Si Lee Marvin et John Wayne s'opposaient sur le plan des idées politiques, leur collaboration à l'écran a fait merveille. Mais alors pourquoi le fils de Marvin, âgé de 10 ans, a-t-il refusé de serrer la main du cowboy le plus célèbre de Hollywood ?
"John Wayne restera stoïque"
Twentieth Century Fox
La scène se déroule en avril 1962, lorsque sort sur les écrans américains L'Homme qui tua Liberty Valance, l'un des chefs-d'œuvre du western et l'un des meilleurs films de son réalisateur John Ford. Dans ce film, un avocat joué par James Stewart se fait violenter par un redoutable bandit nommé Liberty Valance et joué par Lee Marvin. Les deux hommes s'affrontent en duel mais finalement, celui qui abat Liberty Valance n'est autre que le pistolero Tom Doniphon (Wayne).
Selon le livre de Christophe Leclerc Lee Marvin, personne ne connaît mon nom à paraître chez Capricci le 21 novembre, lorsqu'il découvre le film en salle de cinéma, le fils de Lee Marvin, Christopher, 10 ans, vit très mal le destin de son père à l'écran :
"Quand il voit le film à son tour, Christopher, le fils de Lee Marvin, est heurté au point qu’il refusera de serrer la main de John Wayne. 'C’est lui qui a tué Papa !', balancera, outré, le gosse de dix ans. Les yeux plissés (...), John Wayne restera stoïque."
John Wayne et Lee Marvin, une belle collaboration
Twentieth Century Fox
La carrière de Lee Marvin a croisé à plusieurs reprises celle du "Duke". Cela a commencé avec Sept hommes à abattre de Budd Boetticher (1956), dans lequel Lee Marvin joue l'antagoniste face à Randolph Scott et Gail Russell. Produit par John Wayne via sa firme Batjac, ils ne font que se croiser à cette époque.
Ils se donnent pour la première fois la réplique dans le western Les Comancheros signé Michael Curtiz (et terminé par Wayne suite au décès de ce dernier). Marvin joue un contrebandier à moitié scalpé et termine abattu par Wayne au cours d'une partie de poker... tendue. Suite à cette rencontre, Duke conseillera à son ami John Ford d'engager Marvin pour Liberty Valance.
Après ce western à succès, le duo se retrouvera pour La Taverne de l'Irlandais (1963), à nouveau réalisé par John Ford, et qui sera leur dernière collaboration.