ventura gardera un souvenir mitigé de l'acteur d'Il était une fois dans l'Ouest : "Je me suis toujours très bien entendu avec mes partenaires. Parfois, pourtant, il n'y a pas de complicité entre les gens, et c'est triste. Ça m'est arrivé une fois, avec Charles Bronson... Il faut dire que ce n'est pas un communicatif !"