Ce soir à la télé : noté 4,5 sur 5, c'est le chef-d'oeuvre de Jean-Pierre Melville... et l'un des sommets du cinéma français
Clément Cuyer
Clément Cuyer
-Journaliste
Clément Cuyer apprécie tous les genres, du bon film d’horreur qui tâche à la comédie potache. Il est un "vieux de la vieille" d’AlloCiné, journaliste au sein de la Rédaction depuis maintenant plus de deux décennies passionnées. "Trop vieux pour ces conneries" ? Ô grand jamais !

Chaque jour, AlloCiné vous recommande un film à (re)voir à la télé. Ce soir : un classique absolu du cinéma hexagonal, avec Lino Ventura au sommet de son art.

France 1942. Gerbier, ingénieur des Ponts et Chaussées est également l'un des chefs de la Résistance. Dénoncé et capturé, il est incarcéré dans un camp de prisonniers. Alors qu'il prépare son évasion, il est récupéré par la Gestapo...

Ce pitch, c'est celui de L'Armée des ombres, chef-d'oeuvre du cinéma hexagonal signé Jean-Pierre Melville. Plébiscité aussi bien par la presse (4,5 sur 5) que par le public (4,3 sur 5), ce classique absolu sorti en salles en 1969, considéré par un grand nombre comme le plus grand film jamais réalisé sur la Résistance, est diffusé ce vendredi soir France 5. Ne manquez pas l'occasion de le (re)découvrir !

L'Armée des Ombres
L'Armée des Ombres
Sortie : 12 septembre 1969 | 2h 23min
De Jean-Pierre Melville
Avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Crauchet
Presse
4,5
Spectateurs
4,3
Streaming

Après Le Silence de la mer (1949) et Léon Morin, prêtre (1961), le grand Jean-Pierre Melville, vénéré par Tarantino et Nolan, consacre une nouvelle fois un film à la vie des Français sous l'Occupation. L'Armée des ombres, adaptation du roman de Joseph Kessel, fait référence aux propres souvenirs de résistant du cinéaste et à l'action de Lucie Aubrac (dont la vie fera l'objet d'un film signé Claude Berri, Lucie Aubrac, en 1997).

"Ce film est un morceau de ma mémoire, de ma chair"

L'Armée des ombres, qui se démarque de l'image traditionnelle d'une résistance héroïque soutenue par une majorité de Français, était un film très important pour Melville. "Je l'ai porté en moi 25 ans et 14 mois exactement", déclarait-il. "Il fallait que je le fasse et que je le fasse maintenant, complètement dépassionné, sans le moindre relent de cocorico. C'est un morceau de ma mémoire, de ma chair."

"Dans ce film, j'ai montré pour la première fois des choses que j'ai vues, que j'ai vécues", poursuit le cinéaste. "Toutefois, ma vérité est, bien entendu, subjective, et ne correspond certainement pas à la vérité réelle. D'un récit sublime, merveilleux documentaire sur la Résistance, j'ai fait une rêverie rétrospective, un pèlerinage nostalgique à une époque qui a marqué profondément ma génération".

Plus d'1,4 million de spectateurs au rendez-vous

L'Armée des ombres, qui a enregistré 1,4 million d'entrées dans les salles hexagonales, est porté par la magistrale prestation de Lino Ventura, qui retrouvait alors Melville après Le Deuxième souffle. D'une intensité folle, l'acteur est juste extraordinaire aux côtés des non moins excellents Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel et Paul Meurisse.

Froid, noir, intense, terriblement réaliste, génialement mis en scène et en lumière (quels incroyables clairs-obscurs...), L'Armée des ombres est un monument. Une oeuvre poignante totalement incontournable et donc à vite (re)découvrir.

Ce soir sur France 5 à 21h10

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