"J'étais totalement perdu" : il y a 79 ans, avant de devenir l'un des acteurs les plus célèbres du cinéma français, Yves Montand était "très malheureux" sur le tournage de ce film
Thomas Imbert
Thomas Imbert
-Chef de rubrique - Infotainment
De la Terre du Milieu aux confins de la galaxie Star Wars en passant par les jungles de Jurassic Park, il ne refuse jamais un petit voyage vers les plus grandes sagas du cinéma. Enfant des années 90, créateur des émissions Give Me Five et Big Fan Theory, il écrit pour AlloCiné depuis 2010.

Interviewé sur Antenne 2 en 1988, Yves Montand était notamment revenu sur les premières années de sa carrière au cinéma, qui n'ont pas été si faciles que cela.

Que l'on cite Paris brûle-t-il ? de René Clément, Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, La Folie des Grandeurs de Gérard Oury, César et Rosalie de Claude Sautet ou encore Jean de Florette de Claude Berri, un simple coup d'oeil à la carrière d'Yves Montand suffit à constater qu'elle ne manque pas de grands classiques.

Jean de Florette
Jean de Florette
Sortie : 27 août 1986 | 2h 00min
De Claude Berri
Avec Gérard Depardieu, Yves Montand, Daniel Auteuil
Spectateurs
4,0
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"Je ne comprenais strictement rien"

Pourtant, ainsi qu'il l'avait lui-même déclaré au micro d'Antenne 2 en 1988, il aurait pu en être tout autrement pour le célèbre acteur français, dont les premiers pas dans le domaine du cinéma n'ont pas été si faciles que ça. Chanteur avant d'être comédien, c'est en 1946, sous la direction de Marcel Carné, que Montand a débuté sa filmographie.

"J'adorais le cinéma. J'ai toujours adoré le cinéma, même à partir de l'âge de 7 ou 8 ans, dès que j'ai vu mes premiers films. Mais quand j'ai commencé à faire du cinéma, j'étais totalement perdu, c'était avec un grand film comme Les Portes de la nuit", a-t-il ainsi déclaré.

"Je ne comprenais strictement rien, j'étais très malheureux. Je ne comprenais pas ce que voulaient dire les marques par terre, ne pas sortir des marques, par exemple. J'avais un accent qui n'était pas un accent du midi ni un accent du Nord, on ne sait pas très bien quel accent. (...) Et puis c'est vrai que le rôle était pour Gabin qui avait à l'époque entre 45 et 50 ans, et moi j'en avais 23."

Vera Films

"Je savais que c'était une histoire de camion, mais c'est tout."

Suite à cette expérience compliquée, suivie d'un autre long métrage intitulé L'Idole, Montand a donc décidé de mettre sa carrière d'acteur sur pause pour une durée indéterminée, afin de se consacrer à la musique. Jusqu'au jour où, cinq ans plus tard, son épouse Simone Signoret et un autre grand réalisateur sont venus lui proposer l'un des deux rôles principaux d'un futur classique.

"J'avais arrêté. (...) C'est [Henri-Georges] Clouzot et Simone [qui m'ont redonné le goût du cinéma]. Quand Clouzot a voulu faire Le Salaire de la peur, il est venu me trouver. Je chantais à L'Etoile à ce moment-là, c'était en 49."

Clouzot a alors demandé à Montand lequel des deux personnages principaux (Jo ou Mario) il préférait interpréter, sans savoir qu'il n'avait pas lu le livre original.

"Je savais que c'était une histoire de camion, mais c'est tout."

Le célèbre comédien a finalement hérité du rôle de Mario dans ce long métrage légendaire, encore aujourd'hui considéré comme un incontournable du cinéma hexagonal, et le premier d'une longue série de classiques dans la carrière de Montand.

(Re)découvrez la bande-annonce du film...

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